antispécisme  littérature  citations

Cette section vous propose des extraits de textes (littérature, médias, etc.) autour de l’antispécisme et de la cause animale, classés par thème. Pour les références complètes, voir le chapitre littérature.

Évolution dans l’histoire


Spécisme


Psychologie et dissonance cognitive
Psychologie
Dissonance cognitive
Sophismes


Perception de l’animal par l’humain
Similitudes avec le sexisme
Similitudes avec le racisme
Similitudes avec le nazisme


De la maltraitance animale à la maltraitance humaine
Liens généraux
Maltraitance directe à l’encontre des acteurs de l’exploitation
Maltraitance indirecte de l’exploitation


Similitudes homme-animal


Militantisme
Importance du militantisme
Comment militer
Valeurs
Appel au militantisme
Prise de conscience
Témoignage de militants
Rejet du végane – du véganisme – du militantisme animal


Droit


Économie – lobbies


Politique


Religion
Les différentes religions


Éducation
Éducation des enfants
Information et éducation des adultes
 

Éthique animale
Responsabilité de l’humain
Justice
Égalité
 

Oppression, esclavage
Oppression
Esclavage
 

Humanisme
Un nouvel humanisme
Anthropocentrisme et domination humaine
 

Sciences
 

Écologie
 

L’animal
Intelligence animale
Vie subjective
Vie émotionnelle
Relations, solidarité et empathie
Attachement mère-enfant
Souffrance animale
 

expérimentation animale en Suisse
 

Abattoirs
Souffrance des animaux
Souffrance des ouvriers
 

Viande
 

Poissons
 

Aliments issus de l’exploitation animale
Produits laitiers
Œufs
Miel
 

Produits non alimentaires
 

Pêche
 

Chasse
 

Spectacles
Cirques
Corrida
 

Zoos
Détresse psychologique
Détresse physique
Enfermement
Protection des espèces 
Capture et trafic d’animaux sauvages
 

Équitation
 

Animaux de compagnie
 

Expérimentation animale
Justifications
Cruauté
Fiabilité
 

Végétalisme
Le végane – ses principes
Un sacrifice ?
Santé
Valeurs
Un devoir moral
Conséquences positives du végétalisme
 

Élevage intensif
 

éleveurs
Un métier complexe et en transition
Des pratiques à l’abri des regards
Des victimes du système, comme les animaux
Enjeu économique
Transition professionnelle

Évolution dans l’histoire

« À la fin des années 1960, on a enfin compris que les réactions physiologiques au stress des animaux n’étaient pas de l’ordre du pur réflexe. Jusque-là, l’idée que les animaux puissent souffrir était restée étrangère aux chercheurs. Cela a mis du temps à entrer dans la culture. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.249

« (…) jusque dans les années 1970, on pensait que les nouveau-nés et les jeunes enfants ne ressentaient pas la douleur du fait d’une immaturité neurologique. Leurs pleurs étaient remisés sur le compte des réflexes. On remarque là qu’on a appliqué le même raisonnement aux animaux. Quand j’étais étudiant en médecine, on nous apprenait à disséquer les animaux sans anesthésie et dans le même temps à faire des sutures et de petites opérations chirurgicales chez les enfants, également sans anesthésie (…). Pour redresser les jambes des enfants, on les leur cassait sans les endormir afin de poser ensuite un plâtre ; on arrachait les amygdales à vif… On vivait dans un monde de représentations épistémique marqué d’un a priori en vertu duquel les enfants et les animaux ne souffrent pas parce qu’ils sont supposés être plongés l’un et l’autre dans un état végétatif. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.251

« Pendant très longtemps, la pédophilie n’était pas considérée comme un crime. Dans les années 1970, on a même remis des prix littéraires à tel ou tel livre vantant ses mérites. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.205

« Les siècles suivants verront entrer la cause animale en politique au nom de la démocratie, sous l’influence des grands défenseurs des opprimés. »

Karine Lou Matignon, conclusion de Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.255

« Ce n’est qu’à partir du XXe siècle que la consommation de viande a augmenté de façon considérable. »

Ricard, 2014, p.104

« À l’époque moderne, la première société pour la prévention de la cruauté envers les animaux a été fondée en Grande-Bretagne en 1824, afin de lutter contre la maltraitance des chevaux d’attelage. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.9

« L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous avons manqué de pierres. Cette industrie méprisable et cruelle se terminera parce que nous finirons par manquer d’excuse. »

Philip Wollen

« Des injustices du passé ont été abolies ou réduites, comme l’esclavage ou le statut inférieur assigné aux femmes. Elles aussi étaient ancrées dans la conscience collective au point qu’on les croyait éternelles. Mais l’histoire a montré le contraire. Et on peut facilement imaginer qu’un jour les abattoirs seront considérés comme un symbole de barbarie. Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à dénoncer l’injustice envers les animaux, qui devient l’un des débats de société les plus importants de notre siècle. »

PEA, site officiel


 

Spécisme

« De la même manière que le racisme est une discrimination selon la race et le sexisme selon le sexe, le spécisme est une discrimination selon l’espèce. Il consiste à assigner différentes valeurs ou droits à des êtres sur la seule base de leur appartenance à une espèce. »

Vilmer, 2008, p.45

« (…) point de vue immoral et sans scrupule, que l’espèce humaine a tous les droits d’exploiter, d’asservir et de tuer une autre espèce. »

Gary Yourofsky

« La plupart d’entre nous aiment les animaux, mais notre compassion s’arrête au bord de notre assiette. »

Ricard, 2014, p.381

« Écoutons la grande primatologue Jane Goodall : Ce qui me choque le plus, c’est que les gens paraissent presque schizophrènes dès lors que vous évoquez les conditions terribles qui règnent dans les élevages intensifs, l’entassement cruel d’êtres sensibles dans des espaces minuscules – des conditions tellement horribles que l’on est obligé de leur administrer sans cesse des antibiotiques pour les garder en vie, sinon ils se laisseraient mourir. Je décris souvent le cauchemar du transport – s’ils tombent pendant le transport, on les hisse par une jambe, qui se casse – et des abattoirs où tant d’animaux ne sont même pas étourdis avant d’être écorchés vifs ou plongés dans l’eau bouillante. C’est évidemment atrocement douloureux. Lorsque je raconte tout ceci aux gens, ils répondent souvent : Oh, s’il vous plaît, ne m’en parlez pas, je suis trop sensible et j’adore les animaux. Et je me dis : mais qu’est-ce qui a bien pu dérailler dans ce cerveau ?! »

Ricard, 2014

Carnisme

 

« Lorsque manger de la viande n’est pas nécessaire pour survivre, c’est un choix, et nos choix découlent toujours de nos croyances. Nous ne voyons pas la consommation de viande de la même façon que nous voyons le végétarisme – c’est-à-dire comme un choix basé sur les idées que nous avons sur nous-mêmes, sur notre monde et sur les animaux. Nous la voyons plutôt comme allant de soi, naturelle, car les choses sont ainsi faites. Nous mangeons les animaux sans y penser, car le système de croyances qui sous-tend ce comportement est invisible. C’est ce système de pensée invisible que j’appelle carnisme. »

Joy, 2016

« Tant que nous restons dans le système, nous voyons le monde à travers le regard du carnisme. Et aussi longtemps que nous regarderons à travers des yeux qui ne sont pas les nôtres, nous vivrons selon une vérité que nous n’avons pas choisie. Nous devons sortir du système pour retrouver notre empathie perdue et faire des choix qui reflètent ce que nous ressentons et croyons réellement, plutôt que ce qu’on nous a appris à ressentir et croire. »

Joy, 2016


 

Psychologie et dissonance cognitive

 

Psychologie

 

« Raisons évoquées (dans l’ordre d’importance) pour continuer à manger de la viande : plaisir gustatif, réticence à changer les habitudes, humains faits pour manger de la viande, sa famille en mange, manque d’information sur les régimes végétar/liens. » 

Ricard, 2014, p.392

Six manières de ne rien faire : « La société de consommation, la puissance des lobbies et l’incapacité des États à coopérer ne suffisent pas à explique notre « inertie climatique ». Il existe aussi des facteurs psychologiques (…). 

  1. Les limites de la cognition humaine : on se méfie des problèmes immédiats et bien identifiables. (peur de l’araignée, mais pas des calottes glaciaires qui fondent). Réchauffement climatique : chaîne de causes longues, complexes et indirectes. Biais de l’optimisme : tendance spontanée à voir l’avenir en rose. Aussi, sentiment que les choses nous échappent et qu’on ne peut rien y faire. Aussi, absence de retour positif quant à notre action. (On ne sait pas exactement si ça a eu un effet, ni lequel).

  2. La comparaison sociale : Nous ne voulons pas être le seul à porter le poids d’une amélioration. En plus, on veut faire comme tout le monde, se comparer à tout le monde.

  3. Le rôle des idéologies : Si Dieu ou Mère Nature veille sur nous, nous ne craignons rien. Il est toujours tentant, pour ceux qui profitent d’un système, de le justifier.

  4. Le prix du changement : Les gens sont réticents à transformer leur vie quotidienne ou diminuer leur confort / activités polluantes. Si on a acheté une voiture, on préférera l’utiliser plutôt que de prendre les transports en commun…

  5. Défiance et déni : Agir pour la planète ne peut se faire sans une certaine dose de confiance. Les gens tombent dans le déni pour éviter des émotions perturbatrices comme la peur, l’impuissance et la culpabilité. Ils maintiennent aussi par là leur identité individuelle et collective.

  6. Actions inefficaces : Le risque est grand de se satisfaire de bonnes intentions ou d’actions purement symboliques. » 

Gibert, 2015

« Comment pouvez-vous avoir un animal comme compagnon et un autre pour le lunch ? »

Martina Navratilova

« (…) il n’est pas facile de voir son steak comme un animal mort quand les autres n’y voient que du feu. Bref, pour qui veut comprendre les obstacles au véganisme, la gourmandise n’est certainement pas le fin mot de l’histoire. Il faut compter avec la douleur sociale. »

Gibert, 2015, p.226

« On ne peut pas feindre de ne pas le savoir, nous ne sommes pas des autruches ; nous ne pouvons pas croire que si nous ne regardons pas, il n’arrivera pas ce que nous ne voulons pas croire. »

Giesbert, 2014, p.133

Dissonance cognitive

 

« En réalité, l’exploitation des animaux sous-tend nos habitudes alimentaires et vestimentaires, nos divertissements et nos loisirs, et elle est également au cœur des structures de la production industrielle et de la recherche scientifique. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.11

 

Par conséquent… « Nous ne voulons pas voir l’oppression massive dont ils sont victimes. Nous ne voulons pas même les voir comme des individus. En psychologie, on parle du ’paradoxe de la viande’ pour caractériser l’attitude ambivalente qui consiste à aimer les animaux tout en aimant consommer leur chair (…). Ce paradoxe engendre une dissonance cognitive que les gens cherchent à atténuer en mobilisant toutes sortes d’alibis. »

Gibert, 2015, p.15

« Nous aimons les animaux et nous aimons manger leurs cadavres. Nous blâmons la cruauté et nous encourageons l’élevage industriel. Nous éprouvons de l’empathie pour les chiens et les chats et nous exploitons les vaches et les cochons. Voilà la dissonance. »

Gibert, 2015, p.114

8 stratégies (…) pour réduire la dissonance : « 1) éviter d’y penser ; 2) se persuader que les animaux ne sont pas conscients ; 3) se persuader qu’ils ne souffrent pas ; 4) faire une dissociation entre viande et animaux ; 5) se convaincre qu’on n’a pas le choix ; 6) se convaincre qu’on a changé son comportement ;

7) trouver des justifications pour consommer des produits animaux ; et 8) changer effectivement son comportement alimentaire. »

Rotgerber, H., cité dans Gibert, 2015, p.120

« Pour la philosophe Carol J. Adams, c’est précisément un effet de la dissonance cognitive : ’beaucoup de gens trouvent les végétariens menaçants parce qu’une part d’eux-mêmes voudrait éviter la chair des animaux pour plusieurs raisons, mais une autre part ne veut pas arrêter de manger de la viande’. »

Gibert, 2015, p.132

« La première cause du spécisme est l’ignorance – celle du monde animal et surtout de la manière dont l’homme traite les animaux. Cette ignorance est d’ailleurs plus ou moins volontaire. (…) le téléspectateur en sait davantage sur le requin ou le lion des documentaires que sur le poulet qu’il est en train de manger en regardant son émission. Mais le citoyen est également responsable de ne pas trop chercher à en savoir plus. (…) il préfère refouler la difficulté et ne pas trop creuser le problème, de peur sans doute d’avoir à remettre en questions certaines de ses chères habitudes, de celles qui rendent la vie du consommateur ’confortable’. Le monde entier ’ignorait’ également ce qui se passait dans les camps de concentration nazis (…) »

Vilmer, 2008, p.50

« Dans leur ensemble, les consommateurs ne veulent pas entendre parler des conditions dans lesquelles la viande est obtenue. Ils zappent la phase de l’élevage autant que celle de l’abattage. (…) nul ne veut savoir la somme de souffrance qu’il a fallu pour produire (…) cette escalope milanaise (…). C’est comme s’ils arrivaient dans nos assiettes par une opération du Saint-Esprit. »

Giesbert, 2014, p.19

« (…) il y a un refus du réel qui peut tourner à la schizophrénie. Souvent, ce sont de grands consommateurs de viande bien saignante, qui,  en toute bonne conscience, tempête contre la corrida où l’agonie du taureau dure pourtant beaucoup moins longtemps que s’il est saigné à l’abattoir.  De mon point de vue, mieux vaut que la mort lui soit donnée par un toréro plutôt que par un égorgeur. Le premier n’a pas le droit à l’erreur, le second, à l’abri des regards, fait durer le supplice. L’horreur est moins pénible loin du soleil. »

Giesbert, 2014, p.24

« Ne pas voir, ne pas penser : la plupart des consommateurs de viande admettent éteindre une partie de leur cerveau pour manger tranquillement. Mais cela n’est-il pas contraire à la grandeur revendiquée de notre spécificité humaine ? (…) Nous ne pouvons plus faire semblant d’ignorer ce que la science nous a récemment appris sur la sensibilité et l’intelligence des espèces animales que nous avons choisi d’élever pour notre consommation. (…) Nous ne pouvons plus continuer à nier la barbarie que nous imposons à toutes ces espèces que nous exploitons sans la moindre forme d’empathie, grâce à une logique qui ne tient plus aujourd’hui que sur l’ignorance, l’hypocrisie, la lâcheté et l’avidité. (…) Chaque fois que nous portons notre fourchette à notre bouche, notre conscience est convoquée. »

Caron, cité dans Singer & Mason, 2015

Sophismes

L’appel à la tradition

« La tradition en elle-même explique, mais ne justifie rien, et l’invoquer constitue un sophisme bien connu (…). Comment éviter ou réduire la souffrance de l’animal égorgé vivant ? Il suffirait de l’anesthésier. Les textes exigent que l’animal soit vivant lorsqu’il se vide de son sang, mais pas qu’il soit conscient. On devrait donc pouvoir l’assommer, l’étourdir ou l’anesthésier. »

Vilmer, 2008, p.109

 

« D’ailleurs, certains responsables progressistes acceptent de déclarer Halal une viande issue d’un animal préalablement anesthésié. »

Vilmer, 2008, p.110

« Le comportement de l’homme primitif était justifié par son mode de vie primitif. Dès lors que ce mode de vie disparaît, certains aspects de ce comportement ne  sont plus forcément nécessaires (…). »

Vilmer, 2008, p.126

« Il consiste à dire qu’une chose est bonne parce qu’on la pratique depuis toujours. Bien entendu, le raisonnement est fallacieux : l’excision aussi est un rite millénaire, une pratique culturelle, une tradition profondément ancrée – comme peuvent l’être l’esclavage, la peine de mort, la torture, la lapidation et mille autres horreurs que le législateur ne s’est pas privé d’abolir. Toute tradition n’est pas bonne à garder. »

Vilmer, 2008, p.130

La déresponsabilisation : « (…) que vous appuyiez vous-mêmes sur la gâchette ou que vous payiez quelqu’un pour le faire ne change rien aux yeux du droit criminel. Dans les deux cas, il s’agit de meurtre. »

Francione & Charlton, 2015, p.28


 

Perception de l’animal par l’humain

 

« Si l’on s’en tient, pour expliquer la vie sur Terre, à la théorie du hasard, qui est la plus rationnelle, la vie humaine n’a pas plus de sens que celle d’un lapin ou d’une grenouille. Notre capacité de réfléchir et d’inventer n’y change rien. Chaque être qui paraît sur la planète a donc exactement le même droit de profiter de son passage, du début à la fin. »

Aymeric Caron

« Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires… »

Boris Cyrulnik

« Tous les arguments pour prouver la supériorité de l’homme ne peuvent briser cette dure réalité : nous sommes tous égaux dans la souffrance. »

Peter Singer

« Peut-être le jour viendra-t-il où le reste du règne animal retrouvera ces droits qui n’auraient jamais pu lui être enlevés autrement que par la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d’abandonner une créature sensible au même sort. (…) La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? Ni : peuvent-ils parler ? Mais bien : peuvent-ils souffrir ? »

Jeremy Bentham

« L’être humain est justement celui des animaux qui se définit par sa capacité particulière à s’interroger sur les normes éthiques qui doivent le guider. C’est précisément pour cette raison qu’il va, un jour prochain, cesser de manger des représentants des autres espèces. Car la conscience et la raison dont il est doté lui font porter une responsabilité. La responsabilité liée à tout choix moral. Contrairement aux animaux non humains, nous avons le choix de ce que nous mangeons. »

Aymeric Caron

« Tant qu’il n’étendra pas le cercle de sa compassion à tous les êtres vivants, l’homme ne trouvera pas de paix. »

Dr Albert Schweitzer (1875-1965)

 

« L’éventualité  des pogroms est chose décidée au moment où le regard d’un animal blessé à mort rencontre un homme. L’Ina Snow avec laquelle celui-ci repousse ce regard : ’ce n’est qu’un animal’ réapparaît irrésistiblement dans les cruautés commises sur les hommes dont les auteurs doivent constamment se confirmer à eux-mêmes que ce n’est qu’un animal, car même devant un animal, ils ne pouvaient le croire entièrement. (…) Auschwitz commence quand quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce ne sont que des animaux. » 

Theodor Adorno (1903-1969)

 

« Demandez aux chercheurs pourquoi ils expérimentent sur les animaux et leur réponse est : parce que les animaux sont comme nous. Demandez aux chercheurs pourquoi c’est moralement acceptable d’expérimenter sur des animaux et leur réponse est : parce que les animaux ne sont pas comme nous. L’expérimentation animale repose sur une contradiction logique. » 

Charles R. Magel

« Les animaux que nous mangeons sont aussi intelligents, si ce n’est plus, que nos bébés. Et ils sont aussi jeunes. Les carnivores sont des ogres. »

Aymeric Caron

« Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis. »

George Bernard Shaw

« Comment respecter des êtres auxquels on est indifférent et dont on ne connaît rien ? »

Aymeric Caron

« Tout était-il perdu d’avance entre les animaux et nous qui, au commencement, étions pourtant si proches les uns des autres ? Les choses devaient-elles forcément mal se passer ? »

Giesbert, 2016, p.51

 

« Si nous ne percevons pas ce que disent les animaux, ça n’est pas leur faute, mais la nôtre. »

Caron, 2013, p.347


Similitudes avec le sexisme

 

« La violence qu’implique la soumission et l’exploitation des animaux à tracer la voie de la domination sexuelle des hommes sur les femmes. »

Elisabeth Fisher

« (…) la volonté de puissance du mâle dans nos sociétés s’exprime de la même manière dans la chosification et l’instrumentalisation de la femme et dans celle des animaux. Il s’agit du même rapport d’appropriation. Adams exprime ainsi (…) : ’Les animaux sont de la viande, des cobayes pour des expériences, et des corps objectifiés ; les femmes sont traitées comme de la viande, comme des cobayes, et comme des corps objectifiés.’ (1991) On fait encore bien d’autres parallèles : entre la domination mâle et les sociétés chasseresses, entre les religions patriarcales et la consommation des animaux, entre l’élevage des animaux et l’activité reproductrice des femmes, etc. »

Vilmer, 2008, p.119

« En les gardant et en les nourrissant, les humains ont d’abord noué avec les animaux des liens d’amitié, puis ils les ont tués. Pour en arriver là, ils ont dû tuer en eux une partie de leur sensibilité. (…) L’asservissement des animaux semble avoir servi de modèle à celui des êtres humains, en particulier l’exploitation à grande échelle des femmes captives pour la procréation et le travail. »

Fisher, 1979

« Les animaux du monde existent pour leurs propres raisons. Ils n’ont pas été créés pour les humains, pas plus que les noirs n’ont été créés pour les blancs ou les femmes pour les hommes. » 

Alice Walker


Similitudes avec le racisme

 

« L’arrogance excessive avec laquelle l’homme traite les autres espèces (…) exemplifie les théories racistes les plus extrêmes. Le principe selon laquelle la raison du plus fort est toujours la meilleure. »

Terriens

« Cette comparaison avec l’holocauste est à la fois intentionnelle et évidente. Un groupe d’être vivant subit le supplice infligé par un autre. »

Terriens

« Paul Broca (1824-1880), médecin français (…)  expliquait  que le cerveau, et donc l’intelligence, d’hommes blancs bien établis était plus grand que celui des femmes, des pauvres et des races inférieures non européennes. »

Patterson, 2008, p.57

« (…) en 1906, Robert Bennett Bean, médecin (…)  pouvait conclure que les Noirs étaient des créatures intermédiaires entre l’homme et l’orang-outan. »

Patterson, 2008, p.59

« Hugh Henry Brackenridge (1748-1816), juriste (…), écrivit que ’(…) l’extermination était ce qui convenait le mieux aux animaux vulgairement appelés Indiens’. (…) Ce langage plaçait les Indiens, comme les animaux, hors d’atteinte de toute obligation morale, de toute protection légale. ’Appeler un homme un sauvage, c’est le condamner à mort et le laisser inconnu sans qu’on le pleure.’ »

Patterson, 2008, p.63

« Si l’Amérique blanche considérait tant les Indiens que les esclaves africains comme des animaux, elle ne voyait pas chez eux la même sorte d’animaux : les esclaves étaient du bétail, tandis que les Indiens étaient des animaux sauvages (’des prédateurs’, de la ’vermine’). »

Patterson, 2008, p.66

« J’ai vite compris que l’on considérait les Japonais comme des sous-hommes, un peu comme ce que des gens éprouvent pour les cafards et les souris. »

Ernie Pyle, journaliste, Patterson, 2008, p.71

« Hitler décrivait le Juif comme l’araignée qui suce lentement le sang des gens, une troupe de rats qui se battent entre eux jusqu’à ce que le sang coule, le parasite dans le corps d’autres gens, la sangsue éternelle. »

Eugen Kogon (1989), tiré de Patterson, 2008, p.79


Similitudes avec le nazisme

« (…) des auteurs juifs d’après la Shoah ont fait de l’abattage des animaux une expérience qui évoque pour eux le meurtre de masse. Ce fut le cas des écrivains Vassili Grossman (…), Isaac Bashevis Singer (…), Elias Canetti (…), Romain Gary (…), des philosophes et sociologues Theodor Adorno (…) et Max Horkheimer (…). »

De Fontenay, 2016, dans Révolutions Animales, p.390

La classe dominante définit l’humain à son image. C’est ce qu’Adorno appelle la ’projection pathique’ : 

« Le propre du mécanisme de la ’projection pathique’ est de déterminer les hommes détenant la puissance à ne percevoir l’humain que dans le reflet de leur propre image. »

 

« Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : ’ce ne sont que des animaux’. » 

Vilmer, 2008, p.41

  1. Lien historique entre l’abattoir et les camps d’extermination. La chaîne d’assemblage d’Henri Ford a été créée sur le modèle des abattoirs de Chicago.

  2. L’eugénisme nazi s’est inspiré des méthodes de l’élevage américain (1930).

  3. On recrutait souvent les ouvriers de la Solution Finale dans les abattoirs, et de nombreux responsables du programme nazis étaient diplômés en agriculture.

« Les nazis considéraient l’exploitation animale comme un bon entraînement à l’extermination des Juifs. »

Jean-Baptiste Vilmer

« Ce ne sont plus des êtres humains. Ce sont des animaux. »

Joseph Goebbels, propagande nazie

 

 

« N’ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l’horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. »

Armand Farrachi

« Ils se sont persuadés que l’homme, espèce pécheresse entre toutes, domine la création. Toutes les autres créations n’auraient été créées que pour lui procurer de la nourriture, des fourrures, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka. »

Isaac Bashevis Singer

« Prenez parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le bourreau, jamais le torturé. »

Elie Wiesel

« Un jour, nos petits-enfants nous demanderont : où étais-tu pendant l’holocauste des animaux ? Qu’as-tu fait contre ces crimes terrifiants ? Nous ne pourrons pas leur offrir la même excuse une seconde fois – que nous ne savions pas. »

Helmut Kaplan

« Y avait-il un paradis pour les vaches, les poulets, les porcs qu’on massacrait, les grenouilles sur lesquelles on marchait, les poissons qu’on arrachait à la mer au bout d’un hameçon,  les juifs torturés par Petlioura aux fusillés par les bolcheviks, les millions de morts de Verdun ? »

Isaac Bashevis Singer

« Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis. »

Bashevis Singer

« L’analogie entre les productions industrielles de viande et le système nazi est de plus en plus souvent avancée par les éleveurs et des salariés des systèmes industriels eux-mêmes, non pour la rejeter comme une outrance déplacée, mais pour la considérer en face. »

Caron, 2013

« L’objectivité oblige simplement à reconnaître des similitudes de traitement entre les prisonniers des camps de la mort et tous ces animaux élevés en masse en vue d’une extermination rapide. »

Caron, 2013, p.103

« Quelle est votre définition de l’holocauste ? Est-ce que c’est le massacre d’êtres humains vivants, ou tout simplement le massacre d’êtres innocents ? »

Gary Yourovsky

« Maintenant, en ce moment précis, sur les autoroutes américaines, il n’y a pas moins de 5000 camions de camps de concentration, des camions que nous avons construits nous-mêmes. À l’intérieur de ces camions se trouvent des créatures vivantes, innocentes et terrifiées (…). Ces camions sont en train de rouler vers des abattoirs de camps de concentration (…). Les camions arrivent, les animaux ont tellement peur qu’ils ne veulent même pas descendre du camion. Ils ne sont pas stupides. Ils savent ce qui les attend. »

Gary Yourofsky

« Ce que les nazis avaient fait aux Juifs, l’homme le faisait à l’animal. »

Isaac Bashevis Singer

« Un jour nos petits-enfants nous demanderont : où étiez-vous pendant l’Holocauste des animaux ? Qu’avez-vous fait contre ces horribles crimes ? Nous ne serons pas capables de donner la même excuse une seconde fois, que nous ne savions pas. » 

Dr. Helmut Kaplan

« Que croyez-vous que les animaux subissent dans les abattoirs ? Si vous pensez qu’il existe vraiment des ’abattages humains’, je suis curieux, est-ce que vous pensez qu’il y a aussi des ’viols humains’ ? De ’l’esclavage humain’ ? Et pourquoi pas un ’holocauste humain’ ? En fait, quelle est votre définition d’un holocauste ? Est-ce le massacre d’êtres humains ? Ou tout simplement le massacre d’êtres innocents ? Je croyais que c'était celui d’êtres innocents... ce qui nous amène au plus grand holocauste de tous les temps. »

Gary Yourofsky


 

De la maltraitance animale à la maltraitance humaine


Liens généraux

 

« De l’assassinat d’un animal à celui d’un homme, il n’y a qu’un pas. »

Léon Tolstoï

« C’est pour les mêmes raisons que je m’oppose à la torture d’humains qu’à la torture d’animaux. »

Knudsen, 2007

« Nous sommes tous Terriens. Faites le rapprochement. »

Terriens

« (…) se préoccuper du sort des quelque 1,6 million d’autres espèces qui peuplent la planète n’est ni irréaliste ni déplacé, car, la plupart du temps, il n’est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s’agit donc pas de ne s’occuper que des animaux, mais de s’occuper aussi des animaux. »

Ricard, 2014, p.14

« Une personne qui ne respecte pas la vie d’un animal est incapable de respecter la vie d’un être humain. Une personne qui est capable de battre son chien est capable de battre son enfant. »

Hélayel, 2015, p.259

« Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme, c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux. »

Marguerite Yourcenar

« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »

Léon Tolstoï

« L’engagement en faveur des animaux s’inscrit donc souvent dans des préoccupations humanitaires plus vastes. Ceux qui arguent qu’il vaut mieux aider les hommes que les autres animaux sont généralement ceux qui n’aident personne et qui ne sont réceptifs à aucune autre cause que celle de leur nombril. »

Caron, 2013

« On m’a souvent accusée de plus de sollicitude pour les bêtes que pour les gens : pourquoi s’attendrir sur les brutes quand les êtres raisonnables sont si malheureux ? C’est que tout va ensemble, depuis l’oiseau dont on écrase la couvée jusqu’aux nids humains décimés par la guerre. La bête crève de faim dans son trou, l’homme en meurt au loin des bornes. »

Giesbert, 2014, p.129

« De l’égorgement d’un agneau à celui de vos frères et sœurs il n’y a qu’un pas. Tant que nous servons nous-mêmes de tombeaux vivants aux animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer le règne de la Paix sur la terre ? »

Duncan,1969

« Le XXe siècle ne fait que poursuivre la logique destructrice mise en place au siècle précédent avec la construction d’une société inégalitaire engendrant une violence touchant l’ensemble du monde vivant (êtres humains, animaux, environnement). »

Chansigaud, 2016, dans Révolutions Animales, p.250

« Aux États-Unis, la conscience qu’il existe un lien entre la cruauté perpétrée contre les animaux et la violence envers les humains est bien réelle. Elle conduit au développement de programmes de prévention et de suivi pour aider humains et animaux à échapper à la violence familiale. Les études menées sur le lien entre cruauté  à l’égard des animaux et violence familiale montrent que les mauvais traitements vis-à-vis des animaux sont très répandus dans les familles sujettes à la violence conjugale. »

McDonald, 2016, dans Révolutions Animales, p.437

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Maltraitance directe à l’encontre des acteurs de l’exploitation

 

« Les grandes sociétés défendent leur politique de bas salaires en disant que personne n’oblige les gens à travailler chez elles s’ils trouvent la paye insuffisante. (…) Dans un marché libre, c’est comme ça que les choses fonctionnent, et les consommateurs bénéficient du système en raison des bas prix. Mais la réalité est que pour de nombreux engraisseurs peu qualifiés, les alternatives sont limitées. Quoi qu’il en soit, ceci n’excuse pas la maltraitance des poulets qui, à la différence des travailleurs, n’ont aucun choix du tout. Les consommateurs, eux, sont libres de choisir. (…) ils peuvent dépenser leur argent autrement. »

Singer & Mason, 2015, p.78

« La même indifférence aux préoccupations morales est patente dans la façon dont l’industrie traite l’environnement, les personnes qui habitent près des hangars à poulets, ses salariés et ses sous-traitants. »

Singer & Mason, 2015, p.81


Maltraitance indirecte de l’exploitation

« En 1985, pendant la famine en Éthiopie, alors que la population mourait de faim, ce pays exportait des céréales pour le bétail anglais. »

Ricard, 2014, p.91

« Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’Ouest, tandis que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras. Et nous en nourrissons le bétail. Tout ça afin de manger un steak ? Suis-je le seul à voir cela comme un crime ? Chaque morceau de viande que nous mangeons est une gifle au visage baigné de larmes d’un enfant affamé. »

Philip Wollen

« L’équation est simple : 1 hectare de terre peut nourrir 50 végétaliens ou 2 carnivores. »

Ricard, 2014, p.90

« Les excès de l’élevage industriel ont un double coût humain, à la fois global et individuel. Globalement, certains auteurs montrent qu’il contribue à l’iniquité de la distribution de nourriture sur la planète, creusant ainsi le gouffre entre malnutrition d’un côté et suralimentation de l’autre. (Kastler) (…) le végétarisme aide à lutter contre la famine, qui tue 24’000 personnes par jour et 11 enfants par minute. Il montre qu’il y a un lien entre ces morts dans les pays pauvres et la grande consommation de viande dans les pays riches : la production de viande consomme énormément de céréales qui pourraient être utilisées pour l’alimentation humaine. »

Vilmer, 2008, p.178

« L’Union européenne a constaté que seulement 20% de ce que mangent les animaux élevés en Europe provient du continent et que le reste doit être importé. Puisque la plupart de ces importations provoquent l’épuisement des terres des pays en voie de développement, cette manière de nourrir les habitants de l’Europe contribue directement à diminuer les ressources de ces autres pays et donc à les maintenir dans la pauvreté. »

Francione & Charlton, 2015, p.66


 

Similitudes homme-animal

« De nos débuts en ce bas monde, il n’y a donc pas de quoi se vanter : notre ancêtre commun était un tube digestif qui rampait dans les océans, avec une bouche pour absorber les aliments et un anus pour éjecter les excréments. Rien de plus. »

Giesbert, 2016, p.11

« Puisque  la bouche et la gorge du chimpanzé ne sont pas configurées comme les nôtres le sont pour produire plusieurs des voyelles humaines de base, leur capacité au langage se limite à quelques voyelles et consonnes. Ainsi, l’absence de ’mutation pour une anatomie modifiée de la langue et du larynx’ qui a rendu possible la vocalisation humaine, a relégué les chimpanzés capturés aux ’centres pour primates’, les a condamnés à une exploitation (…) »

Patterson, 2008, p.23

 


Militantisme


Importance du militantisme

« À travers des films, des romans, des spectacles, la poésie, ils suscitent le trouble, déclenchent des mouvements émotionnels intenses, lesquels donnent ensuite envie de réfléchir, de poser le problème et de s’ouvrir à la science pour mieux comprendre. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.202

« Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent jamais responsable. »

Voltaire

« L’entreprise qui consiste à nier l’individu animal est ancienne, mais elle a surtout pris un virage étonnant avec l’industrialisation et la productivité. Alors que nous avons atteint des sommets dans l’abomination, une résistance s’organise. »

Nicolino, 2016, dans Révolutions Animales, p.333


Comment militer

 

« Quitte à faire la promotion du végétarisme, il semblerait plus opportun de les cibler et d’ignorer les cris et moqueries des 86% autres. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.43

« Les mouvements sociaux sont des machines à faire des revendications.

  1. (…) exprimer une revendication : ’Il faut abolir l’apartheid’ (…)

  2. (…) rendre cette revendication plus visible (…)

(…) crée un débat public dans la société ensuite la question est mise à l’ordre du jour et devient un problème public. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.8

« C’est toujours une minorité qui commence à émettre une revendication. (…) plus une revendication est exprimée et discutée, plus la minorité grandit. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.9

« La conversion au véganisme est beaucoup plus difficile s’il n’y a pas de débat public, car une pratique unanimement acceptée est très difficilement remise en question. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.11

« (…) est également problématique le fait que le véganisme n’est même pas perçu par le public comme un boycott politique, mais comme un simple choix personnel. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.11

« Au cours de l’histoire, aucun changement pour plus de justice n’a été obtenu avec la stratégie de conversion. À l’inverse, la stratégie des mouvements sociaux a porté ses fruits (…). »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.12

« (…) beaucoup de gens ne veulent pas changer leur régime alimentaire : ils ressentent fortement que leur petite action individuelle ne changera rien au nombre gigantesque d’animaux tués chaque année. Au contraire, si (…) était présenté comme la participation à un boycott mondial, partie intégrante d’un mouvement dont le but est d’éliminer la totalité des 1060 milliards de meurtres chaque année, nous pouvons supposer que les gens s’engageraient plus facilement. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.13

« (…) nous pouvons œuvrer, par des actions publiques, à ouvrir le débat dans la société tout entière sur la légitimité de tuer des animaux pour la consommation, ce qui fera réfléchir chaque citoyen à ce sujet. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.14

« La stratégie de la conversion crée l’impression chez le public qu’il s’agit d’une question de choix personnel et non d’une question de justice (…). Évidemment, la décision de tuer et manger un autre individu ne relève pas d’une question de choix personnel, mais d’une question de justice envers les animaux exploités. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.14

« Se définir comme vegan ou végétarien fait ainsi passer le refus d’une pratique pour un simple mode de vie (…) nous devrions dire : ’je boycotte ces produits (…) parce que je suis pour l’abolition de l’exploitation animale’. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.15

« (…) les arguments indirects ont un défaut majeur : ils ne sont pas contraignants, c’est-à-dire qu’ils n’impliquent pas d’arrêter complètement de manger des animaux (…). »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.44

« Il est immoral d’utiliser des arguments écologiques ou de santé lorsqu’on critique une pratique qui provoque le meurtre des êtres humains. Il est également immoral de les utiliser lorsqu’on critique une situation où des êtres sensibles d’une autre espèce sont tués. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.16

« Comment, face à un fléau, mobiliser les agents moraux pour y porter remède ? Je vois deux méthodes possibles : l’exigence de justice et l’appel à la vertu. L’exigence de justice est de nature fondamentalement politique : elle réclame des changements législatifs, institutionnels ou sociaux. L’appel à la vertu est apolitique : elle demande aux gens d’agir plus vertueusement, de modifier leur comportement individuel. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.23

« (…) si un acte est vraiment condamnable, on doit vouloir l’interdire. Si on donne juste des recommandations, c’est que l’on ne pense pas qu’il soit légitime de l’interdire. Ou qu’on croit l’interdiction irréalisable. (…)

L’idée sous-jacente est :

– soit que toute réforme politique est impossible (…)

– soit que la nature humaine est mauvaise et irréformable (…). »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.26

Rester sur les valeurs et l’éthique, ne pas entrer dans une discussion sur le véganisme au début. En effet, « L’accent est mis sur leur comportement plutôt que sur leurs idées. S’ensuivent d’interminables listes d’interdits, y compris les plus bizarres, en lieu et place des arguments moraux. (…) ne voir en un humain qu’un consommateur, et non un citoyen. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.48-49

« Tom Regan dit une chose très juste : ’Il ne s’agit pas de mépriser celui à qui vous parlez, même s’il n’est pas favorable aux droits des animaux ; il s’agit de l’aimer, d’affirmer son humanité.’ C’est ce que je dis aux militants : c’est à quelqu’un que vous parlez. Et peut-être ce quelqu’un ignore-t-il ce qui arrive aux animaux ; ou alors il en sait trop peu ; ou bien il en sait pas mal, mais il s’en fiche ; ou cela le préoccupe, mais pas assez pour qu’il s’engage vraiment. Reculez d’un pas, et regardez : cette personne en face de vous, c’est aussi la personne que vous étiez – tous, nous avons été cette personne-là. (…) sourd à leurs cris, aveugles à leur souffrance. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.49

« (…) la violence est contre-productive. La désobéissance civile, l’action non-violente peuvent faire avancer la cause, jamais la violence, car elle est associée dans l’esprit du public au terroriste (…). »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.51

« Chaque personne qui a été la cause de changements substentiels sur cette planète était un briseur de lois. »

Gary Yourofsky

« Un régime que l'on a toujours connu, fût-il autoritaire ou dictatorial, a quelque chose de rassurant. Et ses premiers opposants se sentent souvent bien seuls. Les autres décrivent leur combat comme inutile, perdu d'avance, voire infondé. Jusqu'au jour où la justice et l’arbitraire deviennent réellement insupportables à une majorité. Alors le peuple se soulève pour qu’enfin le changement intervienne. »

Caron, 2013, p.355

« (…) plutôt que de vouloir libérer les bêtes, mieux vaut se demander ce qui conduit les hommes à agir de cette manière, et mieux vaut les libérer, eux, de la recherche perpétuelle du profit et de l’esclavage du productivisme à outrance. La libération des animaux a pour condition de possibilité celle de leurs geôliers humains. »

Vilmer, 2008, p.275

« Les trois étapes de la vérité : le ridicule, le vive opposition, l’acceptation. »

Terriens

« Les actions théâtralisées sur la voie publique interpellent les consciences tout en rendant visible l’engagement de nombreux citoyens aux côtés des animaux, ce qui contribue à le rendre acceptable. »

Les Désobéissants, 2014, p.43

« Gandhi résumait ainsi cette évolution : ’D’abord, ils vous ignorent, puis ils rient de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez’. »

Ricard, 2014, p.388

« Toute prise de conscience me semble bonne, quel que soit le degré d'action auquel elle mène. Il est absolument contre-productif de mettre dans le même sac un carnivore et un végétarien. C'est une démonstration de totalitarisme intellectuel qui préfigure un monde où chacun serait toujours et fatalement coupable. »

Caron, 2013, p.314

« L’idéalisme ne justifie pas l’extrémisme. Celui qui demande à l’autre de changer doit d’abord être capable d’écouter et de comprendre. Et ne pas s’enfermer dans la condamnation. »

Caron, 2013, p.315

« Pour rallier à vous les spectateurs et changer leur regard sur la souffrance animale, évoquez d’abord des sujets consensuels, avant d’élargir le propos à la question des abattoirs et du végétarisme. »

Les Désobéissants, 2014, p.44

« Si un procès peut  contribuer à faire avancer le droit, il aide aussi à la sensibilisation du public. »

Les Désobéissants, 2014, p.51

« Les conditions de vie de millions d’animaux sont actuellement tellement atroces, et les animaux tellement nombreux à en pâtir, que toute action non violente visant à mettre des bâtons dans le fonctionnement de l’industrie de la viande et l’exploitation des animaux est la bienvenue. Les campagnes ciblées contribuent à changer le regard porté sur les animaux et à atténuer l’indifférence à leur égard. Elles participent aux changements des mentalités, changements nécessaires pour que les animaux soient enfin pris en considération pour eux-mêmes. »

Les Désobéissants, 2014, p.53

« Je ne pense pas que les actes illégaux soient toujours injustifiés. Il y a, même dans une démocratie, des circonstances dans lesquelles il est moralement justifié de contrevenir à la loi ; et la question de la libération animale fournit de bons exemples de telles circonstances. »

Singer, 2011, p.46

« Les militants de la libération animale doivent se prononcer de façon irrévocable contre l’emploi de la violence, même quand leurs adversaires l’emploient à leur encontre. »

Singer, 2011, p.47

Valeurs

 

« La compassion pour les animaux non humains réunit une communauté morale extrêmement disparate. Si l’on rassemblait dans une même pièce l’ensemble des gens heurtés par les violences et les tortures faites aux animaux, on obtiendrait la plus belle des mixités politiques qui soient, et sans doute le premier vrai sujet de consensus supra-idéologique. »

Aymeric Caron

« Témoigner exige du courage. Il faut du courage pour ouvrir notre cœur à la souffrance des autres et reconnaître que, pour le meilleur ou pour le pire, nous faisons partie du système dans lequel a lieu cette souffrance. (…) Se porter témoin exige le courage de refuser de suivre le chemin de la moindre résistance. (…) nous pouvons choisir de quitter la file et de changer la trajectoire de notre vie. (…) Être témoin nous demande de recourir aux plus hautes qualités de notre espèce, des qualités telles que la conviction, l’intégrité, l’empathie et la compassion. Il est de loin plus facile de conserver les attributs de la culture carniste : l’apathie, l’autosatisfaction, l’intérêt personnel et l’ignorance bienheureuse. »

Joy, 2016, p. 165

« Dès lors que je suis témoin, je fais partie intégrante de l’événement. Ma lâcheté, mon indifférence, mon altruisme ou mon courage devant cet événement font partie de ma vie, et non de celle de l’agressé. Cela engendre ma responsabilité. »

Hélayel, 2015, p. 57

« Comme le disait si bien Gandhi, nous ne changerons pas le monde si nous ne changeons pas nous-mêmes au préalable. »

Hélayel, 2015, p. 57

« (…) l’activisme est un moyen fondamental pour combattre l’injustice sociale. »

Live and let live

« Notre comportement face a l’élevage industriel est, au bout du compte, une mise à l’épreuve de notre comportement face à ceux qui sont impuissants, à ceux qui sont loin, à ceux qui n’ont pas voix au chapitre – c’est un test sur la façon dont nous agissons quand personne ne nous oblige à nous comporter d’une façon ou d’une autre. »

Safran, 2010, p.349

« L’homme qui mange de la viande, ou le chasseur qui approuve les cruautés de la nature, soutient à chaque bouchée de viande ou de poisson que le pouvoir donne tous les droits. Le végétarisme est ma religion, ma protestation. »

Peter Singer

« (…) le mouvement végétarien constitue l’assise et la base de tous les autres mouvements qui promeuvent la Pureté, la Liberté, la Justice et le Bonheur. »

Maitland, Edward (Anna Kingsford : Her Life, Letters, Diary and Work. vol. 2)

« La solidarité est totale ou elle n’est pas. Ce sentiment ne s’économise pas. »

Giesbert, 2016, p.14

« Force est de constater que la promotion du végétarisme et du véganisme repose sur l’appel à la vertu (…). C’est pourquoi le végétarisme est perçu par le public comme relevant d’une éthique personnelle (…) et la consommation de viande comme malgré tout légitime. ’Personne n’est parfait !’ Cette objection n’aurait littéralement aucun sens en réponse à une exigence de justice. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.30

« Il est clair que l’alimentation et l’utilisation d’objets et de produits fondés sur la souffrance des animaux vont à l’encontre des valeurs que défend une société dans laquelle on ne cesse de vanter les progrès dans le domaine des droits de l’homme, de la femme, des enfants, des minorités et des opprimés. Il est donc temps d’étendre la notion de ’prochain’ aux autres formes de vies, et la règle d’or aux animaux. »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.386


Appel au militantisme

 

« Les ’sans voix’ nous crient l’effroi de l’holocauste et nous laissons leurs corps être génétiquement sélectionnés, violés, sexisés, ébouillantés, électrocutés, égorgés, décapités, tronçonnés… (…) Le pire n’est pas avant, le pire n’est pas ailleurs, le pire n’est pas plus tard, le pire est ici et maintenant. Nous ne voulons pas voir, nous ne voulons pas savoir, nous ne voulons pas de détails, nous ne voulons pas avoir l’appétit coupé. (…) Stoppons ensemble l’animalicide, ce génocide à nul autre pareil où la barbarie s’exerce dans la cadence infernale d’une industrie tortionnaire. Assiégeons les bureaux des (…) propriétaires des camps de torture et de mort. Assiégeons les sites de (…) proxénètes de la viande, violeurs des femelles procréatrices, bourreaux d’enfants, tueurs en série des jeunes mâles. Ciblons leur publispécisme, la propagande carniste n’a qu’un seul but: normaliser le crime, invisibiliser les sévices pour que jamais nous n’entendions le cri de la viande. Ce silence est nécessaire à leur profit : BRISONS-LE ! Végétalien.nes, nous ne sommes plus clients du meurtre, entrons maintenant en résistance politique. Entrons ensemble dans les abattoirs où nos soeurs et frères sont exterminés. Exigeons que l’animalicide devienne illégal, comme tous les crimes de guerre. »

L214

« Chacun d’entre nous peut faire la différence. La réalité est évidemment plus compliquée. En tant que ’mangeur solitaire’, vos décisions, en elles-mêmes, ne changeront rien à l’industrie agroalimentaire. Cela dit, à moins d’acheter votre nourriture en secret et de prendre vos repas enfermé, vous ne mangez pas seul. Nous mangeons en tant que fils et filles, en tant que famille, que communautés, que générations, nations et, de plus en plus, en tant que planète. Même si nous voulions, nous ne pourrions pas empêcher notre activité de mangeurs d’avoir une influence. »

Safran, 2010, p.342

« Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir. »

Marguerite Yourcenar

« Puisque l’élevage industriel inflige une énorme quantité de souffrances injustifiables aux bêtes, persuader d’autres personnes de le boycotter doit être une priorité pour tous ceux qui se soucient des animaux. »

Singer & Mason, 2015, p.490

« Sunaura est artiste, auteure et militante. Elle milite contre (…) cette idéologie qui fait du handicap un manque, un échec ou une erreur. (…) Or, comme dans le cas des personnes avec un handicap, les animaux sont dévalorisés parce qu’il leur manque certaines capacités. (....) J’ai écrit ce livre parce que j’en ai la capacité. Cela ne me donne aucun privilège moral sur quelqu’un qui ne l’aurait pas. Mais cela me confère le pouvoir d’expliquer ce que j’ai compris. Et j’ai compris qu’il existe aujourd’hui un large consensus parmi les philosophes et les scientifiques pour dire que les animaux sentients ont un intérêt à ne pas souffrir. J’ai compris que le véganisme est la conséquence morale et pratique de ce constat. C’est aussi un élément formidable pour lutter contre le réchauffement climatique, le gaspillage de l’eau et la perte de la biodiversité. (…) C’est une question morale. C’est une question politique. Et c’est surtout une question sérieuse. Cela signifie qu’un silence un peu gêné ne constitue pas une réponse acceptable. »

Gibert, 2015, p.231

« Chaque fois qu’elle peut sauver ou aider un autre être vivant, quelle que soit son espèce, elle est persuadée d’accomplir l’enseignement du Talmud : ’Celui qui sauve une vie sauve le monde entier’. »

Patterson, 2008, p.210

« Nous devons mettre un terme à la folie dans un monde où la religion alimente la violence, où les universités engendrent l’ignorance, où les médecins détériorent notre santé, où les médias manipulent la vérité, où les banques appauvrissent le monde, où les politiciens manquent de courage pour diriger et où les législateurs discréditent la justice avec des lois qui les arrangent. »

Paul Watson

« Notre message est compris comme une demande de changement qui concerne la société toute entière. Au lieu d’avoir peur de nous affirmer, nous devons avoir le courage de parler pour les animaux exploités et commencer à exprimer ce que nous voulons réellement : ’Nous demandons l’abolition de l’esclavage animal !’ »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.19

« (…) examiner la façon dont se sont produits les grands changements d’attitude dans la société, des changements qui paraissaient à première vue improbables ou irréalistes. Cela commence toujours par quelques individus qui prennent conscience qu’une situation particulière est moralement indéfendable. De prime abord isolés et ignorés, ces pionniers finissent par unir leurs efforts pour devenir des activistes qui révolutionnent les idées et bousculent les habitudes. Ils sont alors le plus souvent ridiculisés ou vilipendés. Peu à peu, cependant, d’autres personnes, initialement réticentes, se rendent compte qu’ils ont raison et sympathisent avec la cause qu’ils défendent. Lorsque le nombre de ces défenseurs atteint une masse critique, l’opinion publique bascule dans leur camp. (…) Pensons à l’abolition de l’esclavage, à la défense des droits de l’homme, au vote des femmes et à bien d’autres évolutions. »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.384


Prise de conscience

 

« Nous pouvons détourner le regard, mais le processus continue. »

Oppenlander, 2015, p.186

« Nous devons comprendre que notre intelligence n’est pas faite pour dominer, mais pour aimer.  Si nous n’avons pas la compassion, nous sommes l’horreur de la planète. »

Pierre Rahbi

« Depuis quand ’se sentir triste’ à propos d’une tragédie évidente ou ’croire’ en quelque chose rend le monde meilleur ou rend quelqu’un meilleur ? »

Gary Yourofsky

« Nous voulons tous trouver des solutions, mais très peu de gens sont vraiment prêts à les mettre en œuvre. Nous voulons tous que le monde change, mais très peu d’entre nous sont prêts à changer. Les solutions nécessitent un changement et le changement nécessite des sacrifices. (…) Sommes-nous trop attachés au confort que nous procurent la surexploitation, la pollution et le consumérisme ? Nous sommes tous impliqués. Nous sommes tous responsables. »

Paul Watson

« La réalité, c’est ce qui ne disparaît pas quand on arrête d’y croire. »

Philip K. Dick.

« Toutes ces personnes n’arrivent pas à se résoudre à surmonter les obstacles suivants : elles ne disposent pas d’informations correctes ; elles sont constamment exposées à des messages de désinformation, dans les médias et la publicité, et leur médecin renforce lui aussi ces messages erronés ; tous leurs amis et voisins consomment des produits animaux ; elles sont écrasées par le poids émotionnel d’un héritage historique et culturel (…). »

Oppenlander, 2015, p.94

« La plupart des gens pâlissent à la seule idée de devoir argumenter en public, de devoir faire face à l’opposition, voire l’hostilité, d’un groupe entier de personnes. Beaucoup de gens sont inconsistants et ne sont pas capables de résister à la tentation d’un met carné, lesquels sont omniprésents dans notre société. Beaucoup ne connaissent aucun végétarien dans leur entourage et ont peur de l’isolement. (…) les humains sont plus des animaux sociaux que des animaux rationnels. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.48


Témoignage de militants

 

« Je considère le fait d’être devenu végétarien comme la plus grande réussite de ma vie. Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… »

Isaac Bashevis Singer

« Elle décida qu’elle ne pouvait probablement rien faire pour sauver ces 100 cochons du camion, ‘mais je pouvais faire quelque chose pour d’autres cochons – je pouvais informer les gens. Je pouvais tenter désespérément de créer un monde où les gens ne mangent pas les cochons, n’exploitent aucun autre animal, humain ou non’. »

Patterson, 2008, p.219

« Ce qu’il y a de plus difficile dans la défense des animaux, dit-il, c’est d’atteindre des gens apparemment gentils, pleins de compassion, qui pourtant sont complices des horribles souffrances animales, mais ne veulent pas y réfléchir sérieusement, ou s’en moquent. »

Patterson, 2008, p.222

« Être témoin peut être douloureux, mais cette douleur doit se transmettre en détermination à agir et en courage : le courage de la compassion. Comme l’a dit Elie Wiesel (…) : ’La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage celui qui tourmente, jamais celui qui est tourmenté’. »

Ricard, 2014, p.138

« Nous avons sauvé 6 individus. (…) Je crois que le sauvetage est justifié, surtout quand une vie est menacée. Et c’est le cas pour tous les animaux. Et maintenant on en a sauvé 6. (…) Mais nous savons que pour ces individus, tout a changé. (…) et pendant que l’on fait ça, grâce à l’éducation et à la diffusion de ces images au public, encore plus d’animaux seront sauvés de leur horrible destin. »

Live and let live

« Vous n’avez pas idée du changement dans ma façon de voir toutes les créatures (…), comme je peux librement regarder un daim ou une colombe dans les yeux, comme je me sens frère de toutes les créatures, frère aimant de l’escargot, du ver de terre, du cheval, du poisson ou de l’oiseau. »

Albert Schweitzer, cité dans Patterson, 2008, p.300

« Une vie humaine n’a pas forcément plus de valeur qu’une vie animale. (…) Oui, maintenant je le crois. (…) Parce que l’homme est la pire des espèces. Il n’a peut-être pas le monopole de la cruauté, mais c’est le seul à en avoir conscience. »

Film ALF

 

« Je ne m’inquiète pas de la manipulation des médias ni des mensonges qu’ils colportent. Que le futur pardonne mes péchés écologiques, car ce sont les seuls qui importent. »

Paul Watson

« Chacune des conférences des Nations unies sur l’environnement, la population et le changement climatique a été un échec. Des discussions, des réunions et encore des discussions. Aucun passage à l’action. »

Paul Watson

« J’ai choisi d’être végane, car je me suis renseignée sur l’élevage industriel et la cruauté envers les animaux, et j’ai soudainement réalisé que je mettais dans mon assiette des êtres qui avaient été vivants et doués d’émotions. Et je ne pouvais plus fermer les yeux. »

Ellen DeGeneres


Rejet du végane – du véganisme – du militantisme animal

« Nous vivons dans un monde où il est considéré normal de traiter un animal comme un bout de bois, et extrémiste de traiter un animal comme un animal. »

Safran, 2010, p.123

« Pour faire des choses qui importent, il faut commencer par renoncer à faire l’unanimité. »

Paul Watson

« Le végétarien est un objet de moqueries et de sarcasmes. Pendant un repas, on lui propose trois fois de la viande en pouffant. On lui parle constamment de laitue comme si c’était son unique moyen de subsistance. On ironise sur sa vitalité voire sur sa virilité s’il s’agit d’un homme. On lui demande s’il boit tout de même de la colle, même si ça n’a aucun rapport. Incompris, oui. Le végétarien exaspère et on le lui fait sentir. (…)  dur, dur d’être végé. Le végétarien court en effet un risque majeur : celui de l’isolement social. »

Caron, 2013, p.134

« Mais il semble inévitable que des gens de ces deux groupes partagent la même table ; et il est tout aussi certain que l’absence de viande dans certaines assiettes déclenchera une discussion. Dans une telle situation, le végétarisme constitue une forme de viande pour les gens qui consomment de la chair : il doit être pris au piège et démembré ; il n’a aucune valeur. La parole végétarienne reçoit le même traitement que la chaire d’un animal. »

Adams, 2016, p.169

« Les systèmes dominants conservent leur domination en nous contraignant à nous conformer à la norme. Témoigner est dévier de la voie de la moindre résistance. (…) être témoin fait mal. Devenir conscient de l’immense souffrance de milliards d’animaux (…) peut éveiller des émotions douloureuses : du chagrin (…) pour les animaux, de la colère envers l’injustice et les tromperies du système, du désespoir face à l’immensité du problème ; la crainte que les autorités et les institutions à qui nous faisons confiance ne soient, en fait, pas dignes de confiance ; et de la culpabilité d’avoir contribué au problème. Se porter témoin signifie choisir de souffrir. (…) »

Joy, 2016, p.159

« L’animalophobie, fruit de l’ignorance et de la vanité, est une absurdité qui n’a plus d’avenir. »

Giesbert, 2016, p.182

« Il n’empêche que le véganisme fait peur. Le véganisme fait chier. Il nous intime de changer nos habitudes (…) et en appelle à notre responsabilité morale. Sa simple existence – et la possibilité qu’il incarne – rend chaque jour l’omnivore un peu plus complice du zoocide qu’il ne veut pas voir. Oui, le véganisme fait ça. »

Gibert, 2015, p.13

 « L’éthique animale est présentée comme une activité douteuse, au sujet de laquelle on utilise volontiers une rhétorique sectaire. »

Vilmer, 2008, p.5

« (…) le dénigrement des végétariens s’expliquerait largement par ’la menace d’un reproche moral anticipé’. Le végéphobe n’a pas peur du végétarisme ; il a peur d’être jugé. S’il en veut au végétarien, c’est parce que celui-ci lui donne une piqûre de rappel de sa dissonance cognitive. Sans même ouvrir la bouche, le végétarien force l’omnivore à admettre que consommer des animaux est un choix. »

Gibert, 2015, p.134-135

« Le végétarisme met en cause la légitimité de la claustration et de la tuerie de milliards d’animaux. Par sa simple existence, il rompt l’omerta. Telle est la raison des rires et de la haine végéphobes. (…) Le ridicule réprime sans arguments les idées qui dérangent. »

VeggiePride

« Certains végétariens, souvent les plus isolés, finissent par se résigner et par rentrer dans le rang afin d’être mieux acceptés par leur entourage. »

Barr & Chapman, cités par Gibert, 2015, p.136

« Qu’elle soit lourde ou subtile, la végéphobie va bien au-delà d’une innocente moquerie. Elle impose une norme dominante qui méprise et marginalise certains individus. Il faut la combattre. »

Gibert, 2015, p.136

« On passe alors pour une ’illuminée’ (…) qui n’a rien de plus important à faire que de se battre pour ceux que l’on considère communément comme des objets, des outils, de la nourriture (…). Le plus triste est que ceux qui vous reprochent de perdre votre temps sont souvent ceux qui se délectent de jeux télévisés, d’émissions de divertissement (…). »

Hélayel, 2015, p.15

« (…) c’est aujourd’hui l’exploitation animale qui est extrême par son ampleur et son implacable cruauté, et non pas celui qui la dénonce. »

Hélayel, 2015, p.47

« Bien que j’aie perdu beaucoup d’amis depuis que je travaille au sein du mouvement pour les droits des animaux, j’ai gagné des amis plus nombreux et plus précieux. »

Patterson, 2008, p.217

« Je constate des changements dans la prise de conscience. Il y a de l’espoir. Je n’avais aucun espoir, quand j’étais enfant, et j’ai songé au suicide. J’avais l’impression d’être trop marginale, de savoir au plus profond de mon cœur ce qui était bien, mais sans pouvoir obtenir que quiconque autour de moi le voie. Mais au cours de ma vie, j’ai compris ce que des gens engagés peuvent faire pour abolir l’injustice. Si nous avons la patience d’attendre et que nous persistons, le changement viendra pour de bon. »

Patterson, 2008

« Se focaliser sur les causes psychologiques, c’est négliger les causes sociales déterminant la consommation de viande (…) notamment : législation, subventions à l’élevage, aliments disponibles dans le commerce, menus des restaurants environnants, plats disponibles à la cantine, végéphobie, propagande intense des lobbies de l’élevage et de la pêche, pression familiale, pression du corps médical, diffusion du spécisme par les institutions aux enfants (…) »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.47

 

 

Droit

« L’existence même des lois prouve que l’appel à la vertu ne suffit pas à changer profondément le comportement des humains. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.51

« Tant que les animaux conserveront cette place de bien appartenant à autrui, ils resteront des esclaves. Tant que les mentalités ne changeront pas, ce statut perdurera. »

Hélayel, 2015, p.231

« Est-ce que les animaux ont des droits ? Malheureusement non, les animaux ce sont des biens meubles. »

Martine Lachance, professeure et chercheure, spécialisée en droit animal, Terriens

« (…) si les animaux ont des droits fondamentaux, il est évident que même un élevage humane viole ces droits. En particulier, il ne faut pas oublier que l’horizon ultime de tout élevage, quel que soit son niveau sur l’échelle de Whole Foods, est une chaîne d’abattoir, ce qui s’accorde mal avec le droit à l’intégrité physique. »

Gibert, 2015, p.30

« L’appel à la compassion, ce n’est pas moi qui m’élèverais contre, mais je ne me fais pas d’illusion : je n’accorde crédit qu’à la contrainte par la loi. Il y a dans la compassion une dimension d’improvisation qui recèle un risque de subjectivisme, et je lui préfère la justice. Quant à la science, si elle peut éclairer l’opinion, inspirer une législation, elle ne saurait en aucun cas fonder le droit. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.138

« Il est important de ne pas confondre égalité de considération et égalité de traitement. Lorsque Singer dit qu’il faut considérer également les intérêts de tous les animaux, cela ne signifie pas qu’il faille les traiter également. ’Une considération égale pour des êtres différents peut mener à un traitement différent et à des droits différents.’ Tous les animaux n’ont pas les mêmes intérêts. Donc considérer également ces intérêts peut impliquer de les traiter différemment, en s’adaptant à chaque être : ’La préoccupation pour le bien-être des enfants qui grandissent aux États-Unis peut exiger que nous leur apprenions à lire ; la préoccupation pour le bien-être des cochons peut ne rien impliquer d’autre que de les laisser en compagnie d’autres cochons dans un endroit où il y a une nourriture suffisante et de l’espace pour courir librement’. »

Vilmer, 2008, p.73

« L’intérêt (ou le droit) à vivre est donc plus grand chez les individus qui possèdent ces qualités, et qui sont alors des personnes, que chez ceux qui ne les possèdent pas. Les personnes sont des ’êtres rationnels et conscients d’eux-mêmes comme des entités distinctes qui possèdent un passé et un futur’. Leur vie n’est pas seulement biologique, elle est aussi biographique . Or, de ce point de vue, les humains ne sont pas tous des personnes (cas marginaux) et certains animaux sont des personnes (les grands singes). »

Goffi (2004) et Cavalieri (2000), cités dans Vilmer, 2008, p.75-76

« Les animaux comme les êtres humains possèdent des droits inviolables, et il devrait être strictement interdit de commettre certains actes à leur égard, même pour satisfaire des intérêts humains ou pour préserver la vitalité d’un écosystème. Les animaux ne sont pas des moyens au service de fins humaines ; ils ne sont pas des serviteurs ou des esclaves des êtres humains (…). »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.14

« Les animaux, tout comme les humains, ce sont des êtres individuels ; ils ont donc le droit de ne pas être torturés, emprisonnés, soumis à des protocoles d’expérimentations médicales, séparés de leurs familles par la force ou abattus parce qu’ils ont mangé trop d’orchidées rares ou parce qu’ils ont altéré leur habitat. (…) les animaux et les êtres humains sont égaux, et non pas maître et esclave, gestionnaire et ressource,  tuteur et mineur sous tutelle, ou bien encore créateur et artefact. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.14

« L’idée de droit inviolable implique en effet que les intérêts les plus fondamentaux d’un individu ne soient pas sacrifiés au nom de l’intérêt supérieur d’autres individus. (…) Par exemple, une personne ne peut pas être tuée pour que des dizaines d’autres humains bénéficient de ses organes, de la moelle de ses os ou de ces cellules souches. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.35

« Le caractère universaliste des droits de l’homme nous engage à protéger les individus quelles que soient leurs différences physiques, mentales ou culturelles, alors pourquoi ces droits devraient-ils s’arrêter aux frontières de l’espèce humaine ? »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.42

« Les êtres conscients et sentients sont des sois : ils vivent leur propre vie et font l’expérience du monde qui les entoure de façon subjective et singulière. Si l’on veut protéger cette expérience de façon appropriée, il est donc nécessaire d’octroyer aux animaux des droits inviolables. Limiter ces droits aux êtres humains, c’est faire preuve d’arbitraire morale et de ’spécisme’. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.42

« Qui est mon semblable ? L’humanité n’a pas toujours été considérée comme homogène. Jusqu’où va l’ensemble de mes semblables ? » « C’est la capacité à souffrir qui fonde des droits. (…) Dès lors qu’un individu est capable de pâtir de l’action d’un autre individu, il a des droits naturels. Il a par nature des droits. Et du coup, la considération des devoirs moraux s’élargit au-delà de l’humanité et intègre en son sein tous les animaux capables de ressentir le plaisir et la souffrance. »

Knudsen, 2007

« D’un point de vue moral, seule l’existence de la subjectivité est en mesure de justifier l’attribution de droits inviolables. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.50

« La question de la douleur et de la souffrance chez les animaux est évidemment une question profondément éthique. Puisque l’homme se veut utilisateur d’une morale, a-t-il le droit de faire souffrir des êtres dont il connaît les capacités biologiques d’éprouver la douleur ? Cette question progresse doucement dans les sociétés occidentales (…). (…) la souffrance infligée aux animaux (…) est devenue un thème important de débats et de préoccupations. (…) toutes ces questions ne pourront être résolues que par la loi, en donnant aux animaux des droits, contraignants pour les humains et même pour ceux des humains qui n’aiment pas les animaux. »

Chapouthier, 2016, dans Révolutions Animales, p.209

« Si passé et présent nous apprennent que certains combats sont longs et difficiles pour parvenir à la reconnaissance de droits au profit de tous, le droit peut et doit être un outil au service de l’animal. La règle de droit, en tant que norme de régulation de la société, permet de traduire juridiquement ce que la science a démontré : la sensibilité de l’animal et, dès lors, l’obligation pour l’homme de le respecter et de le protéger. (…) Dès lors, il faut une application effective des sanctions en cas d’atteinte portée à l’animal et une transcription juridique de la dimension éthique permettant la prise en compte du bien-être animal. »

Falaise, 2016, dans Révolutions Animales, p.547

 


Économie – lobbies

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

« (…) l’industrie agroalimentaire exerce une censure tacite, mais hermétique, s’assurant qu’aucune image choquante ne sorte de ses enceintes de torture. Aujourd’hui, dans les pays riches, les animaux que l’on voit ne sont pas ceux que l’on mange. »

Ricard, 2014, p.67

« Tout est fait pour que le consommateur soit maintenu dans l’ignorance. (…) les responsables de ces entreprises interdisent systématiquement l’accès de leurs locaux (…), et veillent à ce que leurs usines soient gardées comme des camps militaires hautement sécurisés. »

Ricard, 2014, p.70-71

« (…) un dirigeant de la firme américaine Wall’s Meat déclarait récemment : ’La truie reproductrice devrait être conçue comme un élément précieux d’équipement mécanique dont la fonction est de recracher des porcelets comme une machine à saucisses, et elle devrait être traitée comme telle.’ »

Ricard, 2014, p.112

« La logique du profit a toujours contribué à instrumentaliser les animaux. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.246

« (…) il n’est plus possible d’évaluer cette souffrance animale sous le seul angle économique et sanitaire parce qu’elle est devenue désormais un problème de société qui intéresse les consommateurs et les citoyens. »

Conclusion de l’INRA, dans Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.247

« C’est au milieu du XIXe siècle que la zootechnie, la science de la production animale, a vu le jour en France ; une doctrine nouvelle qui va décider, dans la foulée de la révolution industrielle, de transformer les encombrants auxiliaires de travail que sont alors les animaux de ferme en producteurs de richesses. Autrement dit, la zootechnique va s’assurer des moyens d’optimiser les fonctions biologiques de l’animal, le rendement va devenir l’objectif et le zootechnicien l’ingénieur des machines vivantes. Cette tendance explosera ensuite dans les années 1960, sous l’impulsion des banques et des industries agroalimentaires. Dès cette époque, on voit apparaître les élevages en batterie (…). C’est la vision du travail développé par le taylorisme. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.247

« (…) ils oublient de signifier que les escargots de Bourgogne sont le plus souvent turcs, que l’andouille bretonne est parfois faite avec du boyau coréen et du porc polonais et que le jambon d’Aoste est chinois ou vietnamien. Qu’importe, ils sont conditionnés en France. L’emballage made in France fait illusion. »

Luneau, 2015, p.5

« Nous vivons une époque où le mensonge économique est roi. Une époque où les mots se vident de sens, où les origines des aliments s’effacent au profit de l’image que l’on veut nous vendre d’eux. »

Luneau, 2015, p.6

« L’industrie agroalimentaire et la grande distribution s’ingénient à inventer une histoire à l’aliment qu’ils nous vendent. Peu à peu, son origine réelle, les champs, les étables, les hommes et les femmes de la terre, les saisons, la mort des animaux les métiers de bouche s’estompent au profit d’une représentation mentale de la denrée ; représentation savamment concoctée par le marketing. Cette représentation n’a plus de lien avec le réel, mais entretient un fantasme visant à berner les gens. »

Luneau, 2015, p.6

« (…) il y a des décennies que le commerce agroalimentaire ne sert plus le client, mais la Bourse. »

Luneau, 2015, p.6

« Le transfert d’embryon date des années 1990 et s’étend lui aussi de plus en plus. Son avantage : gagner du temps ! On récupère les œufs fécondés par une insémination avant la nidation dans l’utérus : par exemple, chez une vache de grande qualité, on peut récolter une bonne vingtaine d’œufs fécondés. On les congèle et on les réimplante dans des ’vaches porteuses’ sans grand caractère qui, au terme de leur grossesse, donnent autant de veaux de grande qualité. Et la femelle donneuse n’est pas fatiguée par une grossesse ; d’où le succès du transfert d’embryons pour les juments de compétition qui continuent de courir pendant que leurs poulains grandissent dans d’autres ventres. Autre formule : on achète des embryons pour se constituer tout de suite un troupeau homogène. »

Luneau, 2015, p.40

 


Politique

 

« En ce début du XXIème siècle, les  institutions européennes sont celles qui portent les plus lourdes responsabilités dans ce désastre, en finançant massivement ces filières avec l’argent de nos impôts et en encourageant les pratiques les plus cruels, tout en prétendant agir pour le bien-être animal. »

Hélayel, 2015, p.314

« (…) la plupart des animaux que nous exploitons, tuons et consommons ont des émotions, des préférences, des intérêts. Ils ont une vie qui leur importe. Il serait temps de prendre la mesure de nos responsabilités morales. (…) Une société peut changer. Une société peut réformer ses institutions et faire évoluer ses lois. Dans un cadre démocratique, c’est ce qu’on appelle faire de la politique. »

Gibert, 2015, p.63

« (…) l’industrie agroalimentaire avait franchi la ligne rouge, en faisant que des pressions politiques s’exercent sur la formulation des recommandations nutritionnelles officielles, alors que celles-ci devraient être des conseils dispensés de façon aussi neutre et objective que possible, sur la base des données scientifiques disponibles. »

Singer & Mason, 2015, p.22-23

« (…) il est important de noter que les causes justes ne l’emportent pas grâce à la seule validité d’arguments éthiques. »

Veginfo, édition 81


Religion

« Le Christ est avec les bêtes avant d’être avec nous. »

Fiodor Dostoïevski

 

« Il ne voit aucun moyen pour le Messie de sauver le monde tant que continue cette injustice faite aux animaux. Il se dit : ’Quand on égorge n’importe quelle créature vivante, on égorge Dieu’. »

Yoineh Meir

 

« Le traitement qu’inflige l’homme aux créatures de Dieu ridiculise tous ses idéaux et son soi-disant humanisme. »

Patterson, 2008, p.258

 

« Pourquoi un Dieu de compassion accepterait-il un tel sacrifice ? »

Patterson, 2008, p.263

 

« Comment espérer recevoir la grâce de Dieu si on contribue à faire tuer des êtres vivants, privant ainsi des âmes de leur corps ? »

Patterson, 2008, p.264

 

« Comment servir Dieu si on laisse égorger ses créatures ? Comment espérer la miséricorde divine si on verse le sang tous les jours, si on traîne à l’abattoir des bêtes innocentes, en leur causant d’atroces souffrances et en abrégeant leur vie de plusieurs jours ou même de plusieurs années ? Comment croire que Dieu se montrerait compatissant envers quelqu’un qui arracherait un poisson à la rivière et l’observerait en train de suffoquer, accroché à un hameçon ? »

Patterson, 2008, p.265

 

« Dieu n’a pas besoin de louanges (…), mais les pigeons attendent chaque jour qu’on les nourrisse dès le lever du soleil. Il n’y a pas de meilleur moyen de servir le créateur que d’être bon pour ses créatures. »

Patterson, 2008, p.272

 

« 130 ans plus tôt, l’Église resta silencieuse sur le commerce des esclaves parce que ce n’étaient que des Noirs. 50 ans plus tôt, l’Église resta silencieuse parce que ce n’étaient que des Juifs. Aujourd’hui, l’Église reste silencieuse parce que ce ne sont que des animaux. »

Patterson, 2008, p.312

 

« (…) le statut de l’animal dans les trois grandes religions monothéistes est relativement similaire et se résume en un dilemme. En tant qu’il a été créé pour l’homme, l’animal est inférieur et exploitable, notamment pour se nourrir, se vêtir, se divertir et faire de la recherche. Mais en tant qu’il a été créé par Dieu, il mérite également un respect particulier : l’homme doit être bienveillant à son égard et ne pas le faire souffrir inutilement. » 

Vilmer, 2008, p.106

« Le bouddhisme interdit en principe de tuer l’animal, et parle de meurtre : ’L’assassinat d’un animal est une atteinte à l’harmonie universelle’. »

Dalaï-Lama, cité dans Vilmer, 2008, p.107

« Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme, pas par un cheval. »

Milan Kundera, cité dans Patterson, p.33

« Selon la Torah : ’Il est interdit d’infliger de la douleur à toute créature vivante. Au contraire, il est de notre devoir de soulager la douleur de toute créature.’ Dans le Talmud, on lit également : ’Une grande importance est attachée au traitement humain des animaux.’ Selon certains spécialistes de la Torah, Dieu n’aurait donné la permission aux hommes de manger de la viande, à la suite du Déluge, qu’en raison de leur faiblesse, mais l’idéal serait qu’ils soient végétariens. Comme le rabbin Bonnie Koppel, qui a déclaré : Il ne fait aucun doute que l’idéal, selon la Torah, est le végétarisme. »

Ricard, 2014, p.27

« (…) offrandes sanglantes qui (…) ne sauraient réjouir des divinités censées être pleines de bienveillance. »

Ricard, 2014, p.34


Les différentes religions

Christianisme

« Quand le cœur est authentiquement ouvert à une communion universelle, rien ni personne n’est exclu de cette fraternité. (…) Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. Toute cruauté sur une quelconque créature est ’contraire à la dignité humaine’. (…) Le catéchisme rappelle avec fermeté que le pouvoir de l’homme a des limites et qu’’il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. »

Pape François, Lettre encyclique Laudato si’ (loué sois-tu) sur la sauvegarde

de la maison commune, 24 mai 2015, paragraphes 92 et 130

« Saint-François d’Assise, connu pour sa compassion envers les animaux, demandait ’à tous les frères du monde qu’ils respectent, qu’ils vénèrent et qu’ils honorent tout ce qui vit ; plutôt, tout ce qui existe.’ »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.382

« De nos jours, le théologien et prêtre anglican Andrew Linzey (…) a publié plusieurs ouvrages dans lesquels (…) il propose d’accorder de véritables droits aux animaux. Dans Animal Rights (…), il n’hésite pas à remettre en question l’interprétation habituelle de la Genèse : les hommes ont cédé à une sorte d’idolâtrie, s’imaginant que Dieu s’intéressait avant tout à l’espèce humaine. C’est d’une absurdité confondante. Pourquoi Dieu a-t-il créé la guêpe ? Certainement pas pour notre usage. Et les dinosaures ? Comment aurions-nous pu les exploiter ? Pour ma part, je trouve fort rassurant que Dieu ait d’autres soucis. »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.382

Judaïsme

« Au début du XXe siècle, Isaac Kook, premier grand rabbin de Palestine, estime que Dieu aime toutes les créatures, qu’il a originellement destiné l’homme à manger des végétaux, que l’abattage est un acte honteux et qu’il est immoral d’arracher la laine aux moutons et de prendre le lait destiné aux veaux. Pour lui, le végétalisme est un devoir*. Jonathan Sacks, grand rabbin des congrégations juives du Commonwealth britannique a adopté le régime végétarien, ainsi que David Rosen, ancien grand rabbin d’Irlande et président d’honneur de la Communauté juive végétarienne internationale (…). »

Ricard, 2014, p.40

* Larue, R. (2015), Le végétarisme et ses ennemis, PUF, p.89

Islam

« Dans Les animaux en Islam, l’érudit Al-Hafiz Basheer Ahmad Masri met en exergue les enseignements de l’islam qui incitent à la compassion envers les animaux. Il cite notamment le prophète Mohammed : ’Celui qui a pitié (même) d’un moineau et épargne sa vie, Allah sera miséricordieux envers lui le jour du Jugement Dernier.’ Concernant la chasse et les sports de divertissement : ’Il est rapporté que le Prophète a dit : ’Ne faites pas de quoi que ce soit qui possède la vie une cible’, et ’Le Messager de Dieu a interdit d’inciter les animaux à se battre entre eux.’ Le grand mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, estime que le sacrifice d’un mouton à l’occasion de l’Aïd-el-Kébir ’n’est ni un pilier de l’islam, ni une obligation majeure comparable à la prière ou au jeûne du Ramadan’. Il précise en outre que le droit musulman permet de remplacer ce sacrifice par ’un don fait dans un pays où les habitants ne mangent pas à leur faim, ce qui est plus conforme à l’esprit du partage que comprend cette pratique’. (…) Les soufis préconisaient le végétarisme, surtout en période de retraite, comme purification du corps et de l’âme (…). »

Ricard, 2014, p.41-42

Hindouisme

« J’affirme que plus une créature est impuissante, plus elle a droit à être protégée par l’homme de la cruauté de l’homme. »

Gandhi, 1982, Autobiographie ou Mes expériences de vérité, Stock, p.230

Bouddhisme

« Les pratiquants de la Voie doivent s’abstenir de viande, car en manger est source de terreur pour les êtres. »

Soutra de l’entrée à Lanka, Bouddha Shakyamouni

« (…) dans le Soutra du Grand Parinirvana, le Bouddha dit : ’Manger de la viande détruit la grande compassion’ et conseille à ses disciples de s’éloigner de la consommation de viande ’tout comme ils s’écarteraient de la chair de leurs propres enfants’. De nombreux maîtres tibétains ont également condamné la consommation de chair animale (…). »

Ricard, 2014, p.54

« (…) le moine bouddhiste Matthieu Ricard n’hésite pas à donner à cette tuerie le nom de zoocide. »

Gibert, 2015, p.11

Éducation


Éducation des enfants

 

« Nombre d’enfants ne s’habituent à consommer de la viande qu’à la suite de l’insistance de leurs parents. »

Ricard, 2014, p.69

« Mais souvent, les parents ont gain de cause et les enfants s’habituent. On s’habitue à tout. La banalisation de la cruauté, la désensibilisation face à la souffrance d’autrui, la distanciation qui soustrait l’individu au spectacle des souffrances dont il est la cause directe ou indirecte et la dissociation morale entre certaines activités nuisibles et le reste de notre existence permettent aux hommes de perpétrer ce que leur conscience réprouve sans pour autant se détester eux-mêmes. »

Ricard, 2014, p.85

« Le spécisme commence dès l’enfance. (…) certaines espèces sont mignonnes, d’autres pas. Certaines se caressent, d’autres se mangent. Les livres d’enfants présentent en général un tableau idyllique des animaux de ferme, qui vivent librement dans les prés et se roulent dans la paille avec leurs petits. (…) Les livres ne représentent jamais des animaux de ferme se faire marquer, castrer, débecquer ou abattre. »

Vilmer, 2008, p.49

« On ne fait pas de mal aux membres de la famille. On ne fait pas de mal aux amis ni aux inconnus. On ne sait même pas de mal aux meubles tapissés. Le fait que je n’ai jamais songé à inclure les animaux dans cette règle n’en faisait pas pour autant des exceptions. Cela faisait tout simplement de moi un enfant, ignorant des arcanes du monde. Mais un jour, j’ai perdu cette ignorance, et des ce moment-là j’ai dû changer de vie. »

Safran, 2010, p.18

« Nourrir mon enfant n’est pas la même chose que me nourrir : c’est plus important. C’est important parce que la nourriture est importante (…),  et parce que les histoires que l’on sert en même temps que la nourriture sont importantes. Ces histoires resserrent les liens de notre famille, et relient notre famille aux autres. Quand on raconte des histoires sur la nourriture, on se raconte nous-mêmes – nos origines et nos valeurs. (…) La nourriture remplissait deux fonctions : elle nourrit et elle vous aide à vous souvenir. (…) Les histoires établissent des récits et les récits instaurent des règles. »

Safran, 2010, p.24

« Si ma femme et moi imposons à notre fils  un régime végétarien, il est ne mangera pas le plat unique de son arrière grand-mère, il est 9:00 parce que là ça va jamais l’expression unique et directe de son amour, ne songera peut-être jamais à elle en temps que Plus Grande Cuisinière De Tous Les Temps. L’histoire primordiale de ma grand-mère, l’histoire primordiale de notre famille devra changer. »

Safran, 2010, p.29

« Le fait de consommer ou pas des animaux et la façon dont nous les mangeons touche à quelque chose de profond. »

Safran, 2010, p.47

« On pourrait croire que la première censure à laquelle nous sommes confrontés dans notre vie concerne le sexe. Faux. Elle concerne la condition animale. (…) Même la finitude humaine est plus facile à expliquer à un enfant que la tranche de jambon dans l’assiette. »

Caron, 2013, p.125

 

« Si dès son enfance on en consomme à tous les repas, à plus forte raison à l’école, il est évident que l’on développe spontanément la certitude que cette alimentation est la plus saine. »

Caron, 2013

« la consommation de viande relève d’un choix surdéterminé socialement : on commence à consommer de la viande avant d’être en mesure de comprendre qu’il s’agit de chair animale. On nous enseigne ensuite le conformisme et l’identification à notre gastronomie (…). Enfin, la réalité de l’élevage et de l’abattage, prix à payer pour obtenir de la viande, est dissimulée. »

Les Désobéissants, 2014, p.18

« La haine, sous sa forme la plus pure, est un comportement appris. »

Yourofsky

« Presque tout ce que nous faisons  chaque jour – toutes les décisions que nous prenons – nous est dicté par notre culture : ce que nous avons appris, ça donc quelqu’un nous a dit que c’était acceptable ou nécessaire. »

Oppenlander, 2015, p.22

« (…) lorsque les enfants demandent d’où viennent les hot dogs, il est peu probable d’entendre les parents répondre : ’Eh bien mon chéri, tout d’abord il a fallu tué un mignon petit cochon rose, puis on a coupé et haché une partie de ses pattes arrières et de son derrière. Et avant ça, le petit cochon a vécu dans des conditions horribles et a été maltraité, on l’a fait avancer en lui donnant des chocs électriques avec un aiguillon’ (…). »

Oppenlander, 2015, p.177

« Vous avez été programmé pour que cela ne vous touche pas. Conditionnés pour être de bons petits consommateurs de chair animale tout au long de votre vie. (…) Je veux juste que vous repreniez contact avec votre conscience. La conscience que vous aviez quand vous étiez jeune, innocents et non corrompus par les mensonges de la société. »

Yourofsky, le discours des excuses

« Enfants, nous avons à peu près tous cru que la ferme était un endroit idyllique où les vaches pouvaient paître librement dans les champs, leurs petits veaux venant, à leur guise, se blottir contre elles; où les cochons pouvaient s’amuser dans les mares de boue et se reposer paisiblement à l’ombre des arbres; et où les poules, après avoir picoré à leur goût, s’offraient un bain de poussière et pondaient à leur rythme des œufs qu’elles pouvaient couver jusqu’à ce que leur éclosion donne lieu à l’apparition d’adorables petits poussins, sous le regard protecteur d’un fermier bienveillant. On nous a présenté des images d’une étable accueillante, fraîche l’été et bien chauffée l’hiver, où les animaux non humains étaient heureux et épanouis toute leur vie durant, en faisant bien attention de ne pas illustrer le passage de cette vie bucolique à l’assiette. Même une fois l’âge adulte atteint, plusieurs d’entre nous conservent, avec l’aide de la publicité entourant les produits d’origine animale, cette représentation idéalisée de la vie qui est offerte aux animaux que nous mangeons. »

Giroux, 2011, p.130

« Ce n’est pas qu’une question de droit des animaux. Il s’agit des responsabilités humaines. Apprendre à un enfant à ne pas marcher sur une chenille est aussi précieux pour l’enfant que pour la chenille. »

John Robbins

« On nous apprend enfant qu’il y a des espèces importantes, et d’autres que l’on peut écraser, enfermer, exploiter, tuer, manger, utiliser, disséquer, éviscérer, exhiber… »

Hélayel, 2015, p.17


Information et éducation des adultes

 

« Un homme libre est avant tout un homme qui sait. ’La révolte est le fait de l’homme informé’. »

Camus, cité dans Caron, 2016

« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. »

Nelson Mandela

Éthique animale

« Comment, sur l’ensemble de la planète et au fil des siècles, les humains ont-ils opéré le tri entre les animaux qu’ils faisaient entrer dans le cercle familial et ceux qu’ils envoyaient à l’abattoir ? Sur quels critères nous appuyons-nous pour déterminer qui seront les happy few logés et nourris gratis et les sad many voués à crever en silence et à remplir nos estomacs ? Mystère. »

Caron, 2013, p.68

« L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin. Pourtant le voici le suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui le surplus. »

Orwell, 1981, p.12

« Il n’y a pas deux éthiques, l’une animale, l’autre humaine, il y a éthique ou il n’y a pas éthique. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.95

« Le premier principe est que nous sommes obligés moralement de ne pas imposer de souffrances inutiles aux animaux. »

Francione & Charlton, 2015, p.11

«On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. »

Alphonse de Lamartine

« (…) nous devrions être extrêmement reconnaissants envers ces plus faibles que nous avons exterminés par milliers de milliards. Ils ont donné leur peau, leur chair, leur force, leur intelligence pour nous nourrir, nous vêtir, nous réchauffer, nous transporter, nous soigner, pour tracter ou porter à notre place de lourdes charges, ils ont été sacrifiés pendant les guerres pour permettre à quelques-uns de protéger leur territoire (…) Il est temps non pas de payer notre dette (elle est bien trop lourde), mais de cesser de l’amplifier. (…) Ouvrons notre esprit au seul vrai progrès de l’humanité : celui de l’intelligence du cœur. »

Aymeric Caron

« Manger des animaux est au même niveau moral qu’abuser des enfants. C’est la même chose. Les animaux comme les enfants attendent de nous une protection. Nous devrions les protéger. »

Morrissey

« L’altruisme et la compassion véritables ne devraient pas connaître de barrières. »

Ricard, 2014, p.32

« (…) dans toutes les situations où il n’y a réellement aucun choix, on peut admettre qu’il soit acceptable moralement d’utiliser un animal à la condition communément acceptée qu’on ne leur impose aucune souffrance inutile. »

Francione & Charlton, 2015, p.74

« Quels seraient vos sentiments, si le jour de votre naissance, quelqu’un d’autre avait déjà planifié la date de votre exécution ? Voilà ce que c’est qu’être une vache, un cochon, un poulet ou une dinde sur cette planète. »

Gary Yourofsky

« Un seul oiseau est en cage et la liberté est en deuil. »

Jacques Prévert

« Je ne suis pas devenu végétarien pour ma santé, je le suis devenu pour la santé des poulets. »

Isaac Bashevis Singer

« La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux. »

Gandhi

« Partout dans l’élevage intensif, la quantité de souffrance au mètre carré met l’empathie humaine à rude épreuve. »

Gibert, 2015, p.118

« (…) s’il y a incertitude sur le fait que notre action puisse causer un grave préjudice, nous devrions laisser le bénéfice du doute à l’être à qui nous risquons de causer du tort. » 

Singer & Mason, 2015, p.264

En parlant des animaux : « Ce sont des produits qui sont jugés selon leur productivité. (…) il n’est éthiquement pas justifiable de les exploiter de la sorte. »

Live and let live

« Toute vie doit être respectée et épargnée lorsque c’est possible, et lorsque cette vie est en capacité de profiter d’elle-même. »

Aymeric Caron

« Le véganisme est-il une question de ’choix’ ? Non, sauf si vous pensez que nous avons moralement le droit de choisir d’exploiter les êtres vulnérables à des fins frivoles telles que le plaisir gustatif. »

Gary L. Francione

« Le fait d’enfermer dans une cage des animaux libres et fiers est l’un des procédés les plus abominables de la colonisation. » 

Aragon

« La libération animale présente donc une rupture dans la tradition dans la mesure où elle questionne directement l’autorisation qu’on s’octroie d’user de la vie d’autres êtres vivants pour satisfaire nos besoins propres d’une façon qui inflige douleur et souffrance, d‘ailleurs le plus souvent pour nous assurer de produits non vitaux à nos intérêts. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.19

« L’idée est simple : ’vous n’existez pas pour moi, et je n’existe pas pour vous. Et à chaque fois que vous me réduisez à une commodité, pour faire avancer vos buts et vos objectifs, vous violez mes droits.’ »

Live and let live

« On ne réglemente pas la torture, on l’abolit. »

Hélayel, 2015, p.214

«  Si à l’époque de l’esclavage humain, on s’était contenté de dénoncer les conditions de vie des esclaves et qu’on s’était limités à se battre pour qu’ils aient des chaînes plus longues, des paillasses moins sales et des coups de fouet moins fréquents, cette sorte d’esclavage existerait toujours. »

Hélayel, 2015, p.222

Témoignage d’une grand-mère juive mourant de faim dans la période de l’après-guerre, à qui un fermier était allé chercher un morceau de viande afin de le lui donner :

«  – Il t’a sauvé la vie.

– Je ne l’ai pas mangé.

– Tu ne l’as pas mangé ? (…) parce que ce n’est pas casher ?

– Évidemment !

– Pas même si ça te sauvait la vie ?

– Si plus rien n’a d’importance, il n’y a plus rien à sauver. »

Safran, 2010, p.30

« Pourquoi un homme en rut aurait-il moins le droit de violer un animal qu’une personne affamée d’en tuer un pour le manger ? »

Safran, 2010, p.122

À propos des abolitionnistes (par exemple Regan et Francione) : « Ce qui leur pose véritablement problème n’est pas la douleur de tel ou tel animal que l’on élève, que l’on chasse ou sur lequel on expérimente, c’est le fait même qu’on l’élève, qu’on le chasse et qu’on l’utilise pour des expériences. (…) ’(…) notre but n’est pas d’élargir les cages, mais de faire qu’elles soient vides’. »

Regan (1992), cité dans Vilmer, 2008, p.79

« (…) se contenter de rendre plus « humaines » les conditions de vie et de mort n’est qu’une échappatoire pour se donner meilleure conscience tout en poursuivant le massacre (…). Tuer un être sensible sans nécessité n’est pas davantage acceptable dans les champs que dans des usines à viande. »

Ricard, 2014, p.137

« L’argument de base est simple. S’il est possible de vivre sans infliger de souffrances non nécessaires aux animaux, alors nous devrions le faire. »

Gibert, cité dans Ricard, 2014, p.391

 

« (…) nous ne croyons pas réellement que l’absence d’une grande capacité à raisonner suffit à justifier la transformation en viande d’un être sentient. »

Auteur inconnu

« Nombre de penseurs appellent à respecter la vie avant toute autre considération, c’est-à-dire à laisser la vie des autres êtres suivre son cours jusqu’à son terme naturel. Des humains aux grands singes, en passant par les oiseaux, les insectes, les poissons et les mammifères marins, beaucoup d’espèces utilisent leurs différentes facultés pour constituer des cultures qui leur sont propres, ce qui est la meilleure façon, pour chacune d’elle, de survivre et d’être « sujets » de leur vie. C’est cette diversité que nous devrions reconnaître et respecter, tout en appréciant pleinement les qualités particulières qui sont les nôtres. Nous pouvons donc faire bien mieux. L’altruisme et la compassion véritables ne devraient pas connaître de barrières. (…) La compassion, en particulier, s’adresse à toutes les souffrances et à tous ceux qui souffrent. Celui qui est empreint de véritable compassion ne peut pas infliger de souffrance à d’autres êtres sensibles. Un nombre croissant d’entre nous ne se contentent plus d’une éthique restreinte au comportement de l’homme envers ses semblables et estiment que la bienveillance envers tous les êtres n’est pas un ajout facultatif, mais une composante essentielle de cette éthique. Il nous incombe à tous de continuer à favoriser l’avènement d’une justice et d’une compassion impartiales envers l’ensemble des êtres sensibles. La plupart des souffrances que nous infligeons aux animaux n’ont rien d’inéluctable. Tant que nous pensons que la valeur intrinsèque des ’autres’ sensibles que sont les animaux est négligeable, nous ne les respecterons pas en eux-mêmes et pour eux-mêmes et continuerons à les instrumentaliser au service de nos désirs et de nos intérêts. À ceux qui objectent que ce sont là les lois de la nature et que les animaux eux-mêmes se sont toujours dévorés les uns les autres, on peut répondre que nous sommes sensés avoir évolués depuis les époques considérées comme barbares, en devenant plus pacifiques et plus humains. (…) Il importe de se rappeler également que la violence n’est pas plus une loi de la nature que la bienveillance. Il importe donc de transformer la perception que nous avons des autres espèces de la biosphère et d’établir avec eux un mode de ’coexistence respectueuse’. »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.384


Responsabilité de l’humain

 

« Chaque jour, chacun d’entre nous doit faire certains choix et, au final, doit accepter la responsabilité de toutes les conséquences de ses décisions. Il en va donc, semble-t-il, de notre devoir à tous que de faire les choix les plus informés possible. »

Oppenlander, 2015

« (…)  le fait qu’une chose soit naturelle ou qu’elle ait toujours existé ne nous dit rien de sa valeur morale. (…) Après tout, les tsunamis, les virus et la violence sont on ne peut plus naturels. »

Gibert, 2015, p.27

« La question n’est pas ’ Allez-vous bien digérer ce cheeseburger ?’ ni ’Vos ancêtres en auraient-ils mangé ?’, mais bien plutôt ’Est-ce moralement légitime ?’, ’Devriez-vous le commander ?’ »

Gibert, 2015, p.27

« La qualité et la quantité de plaisir gustatif  n’enlèvent rien à la cruauté de l’agent ou à l’illégalité morale de l’action. »

Gibert, 2015, p.37

« (…) il n’y a aucune différence entre tuer ou faire tuer. Faire tuer est peut-être même pire, car cela permet un certain silence de la conscience. »

Hélayel, 2015, p.55

« La rationalisation des méthodes d’élevage a entraîné un profond bouleversement de la production animale. Dès les années 1970, les industriels ont financé des études pour modifier le génome des animaux et augmenter la production de lait et de chair. À présent que la science confirme que ces ’machines’ sont intelligentes et vulnérables, à quoi tout cela doit-il nous engager ? »

Révolutions Animales, 2016, p.333


Justice

 

« Ce n’est pas votre droit, basé sur VOS traditions, VOS coutumes et VOS habitudes, de bafouer LEUR liberté afin de leur faire du mal, de les asservir et de les tuer. Ce n’est pas une histoire de droit. C’est une injustice. »

Gary Yourofsky

« Mon plaisir gustatif ne pouvait justifier l’exploitation animale. Il fallait poser des limites à mon égoïsme. »

Gibert, 2015, p.163

« Et la question n’est pas de savoir si on est ’pour ou contre’ le véganisme. La question n’est pas de savoir si vous êtes capable d’arrêter les rillettes ou le foie gras. Elle n’est pas non plus celle de votre vertu individuelle ou de votre pureté spirituelle. Non, la question est ailleurs. C’est une question de principe – et de justice. »

Gibert, 2015, p.232

« Il nous incombe à tous de continuer à favoriser l’avènement d’une justice et d’une compassion impartiales envers l’ensemble des êtres sensibles. »

Sermon du troisième dimanche de l’Avent, 1908, cité dans Ricard, 2014, p.394

« Singer, lui, n’aime pas les animaux, de la même manière qu’il ne s’agit pas d’aimer les Noirs ou les femmes pour combattre le racisme et le sexisme. Il s’agit d’une exigence de justice. »

Vilmer, 2008, p.93

« Avez-vous remarqué que la majorité des gens ne se rangent jamais d’abord du côté de la justice ? Et nous avons l’audace de dire que les animaux sont stupides et sales. Alors, pourquoi c’est toujours un petit groupe de gens qui doivent convaincre les masses que c’est mal d’asservir, de discriminer contre ou de tuer des êtres innocents ? La réponse est assez simple. Technologiquement, nous sommes brillants. Éthiquement, nous sommes au même niveau que les parasites, nous sommes une espèce malade et tordue, une erreur. »

Yourofsky, le discours des excuses

« Héros du véganisme ? (…) nous ne réalisons souvent pas que nous sommes tous, chaque jour, à travers notre alimentation, en train de nous engager pour plus de justice. »

Veginfo, édition 81


Égalité

 

« Rien ne prouve que l’homme soit plus important qu’un papillon ou qu’une vache. »

Isaac Bashevis Singer, cité dans Giesbert, 2014, p.13

« Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. »

Orwell, cité dans Safran, 2010, p.38

« N’est-il pas grand temps de reconnaître que, dans la souffrance, comme dans cette intime conviction d’avoir le droit de vivre, nous, animaux non humains comme humains, qui partageons par nos sens la perception de cette terre, nous sommes tous égaux ? »

Hélayel, 2015, p.19

« J’ai découvert que dans la souffrance, nous sommes tous égaux. Et dans leur capacité à souffrir, un chien est un cochon, est un ours… est un garçon. »

Philip Wollen

Oppression, esclavage


Oppression

 

« Notre modèle d’oppression des animaux s’est toujours appliquée aux ethnies ou aux catégories d’humains que notre espèce a systématiquement bestialisées quand elle avait l’intention de les ’génocider’ ou de les réduire en esclavage. »

Giesbert, 2016, p.125

« (…) Je crois que le spectacle que l’homme se donne à lui-même dans le traitement des animaux lui deviendra insupportable. Tous ces débats dont nous parlons en sont le signe annonciateur. Ce n’est plus supportable. Si vraiment on vous mettait tous les jours devant les yeux le spectacle de cet abattage industriel, que feriez-vous ? (…) Il faudra donc, peu à peu, réduire les conditions de la violence et de la cruauté envers les animaux, et, pour cela (…) aménager les conditions de l’élevage, de l’abattage, du traitement massif, et de ce que j’hésite (…) à appeler un génocide, là où pourtant le mot ne serait pas si inapproprié. »

Jacques Derrida, cité dans Giesbert, 2014, p.142

« Je veux ici plaider la cause d’une classe particulière de travailleurs et de salariés : classe nombreuse, car ses membres se comptent par millions ; classe misérable, car pour obtenir de quoi ne pas mourir de faim, ils sont assujettis au travail le plus dur, à la chaîne, et sous le fouet ; classe qui a d’autant plus besoin de protection qu’elle est incapable de se défendre elle-même (…) je veux parler des animaux (…) »

Charles Gide, cité dans De Fontenay, E. (2016). Révolutions Animales, p.514


Esclavagisme

 

« La rhétorique des professionnels de l’exploitation animale d’aujourd’hui est tout à fait similaire à celle des esclavagistes d’hier. Ces derniers écartaient les visiteurs des plantations en  expliquant que, n’étant pas experts en la matière, ils auraient une fâcheuse tendance à réagir de façon émotionnelle et à ne pas comprendre les enjeux d’une telle pratique. Ils invoquaient également une compassion profonde pour leurs esclaves, dont la loyauté et le dévouement étaient soulignés, et ils insistaient sur le fait qu’après tout, ces esclaves étaient mieux traités ici que laissés à eux-mêmes dans la jungle. Par ailleurs, ils mettaient en garde contre cette tendance de l’homme civilisé et sentimental à juger la situation de l’esclave selon ses propres critères : l’esclave en question n’étant pas comme lui, on ne peut postuler qu’il souffre et ressent de la même manière que lui. Enfin, ultime argument, l’esclavage était, paraît-il, une nécessité économique. »

Vilmer, 2008, p.46

« Vous ne pensez quand même pas que les esclaves sont bien traités, quand même ? Vous pensez vraiment que les blancs étaient gentils quand ils ont amené les noirs en bateau ici ? Vous ne pensez pas que les nazis étaient gentils quand ils ont fait marcher les Juifs et les gitans dans les chambres à gaz quand même ? »

Yourofsky

« D’après Olivier Grenouilleau, (…), quatre éléments principaux permettent de le définir :

  1. l’esclave est un ’autre’ ;

  2. l’esclave est un homme possédé par un autre ;

  3. l’esclave est toujours ’utile’ à son maître ;

  4. l’esclave est un homme en sursis.

Remplacez le mot ’homme’ par ’animal d’élevage’, et il n’est pas difficile de faire le rapprochement (…). »

Ricard, 2014, p.389

« (…) vente aux enchères, transports entassés dans des navires, utilisation de chaînes, de cages et de divers moyens de contention, techniques pour « casser » les plus rebelles, séparation des parents et des enfants, sévices corporels en cas de désobéissance, eugénisme, marquage au fer rouge, etc. Les justifications de l’esclavage ont aussi des airs de famille avec celles de l’exploitation animale : c’est une nécessité économique, c’est la volonté de Dieu, et il est dans la nature du Noir de servir son maître Blanc, lequel traite d’ailleurs ses esclaves avec humanité et participe en réalité à leur émancipation. »

Gibert, 2015, p.193

« Le fait que l’élevage animal intensif soit devenu le fondement de notre société a entraîné une attitude impitoyable et une indifférence, une violence et une cruauté socialement acceptable jusque dans la moelle de notre culture, nous coupant d’un sentiment de parenté avec les autres habitants du monde naturel. Une fois l’exploitation animale institutionnalisée et acceptée comme un ordre naturel des choses, la porte était ouverte vers un traitement semblable d’autres êtres humains, pavant la voie d’atrocités comme l’esclavage et la Shoah. »

Patterson, 2008, p.30

« Ils n’ont pas été placés sur Terre pour nous servir, nous nourrir ou assurer notre confort. Ils ont une existence subjective autonome, et possèdent donc tout comme nous un droit inviolable à la vie et à la liberté. Il est donc strictement interdit de les blesser, de les tuer, de les enfermer, de les posséder et de les réduire en esclavage. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.64

 

« L’homme blanc (…) ne peut avoir aucun droit, en vertu de sa couleur, à réduire en esclavage et à tyranniser l’homme noir. (…) Pour la même raison, un homme ne peut avoir de droit naturel à maltraiter ou tourmenter une bête. (…) Que nous marchions sur deux jambes ou quatre pattes (…), la nature n’a jamais voulu ces distinctions comme des fondations pour le droit de tyrannie et d’oppression. »

H. Primatt, cité dans Ricard, 2014, p.38


 

Humanisme


Un nouvel humanisme

 

« L’humanité envers les animaux inférieurs est l’une des plus nobles vertus dont l’homme est doté, et il s’agit du dernier stade du développement des sentiments moraux. C’est seulement lorsque nous nous préoccupons de la totalité des êtres sensibles que notre moralité atteint son plus haut niveau. »

Darwin, cité dans Ricard, 2014, p.62

« Si le véganisme est un humanisme, c’est parce qu’il se situe dans la continuité de cette tradition morale inclusive. Les obstacles sont d’ailleurs de même nature que lorsqu’il s’est agi d’inclure les esclaves ou les femmes : des préjugés, des traditions et des idéologies qui obscurcissent notre perception de la réalité. »

Gibert, 2015, p.174

« L’humanisme ’inclusif’ désigne un ensemble de valeurs, de normes et de vertus morales qui sont à la base d’une extension constante du cercle de la moralité. Il défend l’égalité, la liberté et la solidarité et se préoccupe des plus vulnérables. Il est inclusif, car il ne restreint pas a priori le champ d’application de ces valeurs. »

Gibert, 2015, p.173

« Il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent  sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir. »

Marguerite Yourcenar

« Les poissons (ou les bâches, les cochons, les poulets)  sont-ils si éloignés de nous dans l’ordre de la vie ? En sommes-nous séparés par un abîme, ou par une simple branche sur l’arbre de l’évolution ? »

Safran, 2010, p.46

« Ce que nous oublions au sujet des animaux, nous commençons par l’oublier à propos de nous-mêmes. »

Safran, 2010, p.54

« Nous sommes dans l’ensemble de meilleurs humains que nous ne l’étions auparavant, et dans nos rapports avec les animaux, nous avons toute latitude pour continuer de nous améliorer, continuer à éprouver pour eux davantage de considération morale. Je crois au progrès de l’entendement humain. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.92

« C’est une guerre au sujet de la pitié. Cette guerre n’a pas d’âge (…), mais (…) elle traverse une phase critique. Nous la traversons et non sommes traversés  par elle. Penser cette guerre dans laquelle nous sommes, ce n’est pas seulement un devoir, et une responsabilité, c’est une obligation, c’est aussi une nécessité, une contrainte à laquelle, bon gré ou mal gré, directement ou indirectement, nul ne saurait se soustraire. (…) L’animal nous regarde, et nous sommes nus devant lui. »

Derrida, 2006

« Je pense très profondément que les gens qui ont une sensibilité, qui réfléchissent aux choses, doivent en arriver à la conclusion qu’il est impossible d’être bon, d’être pacifique si on tue des animaux. Qu’on ne peut pas se dire épris de justice si on s’empare d’une créature plus faible que soi pour la torturer et la tuer. »

Isaac Bashevis Singer (prix Nobel de littérature en 1978), dans Patterson, 2002

« (…) ce sont bien nos frères et nos sœurs, comme le disait déjà Saint François d’Assise ; il va falloir les traiter autrement. Rien n’arrêtera la révolution des esprits qui a commencé. »

Giesbert, 2016, p.14

« ’Il n’y a pas de meilleure preuve de l’existence que la résistance’, disait Lanza del Vasto, militant de la paix et du combat non violent (…). Chacun peut résister à son niveau, avec ses moyens. On peut comprendre que tout le monde n’ait pas envie de s’engager au point d’aller faucher des OGM au risque de la prison. Mais il est possible d’agir pour préserver sa liberté de choix. Dire non à l’offre marchande où l’utile et le bon sont noyés dans un océan d’inutile mensonger. Le refus est un droit. Et puisqu’on vit mal dans la seule négation, terreau du pessimisme et du repli haineux, on peut dire non d’un côté et oui aux initiatives alternatives, chemins d’optimisme. Il n’existe pas de société sans espoir. Les meilleurs espoirs sont ceux que l’on porte et que l’on partage. »

Luneau, 2015, p.153

« Peter Singer affirme que le devenir de la condition animale est en phase avec les grands mouvements d’émancipation humaine, et qu’elle va, à coup sûr, continuer de progresser. »

Karine Lou Matignon, conclusion de Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.261

« (…) est un pas de plus vers une société moins violente et respectueuse du vivant sous toutes ses formes. Si tel est bien le chemin que nous nous efforçons de suivre, alors il est temps d’assumer pleinement les responsabilités liées à notre statut d’Homo sapiens. D’homme qui sait. Un statut qui nous oblige à mettre notre intelligence au service de la vie et à veiller sur les autres. »

Caron, cité dans Giesbert, 2014, p.51

« Je crois que l’évolution spirituelle implique, à un certain moment, d’arrêter de tuer les êtres vivants que sont les animaux, simplement pour satisfaire nos désirs physiques. »

Gandhi

« Dans leur manufacture à escalope, les veaux au regard d'enfant ne se laissent cependant pas démonter. Quand les lumières s'allument, ils fraternisent, prêts à lécher tout ce qui se présente à eux, mais parfois, quand ils lèvent leur museau humide pour nous observer, leur regard semble accusateur, en tout cas las et fatigué de nous voir. Je crois qu’ils nous méprisent. Ils ont raison. Si on est un homme, on ne peut que détourner les yeux devant les leurs. »

Giesbert, 2016, p.63

« Il faut sauver les condors non pas seulement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver ; car ce sont ces qualités-là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes. »

MacMillan, cité dans Pelt, 2004, p.109


Anthropocentrisme et domination humaine

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

« On a l’impression que si l’on ne domine pas l’autre, il va forcément nous dominer. (…) C’est un combat entre espèces, un combat spéciste. »

Knudsen, 2007

« L’homme occidental, animal qui n’ose pas dire son nom, s’est installé au sommet de la  pyramide du vivant avec le chien et le chat sous prétexte qu’il était, comme eux, carnivore, alors qu’il a l’appareil digestif d’un frugivore comme les singes et les perroquets, même s’il a fini par tourner omnivore comme les porcs et les rats. »

Giesbert, 2016, p.28

« Même si nous nous sommes installés de notre propre chef au sommet de la pyramide, nous ne sommes qu’un élément du vivant. »

Giesbert, 2016, p.88

« Alors que nous consommons chaque année des milliards de bêtes issues de cette terre et de la mer, il est temps que nous descendions de notre piédestal pour les retrouver, les écouter, les comprendre. »

Giesbert, 2016, p.15

« Le fait que ces animaux marginalisés et moins visibles – c’est-à-dire les espèces que nous sacrifions (en les mangeant et en pratiquant sur eux des expérimentations) – ne sont considérés qu’à l’aune de leur valeur pour l’économie et la recherche à des fins humaines est une triste conséquence de notre anthropocentrisme. (…) quand des catastrophes comme des incendies, des inondations et des cyclones se produisent, on ne considère les vies animales qu’en dollars par carcasse. »

Potts, 2016, dans Révolutions Animales, p.489

« (…) la honte d’être un humain (…), la honte d’un massacre systématique perpétré sans aucune raison nutritive, ni pour une quelconque raison politique, ni à cause d’une haine irrationnelle ou d’un conflit humain insoluble. Je ressentais de la honte devant ces morts que ma culture justifiait par une considération aussi dérisoire que le goût du thon en conserve. »

Auteur inconnu

« Dans l’assiette, sous mes yeux, se trouve la fin qui promet de justifier tous les sanglants moyens utilisés dans la salle voisine. »

Safran, 2010, p.224

« Les guerres ne prendront jamais fin tant que les hommes continueront à tuer d’autres animaux pour s’en nourrir, car transformer toute créature vivante en rôti, en steak, en  côtelettes ou toute autre forme de « viande » exige le même type de violence, le même type de carnage et le même type de processus mental que pour faire d’un homme vivant un soldat mort. »

Agnes Ryan, For the Church Door, mars 1943

« (…) À quel point nous sommes régulièrement capables (coupables ?) de renier notre statut d’espèce intellectuellement supérieur. Manger un maximum d’animaux pour avoir l’air malin, c’est le degré zéro de l’évolution. J’y vois même plutôt de la régression. »

Caron, 2013, p.108

« L’homme est violent. Bien plus que la grande majorité des autres animaux qui l’entourent. Ce n’est pas une vision simpliste ou caricaturale ; c’est simplement la vérité. »

Caron, 2013, p.241

« Tant que les humains continueront à faire couler le sang des animaux, il n’y aura pas de paix. Il n’y a qu’un petit pas entre le meurtre des animaux et l’élaboration des chambres à gaz à la Hitler et les camps de concentration à la Staline… Ce genre d’action est mené au nom d’une ’justice sociale’. Il n’y aura pas de justice tant que les hommes arboreront des couteaux ou des fusils et qu’ils détruiront ceux qui sont plus faibles qu’eux. »

Isaac Bashevis Singer

« L’Homme ne connaît pas d’autres intérêts que les siens. »

Auteur inconnu

 « Ce qui est choquant, c’est le fait que les masses sont toujours choquées quand elles sont accusées d’agir mal à propos. Il a fallu 400 ans pour convaincre les Blancs en Amérique de ne pas posséder de Noirs. Et 100 ans de plus pour mettre fin à la ségrégation. (…) N’importe quelle injustice à ce niveau peut seulement se passer si la population générale la soutient ou ignore le problème. Ce qui permet aux acteurs clés de l’exploitation, le gouvernement, la religion, le média, les sociétés de devenir experts dans le mensonge et d’utiliser la propagande et la duperie pour tromper les gens afin qu’ils acceptent l’abus. »

Yourofsky, le discours des excuses

« Savez-vous que toutes les 2,3 secondes, sur cette planète, un humain meurt de faim tandis qu’ici, on se rassemble pour voir sur grand écran qui saura manger 61 hot-dogs en 10 minutes (…) ? »

Yourofsky, le discours des excuses

« Il est intéressant et tragique de constater que 80% des enfants sous-alimentés vivent dans des pays où le surplus des récoltes sert à nourrir des bêtes qui elles-mêmes iront nourrir les pays riches. »

Oppenlander, 2015, p.64

« La façon dont nous traitons nos animaux est ’loin des yeux, loin du cœur’. »

Oppenlander, 2015, p.175

« Nous avons mieux réussi que les autres, voilà tout. Au point de devenir un cas d’école : la seule espèce animale, avec le rat-taupe, à exterminer les siens. »

Giesbert, 2016, p.12

 « Je déplore le sort de l’humanité d’être, pour ainsi dire, en d’aussi mauvaises mains que les siennes. »

Julien Offray de la Mettrie, Œuvres philosophiques, cité dans Paccalet, 2006, p.9

« J’ai cru en l’homme. Je n’y crois plus. J’ai eu foi dans l’humanité : c’est fini. (…)  L’humanité est en train de couler. Elle a de l’eau par-dessus de la ligne de flottaison. »

Paccalet, 2006, p.11

« J’ai milité pour la survie de ma lignée animal mais le genre Homo refuse de regarder en face les calamités qu’il se prépare ou que, déjà, il s’inflige. Il ne supporte même pas qu’on les évoque. »

Paccalet, 2006, p.12

« Je pense, donc j’asservis. Je pense, donc j’exploite et j’humilie.  Je pense, donc je vole et je tue. (…)  L’espèce humaine est affreuse, bête et méchante. Nous avons tous en nous quelque chose d’un peu nazi. (…)  Je cherche l’humanité au fond de l’homme : je n’y vois que la moustache d’Hitler. »

Paccalet, 2006, p.71-73

« Notre suicide nous fascine. Nous pleurons sur la tragédie humaine, mais nous l’accélérons. La maison s’écroule, et nous branchons la télévision. La fumée de l’incendie nous fait tousser, et nous regardons l’élection de Miss Blonde ou la Coupe du monde de football. »

Paccalet, 2006, p.96

« Qu’y a-t-il pourtant de plus abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ? »

Voltaire, cité dans Gibert, 2015, p.7

« La molécule H2O devient un motif de discorde. Jadis, c’était un don du ciel. De nos jours, on y voit une marchandise. Demain, ce sera un premier stratégique… »

Paccalet, 2006, p.113

« Pour le sociologue (…) Nibert, il faut arrêter de penser l’histoire de la domestication comme un conte de fées ’mutuellement avantageux’. C’est d’abord l’histoire d’une espèce qui en asservit d’autres et qui le fait avec violence. »

Gibert, 2015, p.179

« N’est-il pas temps que nous descendions enfin de notre promontoire anthropocentrique d’où, au milieu des nuages, nous avons cessé de voir le monde pour finir par ne regarder que notre nombril ? »

Giesbert, 2014, p.51

« Pourquoi considère-t-on que la vie de celui qui est rationnel, qui a conscience de lui et qui est capable de penser abstraitement vaut davantage que celle de celui qui ne possède pas ces caractéristiques ? Parce que le premier a la capacité d’élaborer des projets d’avenir et de les réaliser : en le tuant, en plus de lui ôter la vie, on le prive de l’accomplissement de tous ses efforts. Il y a donc une perte supplémentaire. Conséquence pour l’animal : ’Cela signifiera en général que s’il nous faut choisir entre la vie d’un être humain et celle d’un autre animal nous devons sauver celle de l’humain ; mais il peut y avoir des cas particuliers où l’inverse sera vrai, quand l’être humain en question ne possède pas les capacités d’un humain normal.’ »

Singer, 1993, cité dans Vilmer, 2008, p.74

« Nous traitons avec condescendance leur état inachevé. Le sort tragique qui les a conduit à une forme d’existence inférieure à nous. C’est là que nous commettons une erreur, une grave erreur. On ne peut pas comparer les animaux aux hommes. Dans un monde plus vieux et plus complexe que le nôtre, ils se déplacent dans leur forme achevée. La nature leur a fait don de prolongements de sens que nous avons perdu ou jamais atteint. Ils entendent des voix que nous n’entendrons jamais. (…) Ils constituent un autre monde. »

Terriens

« Certaines sociétés ont développé des schémas de pensée collectifs qui les incitent à estimer que tous les animaux sont là pour servir les humains (…). »

Ricard, 2014, p.13

« Lorsqu’une société accepte comme allant de soi la pure et simple utilisation d’autres êtres sensibles au service de ses propres fins, n’accordant guère de considération au sort de ceux qu’elle instrumentalise, ses principes moraux sont mis à rude épreuve. »

Ricard, 2014, p.111

« Encore une fois, le fait de ne pas savoir ce que d’autres font pour nous, de ne pas être informés, loin de constituer une excuse, représente une circonstance aggravante pour les êtres doués de conscience, de remémoration, d’imagination et de responsabilité qu’à juste titre nous prétendons être. »

De Fontenay, 2008, Sans offenser le genre humain Réflexions sur la cause animale, Albin Michel, p.205.

« C’est horrible ! Horribles sont, non pas les souffrances et la mort des animaux, mais le fait que l’homme, sans aucune nécessité, fait terre en lui son sentiment élevé de sympathie et de compassion à l’égard d’êtres vivants comme lui et devient cruel en se faisant violence. »

Giesbert, 2014, p.132

« Il n’y a ainsi rien d’étonnant que ceux qui continuent de manger des animaux se refusent de considérer l’innommable horreur que leur acte implique, préférant ainsi rester les otages consentants (…). Oui c’est aussi l’humanité qu’on assassine. »

Hélayel, 2015, p. 106

« Quel esprit a pu concevoir une telle horreur ? Combien de barrières d’humanité a-t-il fallu franchir pour qu’un être puisse élaborer de tels outils ? »

Hélayel, 2015, p.176

« Il est injuste d’aimer son chien et de manger une poule (…) Celui qui agit ainsi insulte son intelligence par une limite sectaire. »

Hélayel, 2015, p.198

« Ils ressentent la faim, la soif,  la peur, la douleur, mais n’ont ni la raison ni la parole. Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, torrés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos,  les delphinariums, abandonnés, méprisés… NIES.  À poils,  à plumes ou à écailles. Les animaux. La dernière des minorités. »

Luce Lapin

Sciences

 

« La science actuelle ne peut plus accepter l’idée d’une différence de nature entre l’homme et les autres espèces animales. »

Gibert, 2015, p.22

« Au sein de cette lente évolution, nul « moment magique » qui permettrait de nous conférer une nature fondamentalement différente des nombreuses espèces d’hominidés qui nous ont précédés. Rien qui ne justifie un droit de totale suprématie sur les animaux. (…) il n’y a aucune justification morale au fait d’imposer sans nécessité la souffrance et la mort à qui que ce soit. »

Ricard, 2014, p.16

« Les animaux, dont nous avons fait nos esclaves, nous n’aimons pas les considérer comme nos égaux. »

Darwin, cité dans Ricard, 2014, p.24

« Nous sommes conditionnés à ne voir chez ces animaux que des objets de consommation. La science nous révèle des individus aux aptitudes surprenantes. »

Armengaud, 2016, dans Révolutions Animales, p.213

« Sacrifiés au nom du folklore, de mythes archaïques ou du productivisme, les animaux continuent encore au XXIe siècle de subir les pires cruautés. Une contradiction étonnante entre ces faits et la réalité scientifique qui nous révèlent leur intelligence et leur individualité. »

Armengaud, 2016, dans Révolutions Animales, p.333


 

Écologie

 

« Ce n’est pas indispensable de manger des animaux, nous en faisons juste le choix. Cela devient donc un choix moral, celui de choisir un mode de vie ayant un énorme impact sur la planète, utilisant d’énormes ressources primaires et détruisant la biosphère. »

James Cameron

« L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture déclare que l’élevage produit plus de gaz à effet de serre que ne le fait la combustion des énergies fossiles utilisées pour le transport. D’après les estimations du WorldWatch Institute, l’élevage émet 51% du total mondial des gaz à effet de serre engendrés par les activités humaines. »

Francione & Charlton, 2015, p.24

« À cause du phénomène de bioconcentration, la viande contient environ 14 fois plus de résidus de pesticides que les végétaux, les produits laitiers 5 fois plus. Les polluants organiques persistants s’accumulent en effet dans les tissus graisseux des animaux et entrent ainsi dans l’alimentation humaine. (…) Aux États-Unis, 80% des antibiotiques sont utilisés dans le seul but de maintenir en vie des animaux dans les systèmes de production industrielle jusqu’au moment où ils seront tués. Les grandes entreprises de production animale ne pouvant pas traiter individuellement les individus malades, on ajoute des quantités massives d’antibiotiques dans leurs aliments. »

Ricard, 2014, p.103

 

« L’empreinte écologique de l’alimentation végétalienne est la plus faible qui soit. »

Hélayel, 2015, p.320

« Le nombre d’espèces avec lesquels nous partageons la planète décroît au rythme de l’augmentation de la population humaine. »

Lester R. Brown

« L’eau est une denrée précieuse. Elle sera l’un des enjeux des décennies à venir. »

Caron, 2013, p.46

« Apprenti sorcier, l’homme est devenu une force géologique. Il modifie la nature, et les saisons.  Que reste-t-il de l’âge d’or de la forêt ? Il y a 10'000 ans s’étendait ici une forêt peuplée d’animaux sauvages. (Paris) Si nous sommes capables de construire des villes éternelles, nous devons être capables de préserver la part sauvage de notre monde. Quel regard portons-nous sur nos compagnons de planète ? Ceux dont nous devrions partager le territoire ? Menacée, attaquée de toutes parts, la nature n’a pas encore abdiqué. Il n’est pas trop tard. Elle résiste. Notre histoire commune avec les animaux a été longue et tumultueuse. Au printemps de ce nouveau siècle, une alliance est encore possible. »

Film Les saisons

« En évitant de consommer 1 kg de viande, on économise plus d’eau qu’en ne se douchant pas pendant un an. »

Oppenlander, 2015, p.67

« Cette exploitation folle est la cause de tous les problèmes, pollution de l'eau, pollution de l'air, déforestation, effet de serre, raréfaction de l'ozone protecteur, et disparition des espèces animales, dont nous massacrons des populations entières et dont nous grignotons peu à peu les territoires, jusqu'à leur rendre la vie impossible. Pourtant, il reste encore aujourd'hui assez de superficies pour que chaque espèce puisse jouir en paix de sa liberté dans son territoire. Mais les limites ultimes sont atteintes ; nous courons aux catastrophes en allant plus loin. »

Jean Claude Nouët

« Pour chaque hectare de forêt vierge que l’on détruit pour faire place à l’élevage, la planète perd une partie de ses poumons. »

Oppenlander, 2015, p.47

« Sur notre planète, les jours du géant vert sont comptés. L’énoncé du problème est simple : sachant que, dans quelques décennies, la sylve des Papous ne sera plus qu’un souvenir, à quelle autre forêt vierge allons-nous attaquer ? La réponse claque comme une gifle : aucune ! C’était la dernière. »

Paccalet, 2006, p.34

« Notre espèce ne survivra pas au désastre qu’elle provoque. Nous n’en avons plus pour très longtemps. »

Paccalet, 2006, p.39


 

L’animal


Intelligence animale

« Michaël, un gorille orphelin ramené d’Afrique, avait appris le langage des signes, lui aussi. (…). Un jour, il signifia qu’il était triste. Quand Francine Patterson lui demanda pourquoi, il aligna de nouveaux signes : ’mère tuée, forêt, chasseurs’… »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.107

 

« Les truies savent-elles ce qui attend leurs petits ? Non et oui. Non : elles ne peuvent pas le savoir. Oui : à peine viennent-ils de naître qu’ils leur sont arrachés, elles les entendent hurler. Les animaux castrés qui attendent dans le noir la fin de l’engraissement mesurent-ils ce qu’ils perdent ? Et les femelles inséminées qui ne connaîtront jamais de mâle, juste les mises bas à répétition, jusqu’à ce que leurs entrailles fatiguées les condamnent à la réforme ? Vierges folles, bêtes vierges, la vie qu’elles ne vivent pas les fait-elle hurler ? Souffrent-elles de cette souffrance monstrueuse qui ne vient pas d’être condamnée, mais de se savoir anéanties ? (…) Oui : leur instinct se retourne en permanence contre elles, les plus intelligentes deviennent folles les premières. Oui : les porcs se mettent au garde-à-vous devant l’homme comme des centaines de prisonniers. (…) C’est le piège qui se referme sur les animaux, comme sur tous ceux qui sont privés de parole, dans la possibilité de prouver par un discours l’existence de leur subjectivité. Alors on suppose, comme si cela allait de soi, qu’ils souffrent moins. Que l’absence de paroles leur interdit l’accès à la souffrance monstrueuse, humaine et monstrueuse, de savoir ce qu’on leur fait. Ils ne se rendent pas compte, dit-on. (…) L’anthropomorphisme n’est pas la question. La vraie question est de savoir à quoi servent les morts. Si la parole ne sert pas à supposer l’intériorité, à la restituer, à l’amplifier, mieux vaut faire vœu de silence. »

Giesbert, 2014, p.98

 

« Les animaux et les hommes (…) On partage le cerveau des émotions, on partage le cerveau de certaines représentations, l’anticipation du temps, la mémoire de l’odeur, la mémoire de l’espace. »

Boris Cyrulnik

Apprentissage social : « Lorsqu’on y regarde de plus près, on remarque que les poulets sont loin d’être stupides. Ils apprennent remarquablement vite, et font preuve d’une grande adaptabilité. Ils n’apprennent pas que par eux-mêmes, ils apprennent aussi les uns des autres, ce qui est une preuve d’intelligence. »

Christine Nicol

À propos des poules « Elles savent prendre des décisions et agir en fonction d’une expérience personnelle. Elles peuvent également faire preuve de compassion envers un congénère en danger. »

Aymeric Caron

« (…) les neurones des pieuvres, des perroquets et des humains ne sont pas d’une nature différente. Ce fait peut égratigner notre amour-propre en tant qu’espèce particulièrement vaniteuse, il n’en reste pas moins une réalité indéniable. »

Christen, 2016, dans Révolutions Animales, p.95

« Des macaques ayant découvert que les patates lavées à l’eau de mer étaient meilleures que couvertes de poussière l’enseignèrent à leurs enfants. »

Les Désobéissants, 2014, p.11

« Le cochon est l’un des animaux « avec le grand singe, le dauphin et l’éléphant notamment, à avoir conscience de sa propre existence : il reconnaît son image dans un miroir. »

Giesbert, 2016, p.33

« Seules des raisons mécaniques, en particulier une position du larynx et du pharynx inadéquate chez les primates non humains, les empêchent de parler. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.227

« Les poulets peuvent reconnaître individuellement jusqu’à 90 autres poulets et savoir pour chacun d’eux s’il leur est supérieur ou inférieur dans l’ordre social du piquage. (…) Les poulets ont conservé la capacité de comprendre des cris d’alarme différents, selon que la menace vient du ciel (…), ou de la terre (…). »

Étude de Susan Milius (1998), citée dans Singer & Mason, 2015, p.51

« L’idée de l’existence d’une pensée animale a été pendant longtemps considérée comme une erreur scientifique. Ce déni de leurs compétences perdure encore aujourd’hui. Le seul fait de considérer un animal comme une nourriture suffit à lui retirer toutes ses facultés mentales. »

Chauvet, D. (2016). Révolutions Animales, p.350

Empathie

 

« Un cochon nain (…) a sauvé en 1999 la vie de Joanne Altsmann. Le jour où celle-ci a été victime d’un infarctus, Lulu est sortie de la maison et est allée se coucher sur la route, obligeant une voiture à s’arrêter, puis a guidé le conducteur vers la maison. »

PEA


Vie subjective

 

« Être sentient, c’est avoir conscience de la souffrance et du plaisir, c’est être un ’je’ doté d’une expérience subjective du monde »

Francione

« Derrière chaque morceau de chair se cache un être singulier à la vie irremplaçable, un sujet dont la mort fut irréversible et a constitué un tort irréparable. »

269 Life

« Les animaux des autres espèces ne sont pas des numéros sans visage, ils existent en première personne et sont proches à certains égards de l'homme, notamment de par leur constitution psychophysique. Ils ne sont pas ’du’ poulet, ’du’ cochon ou ’du’ poisson, mais chacun d'entre eux est un sujet possédant un bien-être individuel qui lui importe, ayant des intérêts propres et une vie mentale. En rapport avec leur aptitude à agir de manière autonome et à percevoir leur monde en tant que centre, leur bien-être est semblable au bien-être humain en des aspects essentiels du fait qu’ils éprouvent la qualité de leur vie en tant qu'individus et qu'ils ont un type d’intérêts qui durent dans le temps et peuvent être vécus. »

269Life

« (…)  êtres qui vivent leur vie de façon subjective, pour lesquelles la vie peut s’améliorer ou se détériorer, sont des sois et non des choses.  Ces êtres font l’expérience de la vulnérabilité face au plaisir et à la douleur, à la frustration et à la satisfaction, à la joie et à la souffrance, à la peur et à la mort. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.43

« Comme nous, ces animaux incarnent le mystère et le miracle de la conscience. Comme nous, ils font non seulement partie du monde, mais ils en sont aussi conscients. Comme nous, ils sont le centre psychologique d’une vie qui leur appartient. »

Terriens

« Dans un élevage de 100’000 poules, il y a 100’000 individus. Ils se ressemblent, puisqu’ils sont tous de la même espèce et qu’ils sont placés dans le même environnement. L’éleveur voit ses poules comme une masse indifférenciée. Mais celles-ci sont toutes particulières. Quiconque se donne la peine de les regarder peut s’en apercevoir. »

Aymeric Caron

« Dire que les animaux, qui sont sentients, n’ont pas envie de poursuivre leur existence est dingue. C’est comme dire que les êtres qui ont des yeux n’ont pas envie de voir. La sentience est une fin en soi, qui permet une existence continue. »

Live and let live

« Il n’est point permis de supposer l’esprit dans les bêtes (…). Tout l’ordre serait aussitôt menacé si on laissait croire que le petit veau aime sa mère, ou qu’il craint la mort, ou seulement qu’il voit l’homme. L’œil animal n’est pas un œil. L’œil esclave non plus n’est pas un œil, et le tyran n’aime pas le voir. »

Alain

« Le scénario reste le même. (…) Le violeur agit de la sorte envers sa victime, le pédophile envers l’enfant, le maître envers l’esclave. Dans tous ces cas, les humains qui ont du pouvoir exploitent ceux qui n’en ont pas. (…) Les humains, comme les animaux, ont des besoins et des perceptions communes. Les besoins de manger, de boire, de s’abriter, et de vivre la compagnie, d’être libre et d’éviter la souffrance. (…) Quant à la compréhension, nombreux sont les animaux qui, comme les humains, comprennent le monde dans lequel ils vivent et évoluent. Sinon, ils n’auraient pas pu survivre. »

Terriens

« Ils ne sont pas seulement vivants. Ils sont sujets d’une vie. »

Live and let live

« Si les élevages et les abattoirs se suivent et se ressemblent, toujours un élément particulier nous rappelle que les animaux se comptent un par un : un porcelet plus téméraire se rapproche de notre caméra, un lapereau rampe sur les barreaux de sa cage pour tenter d’atteindre les mamelles de sa mère, une poule morte se décompose à l’intérieur de la centième cage du septième étage d’une batterie de cage, un lapin tombé d’une caisse se lèche les poils ensanglantés juste au-dessous du poste d’abattage… »

L214

 

« Les témoignages sont éminemment précieux. Grâce à eux, la résistance des animaux qui tentent désespérément d’échapper à ce à quoi ils assistent les uns à la suite et à la vue des autres, dans l’odeur du sang, le bruit des machines et les cris de ceux qui ’passent’, par des mouvements aussitôt écrasés par l’implacabilité de bras armés qui tuent à une cadence inouïe, ou par des tentatives de fuite jusque dans les rues, nous fait face »

Burgat, F. (2012), Une autre existence, Albin Michel, p.377

« Chaque jour, des individus singuliers, des êtres sensibles, disparaissaient dans cette machine à tuer. Ils agonisaient derrière ces murs sans fenêtres. Et la seule justification de leur mise à mort ? Ils n’étaient pas de notre espèce. Ils n’étaient pas assez comme nous. »

Gibert, 2015, p.216


Vie émotionnelle

 

« Un être dit ’sensible’ est un organisme vivant capable de faire la différence entre un bien-être et une douleur, entre plusieurs façons d’être traité, c’est-à-dire entre différentes conditions propices ou néfastes à sa survie. Il est aussi capable de réagir en conséquence, c’est-à-dire d’éviter ou de s’éloigner de ce qui pourrait interrompre son existence et de rechercher ce qui la favorise. »

Ricard, 2014, p.53


Relations, solidarité et empathie

 

Vie relationnelle

« Les vaches ont une vie émotionnelle intense. Elles se lient d’amitié avec deux, trois ou quatre autres vaches et, si elles le peuvent, elles passent la majeure partie de leur temps ensemble, se léchant et se toilettant souvent l’une l’autre. D’autre part, elles peuvent développer des antipathies envers d’autres vaches et leur garder rancœur pendant des mois, voire des années. »

Singer & Mason, 2015, p.124

« Les poissons (…) entretiennent des relations monogames, chassent en collaboration avec d’autres espèces. (…) Ils se reconnaissent mutuellement en tant qu’individus (et se souviennent de ceux à qui ils peuvent faire confiance ou non). Ils (…) sont conscients du prestige social et rivalisent pour une meilleure position par des stratégies de manipulation, de punition et de réconciliation. »

Safran, 2010, p.86

« Les poissons (…) sont experts dans la transmission du savoir par le biais de réseaux sociaux et sont capables de perpétuer ce savoir  d’une génération à l’autre. Il possède même ce que la littérature scientifique appelle ’de vieilles traditions culturelles’ concernant les trajets vers les sites de nourriture, de formation des bancs, de repos ou d’accouplement. »

Safran, 2010, p.86

« Les poulets peuvent se transmettre un savoir de génération en génération. Ils sont également capables de tromperie. »

Safran, 2010, p.86

« Les animaux sociaux (moutons, poules, vaches, pigeons, éléphants, poissons…) reconnaissent leurs congénères individuellement (…). Les moutons peuvent reconnaître et mémoriser le visage de plusieurs dizaines d’entre eux (et d’au moins 10 humains)  pendant plus de deux ans. Les poules peuvent reconnaître leurs congénères à des âges différents et sont même capables de les identifier à partir de la photographie d’une partie de leur corps seulement ! »

Les Désobéissants, 2014, p.9

Chèvres : « (…) Une vieille chèvre qui, chaque jour, quand elle voulait être tranquille (…), allait dans un des box et fermait la porte à loquet derrière elle. Ainsi, elle pouvait se reposer en paix sans que les chèvres plus jeunes et plus dominantes qu’elle la dérangent. (…) une autre chèvre, qui chaque soir, à l’heure de rentrer dans l’étable pour la nuit, rejoignait son box et fermait la porte, jusqu’à ce que son compagnon arrive. Là, elle lui ouvrait la porte puis la refermait avec son loquet. »

Briefer, 2016, dans Révolutions Animales, p.55

Solidarité et empathie

« (…) au-delà de la loi de la jungle, face aux comportements agressifs et compétitifs, l’évolution n’a cessé de mettre en œuvre, les déséquilibrant du même coup, des mécanismes et des comportements coopératifs, créant des symbioses élaborées et d’étroites solidarités entre individus et espèces. À chaque étape de l’évolution des êtres vivants, dans tous les écosystèmes (…), ces solidarités apparaissent en fait comme le vrai moteur de la vie. »

Pelt, 2004, p.8

« Les porcs sont capables de porter secours à d’autres porcs en détresse (…) et lorsqu’ils parviennent à sortir de leur cage, ils vont parfois libérer les autres. »

Safran, 2010, p.86

« (…) beaucoup d’animaux font preuve d’empathie. Ceci est bien documenté dans le cas des singes, des éléphants et des cétacés, ainsi que chez les rats et cela vaut aussi sans doute pour tous les mammifères sociaux. »

Christen, 2016, dans Révolutions Animales, p. 92

« Certains oiseaux voyagent mentalement, c’est-à-dire qu’ils peuvent se représenter un passé et un futur. (…) Certains singes et certains dauphins expriment même une conscience de leur savoir, la métacognition. (Yves Christen) Les éléphants se parlent grâce à des sons que l’oreille humaine ne peut pas toujours percevoir. C’est ainsi qu’ils s’identifient et se reconnaissent. Ils peuvent garder en mémoire une centaine de voix donc ils connaissent le propriétaire. Ils se souviennent même de la voix d’un éléphant mort deux ans plus tôt. Les éléphants gardent également en mémoire le mal qu’on a pu leur faire, et ils sont capables de se venger bien plus tard, lorsque le cas on se présente. Ils développent des liens familiaux très forts, et les relations entre groupes sont faites de respect et de politesse. Les chimpanzés rient quand ils jouent. (…) le rire a aussi été identifié chez des animaux beaucoup moins proches de nous, comme les rats. Quant à l’amour, il existe bien aussi chez les animaux. (…) Chez les baleines, des cas d’amour passionnel ont été observés. (…) les moutons manifestent des préférences (…) règlent les conflits de manière pacifique en se frottant mutuellement les joues. (Thelma Rowell) une vache peut répondre à son prénom, obéir à des ordres et communiquer avec les hommes. (…) On sait depuis longtemps que les baleines communiquent avec un réseau de sons très complet et qu’elles ont une organisation sociale poussée. Mais on sait aussi désormais qu’elles ressentent le même type d’émotions que les grands singes ou… les humains. »

Caron, 2013

« (…) ici-bas, la loi n’est pas toujours régie par la loi du plus fort. Les animaux aussi se serrent les coudes. »

Giesbert, 2016, p.95


Attachement mère-enfant

 

« Les poussins sont serrés en groupe, endormis sous les lampes à chaleur installées pour remplacer celle que leur aurait procuré leurs mères. D’ailleurs, où sont-elles, les mères ? »

Safran, 2010, p.116

« Lorsque, accidentellement ou expérimentalement, un animal est privé de sécurité maternelle au cours des premiers jours et des premiers mois de sa vie, les voies nociceptives vont être plus faciles à alerter, c’est-à-dire qu’une simple stimulation va faire souffrir intensément l’animal. Si, au contraire, il a été bien enveloppé par sa mère ou un substitut de mère, on constate que les mêmes voies de la douleur transportent une information de manière beaucoup moins intense. Des études canadiennes ont ainsi montré la détresse et le traumatisme des vaches séparées de leur veau et menées dans des salles de traite le lendemain même de la naissance de leur petit. En procédant de la sorte, on vide le monde de la mère et du tout jeune animal, et l’on provoque une souffrance très intense, un vrai désespoir. Ce ne sont pas les voies nociceptives qui sont cette fois stimulées, mais bien la représentation. Tous deux sont privés de ce qui faisait sens pour eux. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.245

« (…) l’altruisme des mères qui transcendent les limites de leur espèce pour sauver et élever d’autres petits, la solidarité de troupeaux entiers envers l’un de leurs estropiés, le rôle de sage-femme endossé par une chauve-souris, la compassion d’une femelle gorille qui sauve un petit garçon, le Jack Russel devenu guide pour son ami aveugle (…) l’histoire de cette ’mère courage’ qui a affronté les brûlures des flammes et sauvé ses petits. »

Hélayel, 2015, p. 99

« (…) l’ensemble des animaux que nous mangeons, meurent très jeunes. Elles auraient pu vivre plusieurs années de plus avant de rencontrer une autre forme de mort, des années où elles auraient mûri, vécu des relations sexuelles et (pour les femelles), pris soin de leurs enfants. »

Singer & Mason, 2015, p.482


Souffrance animale

 

« Nous créons la souffrance animale et nous la banalisons, nous n’avons même plus de sensibilité (…) Ce que je trouve effrayant, c’est la banalisation de cette souffrance. Au nom de la rentabilité, on fabrique de véritables camps de concentration, on enferme par exemple des veaux dans des cadres pour que leur viande soit blanche et je ne parle pas du sort que nous faisons subir aux malheureuses poules pondeuses (…) Nous nous donnons le droit de les brutaliser, de les faire souffrir de mille et mille façons. Je trouve cela lâche, car nous avons affaire à l’innocence. Face à l’Homme, les animaux sont des innocents persécutés. »

Pierre Rahbi

« Il est devenu tellement banal de consommer des aliments d’origine animale que beaucoup d’entre nous ont simplement oubliée d’où ils proviennent. Mais chaque morceau de viande, chaque œuf, chaque verre de lait, ou morceau de fromage est issu d’une vie d’exploitation, et dans la majeure partie des cas, de souffrances pour un animal. »

Kate Amiguet

« Si un animal souffre, sa douleur importe autant que si elle était ressentie par un humain. (…) la douleur ressentie par un bébé est un mal, même si ce bébé n’a pas plus de conscience de soi que, disons, un cochon, et n’a pas davantage de mémoire ou de capacité d’anticipation que lui. (…) l’expérience de la douleur est un mal, et qu’à niveau de douleur similaire, cette expérience est également indésirable, quelle que soit l’appartenance d’espèce de l’individu qui la vit. »

Singer & Mason, 2015, p.474

« L’homme n’a malheureusement pas le monopole de la vulnérabilité et de la souffrance. »

Gibert, 2015, p.30

« Les animaux peuvent aussi souffrir de stress, de confusion mentale après un choc émotif, comme la perte d’un être d’attachement. (…) les oiseaux et les mammifères supérieurs témoignent d’une différence de perception entre un être vivant et son cadavre, et ils sont capables de souffrir de l’absence de l’individu auquel ils étaient attachés alors même que le corps est encore là. Ils se représentent la mort et souffrent de ce manque. Certains recouvrent les corps avec des herbes et des branchages comme les éléphants, les grands singes et les corvidés. Dans un groupe social, la mort d’un individu ne passe pas inaperçue, elle provoque une désorganisation longue à apaiser. »

Cyrulnik, Fontenay & Singer, 2013, p.245

« Notre tolérance des petites souffrances du quotidien est parfois proche du zéro absolu. Cette exigence ne s’étend malheureusement pas plus loin qu’aux contours de notre corps, de notre famille, de nos petites possessions. »

Hélayel, 2015, p.219

«Les cages des poules pondeuses au Japon peuvent être empilées sur 18 niveaux, dans des hangars dépourvus de fenêtres. On y est si serré que parfois vos pieds ne touchent pas le sol. Ce qui est une sorte de bénédiction, car le plancher incliné des cages est fait d’un grillage métallique qui entaille les pattes. Au bout de quelque temps, les individus confinés dans cet ascenseur vont perdre la capacité à oeuvrer dans l’intérêt du groupe. Certains vont devenir violents, d’autres fous. Quelques-uns, faute de nourriture et d’espoir, deviendront cannibales. Il n’y a aucun répit, aucun soulagement. »

Safran, 2010, p.64

« (…) le sentiment que la souffrance animale est tout simplement d’un ordre différent, et par conséquent n’est pas vraiment importante (même si elle est regrettable). » 

Safran, 2010, p.101

« Pas une dinde de supermarché ne serait capable de marcher correctement, encore moins de courir ou de voler. Vous le saviez ? Elles n’ont même pas le droit d’avoir des rapports sexuels entre elles. Elles sont toutes le même code génétique absurde et leur organisme n’est plus capable de faire tout ça. Toutes les dindes vendues dans le commerce ou servies à une table de restaurant ont été obtenues par insémination artificielle. (…) C’est parce que ces animaux ne peuvent tout simplement plus se reproduire de façon naturelle. »

Safran, 2010, p.147

« (…) tous les oiseaux proviennent de manipulation génétique à la Frankenstein ; tous sont confinés ; aucun ne profite de la brise ou de la chaleur du soleil ; aucun n’est capable d’adopter l’ensemble (voire un seul) des comportements spécifiques à son espèce tel que construire un nid, se percher, explorer les alentours et former des unités sociales stables ; la maladie est généralisée ; la souffrance est toujours la règle ; les animaux ne sont jamais plus qu’un item, un poids ; leur mort est invariablement cruelle. »

Safran, 2010, p.190

« Il est fréquent que les producteurs élèvent des animaux qui souffrent plus par ce que leurs organismes présentent également des traits qui conviennent à l’industrie et aux consommateurs. (…) Presque tous les animaux d’élevage (…) sont voués à souffrir du fait de leur conception. L’élevage industriel (…) a engendré de nouvelles créatures, parfois monstrueuses. »

Safran, 2010, p.217

« Les races de cochon de l’élevage industriel ont subi tant de modifications génétiques que, la plupart du temps, ceux-ci doivent être élevés dans des bâtiments où la température est contrôlée, à l’abri du soleil et des changements de saison. Nous élevons des créatures incapables de vivre ailleurs que dans les environnements les plus artificiels. Nous avons concentré la formidable puissance de la génétique moderne pour créer des animaux qui souffrent plus. »

Safran, 2010, p.219

« Prenons le cas d’une truie en gestation. Son incroyable fertilité est la source de l’enfer qu’elle vit. »

Safran, 2010, p.245

« Autrefois, vous avez été vivante, vous avez souffert, et maintenant, vous êtes au-delà du mal. Il ne reste aucune trace, nulle part, des tortures qu’on vous a infligées, de vos contorsions pour y échapper. Y a-t-il une pierre tombale quelque part dans le cosmos sur laquelle est écrit qu’une vache nommée Kvyatule s’est laissé traire pendant 11 ans ? »

Patterson, 2008, p.242

« J’ai compris ce jour-là, à travers ses yeux fatigués et implorants, que le regard d’un animal parle autant que celui d’un humain. »

Caron, 2013, p.55

« Les chercheurs ont déjà trouvé le moyen de créer des hublots dans le flanc de certaines vaches pour accéder directement à la panse de l'animal en y plongeant le bras, ce qui permet d'observer la digestion des aliments et ainsi d'améliorer la production de lait. »

Caron, 2013

« Comme les consommateurs préfèrent la viande rosée, presque blanche, les éleveurs évitent de nourrir les veaux avec du foin, car celui-ci contient du fer qui fait rougir la viande. La viande rosée est en fait une viande anémiée. »

Caron, 2013, p.105

La souffrance, même si elle est la même chez l’Homme que chez l’animal, peut ne pas être partagée de la même manière : on trouve deux différences essentielles. « D’une part, la connaissance humaine peut être source de souffrance. Le veau ne souffre pas de savoir qu’il va mourir dans deux jours, car il ne le sait pas. Un homme à sa place en souffrirait – de sorte que le couloir de la mort constitue en soi une peine préalable, et la peine capitale s’en trouve doublée. D’autre part, l’ignorance animale peut elle aussi être source de souffrance. L’animal sauvage, contrairement à l’homme, ne peut pas distinguer entre une tentative de le capturer pour le détenir et une tentative de le tuer. Sa terreur sera aussi grande, quel que soit le cas. »

Vilmer, 2008, p.53

« (…) sont des animaux sociaux qui ne sont pas faits pour être isolés. Alors, sous l’effet du stress, ils passent une partie de leur temps à mâchonner leurs barreaux et ont parfois des gestes nerveux  répétitifs. Le nombre moyen de portée par ans est de 2,5. Il y a au moins 20% de pertes parmi les porcelets. Beaucoup d’entre eux meurent écrasés par leur mère, qui n’a pas assez de place pour bouger. Les truies sont souvent sous-alimentées, pour faire des économies. Elles sont réformées au bout de trois années de mise bas, et finissent dans des saucisses ou du pâté. La plupart d’entre elles sont littéralement traînées à l’abattoir, avec des treuils par exemple, parce qu’elles n’ont plus la force de marcher. Les porcelets, quant à eux, ont une existence qui commence dans la souffrance. Leur queue est coupée, leurs testicules enlevés, leurs dents limées, le tout sans aucune anesthésie évidemment. Les opérations se font dans les hurlements : la douleur des petits s’ajoute à la colère des mères. Au bout de quatre semaines (en principe, le sevrage naturel se fait progressivement en trois ou quatre mois), les porcelets partent à l’engraissement. (…) l’odeur nauséabonde, irritante, et l’air irrespirable. Et le manque de lumière. Et l’ennui toute la journée. Qui rend agressif. Chaque jour des porcs meurent à cause de leurs conditions de ’détention’, avant le délai des six mois au bout desquels ils sont envoyés à l’abattoir. »

Caron, 2013, p.107

« N’oublions pas qu’il y a quelques dizaines d’années seulement, on pensait sérieusement que les bébés ne ressentaient pas la douleur (…). Comme les animaux, les bébés ne peuvent nous dire ce qu’ils ressentent avec notre langage. »

Caron, 2013, p.257

« Les animaux peuvent souffrir autant que les humains. Leurs émotions et leur sensibilité sont souvent plus fortes que celles des êtres humains. »

Patterson, 2008, p.276

« Privés de liens sociaux, ils manifestent les signes de la dépression (léthargie, pâleur, nageoire flasque…). Enfermés, ils souffrent d’ennui. »

Les Désobéissants, 2014, p.11

« Une pierre n’a pas d’intérêts, parce qu’elle ne peut pas souffrir. Rien de ce que nous pouvons faire ne peut avoir de conséquences pour son bien-être. Une souris, au contraire, à un intérêt à ne pas être tourmentée, parce que si on la tourmente, elle souffrira. »

Singer, 2011, p.17

« La douleur et la souffrance sont des choses mauvaises, qui doivent être prévenues ou minimisées, quels que soient la race, le sexe ou l’espèce de l’être qui les ressent. »

Singer, 2011, p.24

« La douleur est de la douleur, quelles que soient les capacités de I’être qui la ressent, dès lors qu’il possède la capacité à la ressentir (…). »

Singer, 2011, p.24

« La grande majorité des animaux destinés à la consommation sont aujourd’hui maltraités. Pour eux, l’inconfort est la règle et la douleur routinière ; leur croissance est anormale et leur alimentation contre nature. La maladie est fréquente et le stress presque constant. »

Hugh Fearnley-Whittingstall, The River Cottage Meat Book, Hodder and Stoughton, Londres, 2004, p.24, cité dans Singer & Mason, 2015, p.464

« Notre nourriture est produite dans la douleur. Nous savons que si quelqu’un nous propose de nous montrer un film sur la façon dont notre viande est produite, ce sera un film d’horreur. Nous en savons peut-être plus que ce que nous sommes prêts à admettre, repoussant cela dans quelque recoin sombre de notre mémoire – le reniant. Lorsque nous mangeons de la viande issue de l’élevage industriel, nous nous nourrissons littéralement de chair torturée. Et de plus en plus, cette chair devient la nôtre. »

Foer, 2010, p.119

« Aucune civilisation n’a jamais infligé d’aussi dures souffrances aux animaux que la nôtre, au nom de la production rationnelle ’au coût le plus bas’. (…) N’ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. (…) Pour ces millions, pour ces milliards d’animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu’à la mort, est un supplice de chaque seconde. »

Armand Farrachi

« (…) savent-ils que les animaux peuvent souffrir de troubles du développement quand leur milieu précoce a été appauvri, quand ils ont été isolés lors d’une période sensible, quand ils sont déchirés par une perte affective ou quand une émotion violente les rend confus d’angoisse ? Cette souffrance psycho-émotionnelle, nous la partageons avec eux (…). »

Cyrulnik, 2016, dans Révolutions Animales, p.390

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

expérimentation animale en Suisse

« En 2014, 606’505 animaux ont été utilisés dans le domaine de l’expérimentation animale, ce qui représente une augmentation de 2,8% par rapport à 2013. (…) En 2014 également, la plupart des animaux utilisés étaient des rongeurs (78,8%). Les autres espèces utilisées étaient des oiseaux, animaux de compagnie et de rentes, des lapins, des amphibiens, des primates et d’autres mammifères. »

Swissveg, édition 78. Source : OSAV (2015

« Selon les statistiques de l’OSAV, entre 200 et 300 primates sont expérimentés chaque année en Suisse. Parmi les 3’439 primates utilisés entre 2010 et 2015, 1’043 animaux ont subi une expérience contraignante. 26 primates ont été soumis à des expériences très contraignantes, pouvant entraîner leur mort (gradation 3). Trois cantons mènent des expérimentations sur les primates en Suisse : Bâle-Ville, Zürich et Fribourg. »

LSCV, n.53

Origine des primates pour la recherche en Suisse : « Ils sont souvent capturés dans la nature, car ils se reproduisent mal en captivité. La Suisse contribue donc à la capture et à la décimation de groupes entiers de primates dans leur milieu naturel, en Asie et sur l’Île Maurice. Ils sont piégés, transportés dans des sacs en jute, vendus, puis transportés vers l’Europe. Ils passent par plusieurs semaines en quarantaine, pour des tests sanitaires, en France ou en Allemagne. Puis les individus sains nous sont livrés, les autres sont éliminés. Les chiffres sur l’Île Maurice : 2’000 personnes travaillent pour ce commerce. 8’000 femelles reproductives en captivité. 50’000 singes actuellement élevés dans des fermes. 60’000 macaques sauvages vivent sur l’île. Dans les élevages à Maurice, on constate une forte mortalité induite par des sevrages précoces ou le stress dû à la captivité. »

LSCV


Abattoirs
 

« Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien. »

Paul McCartney

« L’abattoir est un lieu terrifiant où tout est possible, surtout le pire, notamment quand il produit du hallal. »

Giesbert, 2016, p.136

« J’aimerais ajouter que, sur le problème des abattoirs… c’est un énorme problème, et le public n’est pas informé ! Il tient également à vous de les informer. »

Docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA, dans Julien, 2011

« Je me souviendrai toujours de cette vache qui louchait. Comme j’aurais voulu la sauver ! Mais ce n’était pas possible. D’autant plus que la législation spécifie bien que tout animal entré dans un abattoir ne peut en ressortir vivant… »

Jean-Luc Daub, ancien enquêteur dans les abattoirs, dans Julien, 2011

« L’abattoir se transforme dès qu’on s’en approche. Dès qu’apparaissent ceux qui sont conçus pour y passer. Vaches, cochons, poulets. Le mot devient moins facile, il rappelle une lame qui s’enfonce dans la chair. Personne n’aime y penser, voilà ce que disent ceux qui travaillent avec les bêtes. Personne n’aime penser à ça. Ils savent que le camion passera tel jour, à telle heure et qu’il les emmènera là-bas. À l’abattoir. (…)  L’abattoir est un lieu non dit. »

Giesbert, 2014, p.96

« Ayez le courage de vos opinions, visitez les abattoirs et continuez de manger de la viande si vous n’avez pas le cœur soulevé par ce que vous avez vu ! »

Brigitte Bardot, cité dans Giesbert, 2014, p.133

« Un système cruel, expéditif, à la gestion serrée, orientée par le profit, où l’on considère à peine les animaux comme des êtres vivants, dont les souffrances et la mort ne comptent pas. »

David Cantor, cité dans Ricard, 2014, p.115

« Entreprise implacable, impitoyable et sans remords. (…) C’est un moment poignant (…) quand un petit veau affolé, qu’on vient d’arracher à sa mère, se met à téter les doigts du boucher dans l’espoir d’en tirer du lait, et ne reçoit que de la méchanceté humaine. »

Alan Long, cité dans Ricard, 2014, p.116

« Le pire se dissimule dans la formidable hypocrisie qui consiste à préconiser et mettre en œuvre une prétendue éthique du bien-être, comme s’il s’agissait d’une limitation apportée par respect de l’animal aux exactions de l’élevage industriel, alors qu’elle profite nécessairement au bon fonctionnement et à la rentabilité de l’entreprise. »

Élisabeth de Fontenay, citée dans Ricard, 2014, p.118

« (…) comment la mise à mort d’un animal qui ne demande qu’à rester en vie peut-elle être considérée comme ’éthique’ ? »

Ricard, 2014, p.134

« Je possède une certaine expérience concernant les règlements relatifs au transport et sais à quel niveau la protection des animaux est à présent reconnue. Ce mot, prononcé dans un tel endroit, a une résonance macabre. Dans l’intervalle, un gros camion d’où s’échappent des cris stridents et de lugubres grognements est venu se ranger face à la rampe. Dans la pénombre du matin, on distingue mal les détails; toute la scène revêt un aspect irréel et rappelle quelque sinistre reportage de guerre, montrant des rangées de wagons gris et les visages blêmes et terrorisés d’une masse de gens humiliés, sur la rampe de chargement, embarqués par des hommes en armes. Tout d’un coup, je m’y trouve en plein cœur, et c’est comme quand on fait un cauchemar dont on se réveille couvert de sueurs froides: au milieu de ce brouillard, par un froid glacial, dans ce demi-jour sale du bâtiment immonde, bloc anonyme de béton, d’acier et de catelles blanches, tout derrière, à la lisière du bois recouvert d’une légère gelée. Ici se passe l’indicible, ce dont personne ne veut rien savoir. (…) En bas de la rampe, le transporteur a abaissé le pont du camion et les premiers cochons, apeurés par le bruit et la raideur de la pente, se poussent vers l’arrière; mais un convoyeur est monté à l’arrière et distribue des coups de trique en caoutchouc. Je ne m’étonnerai pas, plus tard, de la présence de tant de meurtrissures rouges sur les moitiés de cochons. (…) Lorsque les cochons se trouvant à l’avant arrivent dans un coin, ils s’y entassent en bloc et s’y cramponnent avec fermeté, ce qui fait pousser à l’employé des jurons de colère et cravacher les cochons de l’arrière qui, pris de panique, essaient de grimper par-dessus leurs compagnons d’infortune. Le directeur hoche la tête : ’Écervelé, simplement écervelé. Combien de fois ai-je déjà dit qu’il ne servait à rien de frapper les cochons se trouvant à l’arrière!’ (…) Bientôt, j’apprendrai à les connaître, ces yeux, mais d’une autre manière: muets de peur, abattus de douleur, puis vidés, brisés, exorbités, roulant sur un sol maculé de sang. (…) Involontairement, on s’attend à voir des monstres, mais c’est le gentil grand-père du voisinage, le jeune homme désinvolte qui déambule dans la rue, le monsieur soigné qui sort d’une banque. (…) Je voudrais parler de l’abattage des bovins, de leurs doux yeux bruns, remplis de panique. De leurs tentatives d’évasion, de tous les coups et les jurons, jusqu’à ce que la misérable bête soit finalement prisonnière de l’enclos fermé par des barres de fer et une serrure à double tour, avec vue panoramique sur la halle où ses compagnons d’infortune sont dépouillés de leur peau et coupés en morceaux; puis l’avancée mortelle et, dans le moment qui suit, la chaîne que l’on accroche à une patte arrière et dont l’animal tente vainement de se débarrasser en la projetant vers le haut, tandis que, déjà, par en dessous, sa tête est tranchée. (…) C’est vrai que je voudrais raconter qu’il arrive toujours qu’au milieu de ces montagnes visqueuses et sanguinolentes se trouvera un utérus gravide, et que j’ai vu des petits veaux déjà tout formés, de toutes les tailles, fragiles et nus, les yeux clos, dans une enveloppe utérine qui n’est plus en mesure de les protéger – le plus petit aussi minuscule qu’un chat nouveau-né, et quand même une vache en miniature, le plus grand au poil tendre et soyeux, d’un blanc cassé, avec de longs cils autour des yeux, dont la naissance aurait dû avoir lieu quelques semaines plus tard. «Est-ce que ce n’est pas un miracle, ce que la nature crée?» constate le vétérinaire de service cette semaine-là, en jetant l’utérus avec le fœtus ensemble dans le gargouillant moulin à déchets. J’ai maintenant la certitude qu’aucun dieu ne peut exister puisqu’aucun éclair ne vient du ciel pour punir tous ces forfaits commis ici-bas, et que ceux-ci se perpétuent interminablement. Ni pour soulager la vache maigre et pitoyable qui, à mon arrivée à 7 heures le matin, se traîne à bout de force, au prix d’efforts désespérés, dans le couloir glacé, plein de courants d’air, et s’allonge juste devant le boxe de la mort. Pour elle, il n’existe aucun dieu ni personne d’ailleurs pour lui donner une petite tape pour l’aider. Avant tout, il faut traiter le reste des animaux prévus pour l’abattage. Quand je quitte à midi, la vache est encore couchée et tressaille; personne, en dépit d’instructions répétées, n’est venu la délivrer. J’ai alors desserré le licou qui lui tranchait impitoyablement la chair et lui ai caressé le front. Elle m’a regardée avec ses grands yeux, et j’ai alors appris en cet instant que les vaches pouvaient pleurer. »

Vécu et écrit par Christiane M. Haupt, étudiante vétérinaire, stagiaire en abattoir, CH

Souffrance des animaux

 

« Les couloirs de la mort voient de plus en plus leurs images interdites de diffusion par les professionnels, qui craignent que le public, voyant la réalité, décide de ne plus être complice... Les animaux y arrivent dans des conditions pitoyables, après de longs trajets dans des véhicules non adaptés (entassés les uns sur les autres, sans eau, sans ventilation...). Ils attendent alors dans les cris de leurs congénères et l’odeur du sang, d'être menés, de gré ou de force et à l’aide de décharges électriques ou tout simplement de coups de pieds, de poings ou de fourche à la mort. En espérant pour les plus chanceux un choc électrique censé les étourdir pour ne pas sentir la lame leur trancher la gorge. Ceux qui ne seront pas ou peu étourdis supporteront jusqu’à 14 minutes d’agonie dans l’indifférence de leurs bourreaux. Certains même se verront arracher leur cuir alors qu'ils sont encore conscients... »

269 Life

« (…) trop souvent, la règle, c’est le stress, le tumulte, la panique, la maltraitance, les coups, dans une ambiance d’hystérie collective, sur fond de bruits d’acier. Un fracas de fin du monde. »

Giesbert, 2014, p.17

« Les animaux peuvent être transportés sur de longues distances, entassés sans nourriture, sans soins, sans eau, dans des conditions très stressantes. (…)  Quant aux abattoirs bio, ils n’existent pas. »

Les Désobéissants, 2014, p.15

« Il faut savoir que pour amener les animaux de la stabulation au poste d’abattage, il y a un couloir, souvent mal adapté, avec des angles, des parois trop larges, l’animal peut alors se retourner. Et pour faire avancer les animaux parce qu’ils sont effrayés, il y a l’utilisation de la pile électrique. Cette utilisation est réglementée, on ne doit pas l’utiliser sur certaines parties du corps qui entrent dans la consommation. Ensuite, les animaux arrivent au poste d’abattage. »

Docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA, dans Julien, 2011

« Dès que l’animal a posé un sabot sur la rampe, son destin est scellé. Quand il ressort de la rampe et se retrouve dans l’usine, il est immédiatement « zappé » par un pistolet pneumatique qui lui envoie une balle jaune dans le crâne. Après, il « tombe à genoux, les yeux vitreux », un ouvrier accroche un de ses sabots arrière à une chaîne, une poulie soulève alors « la bête comateuse » de la plate-forme et elle se débat, la tête en bas, balancée au-dessus de la salle d’abattage où « des hommes couverts de sang attendent avec de longs couteaux de couper la gorge de l’animal et de lui trancher la veine jugulaire. »

Jimmy M. Skaggs, dans Patterson, 2002

« Comme les autres bêtes de rente, elles doivent d’abord être étourdies. En ce qui les concerne, l’opération consiste à leur perforer le crâne. Là encore, l’intention est bonne. Mais, comme toujours, les bêtes ne sont pas dociles. Elles bougent et se débattent. Quant aux personnes en charge de l’opération, elles ne sont pas toujours à la hauteur de leur tâche. En plus, elles n’ont pas le temps de faire soigneusement leur travail. Résultat : de nombreuses vaches, simplement sonnées, restent conscientes ou reprennent rapidement conscience. Or voilà que commence l’opération de dépeçage. On suspend donc à un crochet ces vaches toujours conscientes par une patte de derrière et on leur tranche la gorge pour qu’elles se vident de leur sang. Imaginez ce que doit être pour une vache de plus de 500 kg que d’être soulevée par une patte arrière : le crochet lui arrache la peau, sa hanche est à peu près sûre d’être démise et, psychologiquement, la situation doit être terrifiante. En tout cas, c’est au cours de ce processus qu’elles sont censées mourir. Mais, dans l’industrie, on ne peut pas se permettre d’attendre longtemps. Alors, quand de nombreuses bêtes sont encore conscientes, on se met à les dépecer, en commençant par couper les pattes de devant. Les vaches toujours suspendues par une patte arrière, se débattent tant qu’elles peuvent. Mais leur destin est scellé. Le couteau du boucher continue son œuvre. »

Lepeltier, 2013

 

« Ensuite, cette vache, qui a produit pendant un certain temps, ne va pas mourir dans le pré et être enterrée comme un animal domestique. Elle va partir à l’abattoir. Elle a une période de production, ensuite une période de consommation. Elle va être consommée et cette vache abattue sans étourdissement… Surtout les vaches laitières sont beaucoup plus longues à mourir de la saignée ! J’ai vu des petites vaches laitières, des petites Holstein très maigres, qui saignaient beaucoup moins vite. (…) Les vaches de réforme peuvent demander 5 à 7 minutes avant de mourir. Imaginez une vache qui fait 500 kg, suspendue par une patte, la gorge tranchée, et attendre 5 minutes avant de mourir. Elle risque même de se retrouver… ’habillée’ – c’est un terme que les abattoirs emploient lorsqu’ils commencent à retirer la peau. Donc on risque de commencer à retirer la peau sur un animal qui n’est pas complètement mort… »

Docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA, dans Julien, 2011

2004, enquête aux USA « L’enquêteur (…) avait été témoin de « centaines » d’actes de cruauté. Les travailleurs avaient arraché la tête d’un poulet pour écrire des graffitis avec son sang, avaient plumé des poulets vivants afin de « faire de la neige », étouffé une bête en lui mettant un gant en latex sur sa tête, et avaient compressé des volatiles pour les faire éclater comme des ballons d’eau et faire gicler les matières fécales sur les autres bêtes. À l’évidence, leur travail les avait désensibilisés à la souffrance animale. »

Singer & Mason, 2015, p.61

2003, USA : « En moyenne (…) un poulet sur trois arrivait vivant à la cuve d’échaudage et était ’ébouillanté vivant’. Ils ’tombent, crient, se débattent, et les yeux sortent des orbites’. Souvent, les poulets sortent ’défigurés, avec des os cassés ou des membres amputés, tant ils se sont débattus dans la cuve’. » 

Témoignage écrit et signé de Virgil Butler, employé de Tison, dans Singer & Mason, 2015, p.60

« Un élevage humain, ou un abattage humain, n’existent pas. Si je vous disais qu’il y a un bel endroit, en Thaïlande, où ils violent les enfants humainement, pour l’industrie du pédoporno, vous savez, ils utilisent des préservatifs et du lubrifiant, ou ils jouent dans un beau, grand jardin, tous les jours pendant 6 splendides heures… entre les viols. Seriez-vous pour ? »

Yourofsky, le discours des excuses

« Le corps du numéro 10388 rebondit comme une valise jetée trop vite sur un circuit de tri bagages. Le moment venu, il faut tout laisser derrière soi. Rien ne peut être emportées au-delà de la chaîne, ni pour, ni tête, ni langue, ni os, ni sang transformé en farine. Seule demeure l’épouvante des eaux perdues dans la mort. Celle-là ne passe pas, elle dégorge dans l’assiette de celui qui la mange. Seul témoignage de ce qu’elle fut, cette eau rendue par la fibre musculaire équivaut à un visage tordu par la souffrance : le numéro 10388 aura pleuré jusqu’à la moelle. Toutes les larmes de son corps, mangées. »

Giesbert, 2014, p.102

« Sur le principe, la souffrance de l’animal devrait être réduite au minimum’: juste un choc très intense et très bref lors de l’électronarcose, de façon à lui faire perdre conscience. Dans la réalité, la situation est différente. Pour que l’opération se passe bien, il faut que le cochon soit immobilisé par une sorte de ’piège’, que l’opérateur sache bien où et comment placer les électrodes, et que l’intensité électrique soit bien réglée pour qu’on n’ait pas à s’y reprendre. Or, ces trois conditions ne sont pas toujours réalisées. (…) Mais, lui, il n’a pas la parole et sa mort est imminente. Alors, qu’importent les ratés… »

Lepeltier, 2013, p.23

« Je voudrais que chacun puisse assister à ces mises à mort et aux conditions de non-vie qui les précèdent. Que chacun puisse plonger son regard dans celui de l’animal qui sait qu’il va mourir dans quelques instants, de celui qui meurt sans avoir vraiment vécu. Que chacun palpe la misère, la terreur, la panique, la cruauté et le sordide de ces lieux (…) »

Hélayel, 2015, p.12

« Les abattoirs sont des centres d’extermination massive où les victimes sont traitées d’une façon abjecte et sans la moindre compassion, au nom d’un rendement qui confine à l’effroi. (…) les candidats à l’abattage des nouveaux convois sont pris de terreur en percevant parfaitement la mort des milliers de victimes qui les ont précédés. Tous les bouchers et les bourreaux savent cela. »

Terrier, 2012

Association britannique de vétérinaires, la Société Royale pour la Prévention de la Cruauté envers les animaux révèle que « 150’000 vaches gestantes sont envoyées à l’abattoir chaque année et que pas moins de 40’000 d’entre elles touchent au terme de leur gestation et portent des veaux qui pourraient être aptes à survivre hors du ventre maternel. (…) Les animaux vendus sont pesés vivants. L’éleveur étant indemnisé au kilo, si l’animal est gestant, il touchera plus d’argent ! »

Hélayel, 2015, p.110

« (…) il a été établi que les employés arrachaient la tête de poulets vivants, leur crachaient du tabac dans les yeux, leur coloraient la tête à la bombe à peinture  et les piétinaient violemment. Ces actes ont été constatés des dizaines de fois. » Cet abattoir avait été primé fournisseur de l’année de KFC. KFC affirme que ses conseillers ont conçu des programmes à l’intention de ses fournisseurs, alors même que ses conseillers sont ses fournisseurs.

Safran, 2010, p.91

« Les bigots qui plaident pour l’abattage rituel sont de pauvres bougres que je plains comme je plains les intégristes de toutes obédiences. Ils s’accrochent à la tradition comme les pendus à la corde. Ils ne savent pas ce qu’ils disent. (…) Parler d’islamophobie à propos de l’interdiction de l’égorgement à vif relève du fanatisme, de la bêtise, de l’ignorance ou des trois en même temps. (…) Mahomet, réveille-toi, ils sont devenus fous ! En son temps, le prophète réclamait de l’’humanité’ pour les animaux (…) Après avoir reçu la décharge (…) la bête reste pourtant vivante. Inconsciente certes, mais bien vivante (…) L’étourdissement électrique est donc halal ou casher. Où est le problème ? Ce qui gêne les agités du croissant ou de l’étoile de David, c’est sans doute que l’animal soit insensibilisé. À moins de vouloir le faire expressément souffrir, ce qui semble être leur cas, rien ne s’oppose en effet, du point de vue religieux, à l’étourdissement électrique. (…) Il faudra que la langue française invente un jour un mot pour dire : stupide comme un mangeur de thon rouge ou stupide comme un consommateur de viande halal. »

Giesbert, 2016, p.152-166

« La chaîne d’abattage est un lieu où les bruits atteignent aisément 110 décibels, soit davantage que le fracas d’un concert. Le crissement des couteaux et des scies fendeuses se mêle à celui des vérins soutenant les plates-formes et des outils pneumatiques. L’on travaille sous le jet de lances à eau sans lesquelles les ouvriers disparaîtraient sous les déjections. Il faut chaque matin se réhabituer à l’odeur du chlore, à l’odeur de l’urine, à l’odeur de la merde, à l’odeur du sang. N’oublions surtout pas, car c’est lié, l’obsession sanitaire, sans laquelle l’édifice s’effondre immanquablement. »

Nicolino, 2010

« Un homme, Danny, revient de son déjeuner. Il donne trois ou quatre coups de pied violents à la vache blessée pour la faire lever, mais elle ne peut pas. Il se penche dans le box métallique et tente de l’assommer de son pistolet pneumatique, puis lui tire une balle de douze centimètres dans la tête. Danny attache une chaîne à l’une des pattes arrière de la vache et la soulève. Mais la vache n’est pas morte. Elle lutte, ses pattes s’agitent tandis qu’elle s’élève, la tête en bas. Sue remarque que certaines vaches sont totalement assommées, mais d’autres pas du tout. « Elles se débattent comme des folles pendant que Danny leur tranche la gorge. » Danny parle à celles qui sont encore conscientes : ’Allez, ma fille, sois gentille !’ Sue regarde le sang gicler « comme si tous les êtres vivants étaient des récipients mous qui n’attendaient que d’être percés ». Danny s’approche de la porte et fait avancer les vaches suivantes à coups de bâton électrique. Les vaches terrifiées résistent et donnent des coups de sabot. Tandis qu’il les force à pénétrer dans l’enclos où elles vont être assommées, Danny répète d’une voix chantante : ’Allez, ma fille !’ »

D’après le témoignage de l’artiste peintre Sue Coe, tiré de Ricard, 2014

« J’ai entendu dire que des vaches arrivent à l’abattoir alors qu’elles attendent un petit. L’avez-vous également constaté ? Oui, c’est une pratique courante, chez les éleveurs. En fait, une vache pleine est plus lourde, elle rapporte ainsi plus d’argent à l’éleveur. »

Une élève de deuxième année à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort, dans Julien, 2011

Un ouvrier témoigne : « Une génisse de trois ans est arrivée dans la zone de tuerie. Et elle était en train de vêler, juste là, le veau était à moitié sorti. Je savais qu’elle allait mourir, alors j’ai tiré le veau. Bon sang, mon patron était fou de rage. (…) Ces veaux, ils les appellent des ’avortons’. Ils se servent du sang pour la recherche sur le cancer. Et il le voulait, ce veau. » « Quand il y en a qui se réveillent, explique un employé de la chaîne, on a l’impression qu’elles cherchent à grimper le long des murs. » Quand les vaches arrivent au niveau des coupeurs, les coupeurs de pattes n’ont pas le temps d’attendre que leur collègue vienne assommer de nouveau la vache. Donc, ils leur coupent simplement le bas des pattes avec les pinces : « Les bêtes deviennent folles, elles donnent des coups de pied dans tous les sens. »

Foer, 2010

Vaches indiennes : « Quand le bétail est fatigué et faible, on leur casse l’os de la queue dans l’espoir de les remettre sur pieds. (…) On se sert également du piment de cayenne et du tabac pour faire avancer les animaux. On frotte le piment directement dans les yeux pour encourager l’animal à se mettre debout. (…) Presque la moitié des animaux meurent avant d’arriver à l’abattoir. (…) on les taille habituellement en pièces, on les tronçonne avec une lame émoussée. »

Terriens

« Les animaux sont conduits à l’abattoir dans des conditions de transport souvent monstrueuses : déshydratation, crises cardiaques, écrasement, os cassés. Enfin, ils sont traînés de force dans l’abattoir, affolés par l’odeur du sang, puis étourdis et égorgés à la chaîne. Il est fréquent que l’étourdissement soit mal fait et que les animaux restent conscients. »

PEA, tract contre la fourrure

« La courte existence des animaux d’élevage n’est qu’une succession de mauvais traitements (…) »

PEA


Souffrance des ouvriers

 

« (…) comme le disent les tueurs professionnels, ceux qui assassinent sur contrat, il ne faut jamais avoir regardé sa future victime dans les yeux, ça vous fait perdre tous vos moyens. »

Giesbert, 2016, p.101

« J’ai tué comme ça des milliers de volailles. Peut-être plusieurs dizaines de milliers. Peut-être des centaines de milliers. Dans ce contexte, vous perdez conscience de tout : de l’endroit où vous êtes, de ce que vous faites, depuis combien de temps vous le faites, de ce que sont les animaux, de ce que vous êtes. C’est un mécanisme de survie qui vous permet de ne pas devenu fou. Mais c’est cela même qui est une folie. (…), mais ça a été dur, parce que ce poussin ne se trouvait pas dans une ligne de milliers de poulets à abattre. C’était un individu. Tout est dur dans ce cas-là. (…)  je n’ai pas eu l’impression que c’était ’du’ poulet,  mais ’un’ poulet. »

Safran, 2010, p.119

« Ce processus, qui soulève les animaux par une chaîne et les fait passer de poste à poste jusqu’à ce qu’ils ressortent sous forme de viandes découpées, a introduit quelque chose de nouveau dans notre civilisation industrielle moderne : la banalisation du geste qui tue et un niveau jamais atteint d’insensibilité. ’Pour la première fois, des machines étaient utilisées pour accélérer le processus du meurtre de masse, écrit Rifkin, reléguant les hommes au niveau de simples servants contraints de se conformer au rythme et aux exigences imposées par la chaîne elle-même.’ »

Patterson, 2008, p.114

« Ô vous qui entrez ici, laissez toute identité. Devenez une pièce de l’ensemble, engrenée,  maillée, chronométrée, contrôlée. »

Olsen, 1974

« Ces gens-là ne s’intéressaient à ces animaux que pour les profits qu’ils pouvaient en tirer. Eh bien, leur attitude envers les travailleurs et la population était la même. Ce que la bête pensait ou ce qu’elle endurait n’entrait pas en ligne de compte, et ils faisaient preuve de la même indifférence vis-à-vis de la main-d’œuvre et des consommateurs de viande. »

Sinclair, 2008, p.41

 « (…) les scènes brutales, voire sadiques, de déchargement de camions, les vaches frappées à coups de bâtons ou de fourches sur les pattes ou sur les naseaux, les cochons qui tombent les uns sur les autres et reçoivent des coups de piles électriques partout sur le corps, y compris la tête et le groin, les bêtes coincées dans les portes qu’on referme sur elle, celles qui attendent des heures, sans air et sans eau, avant d’être débarquées, beuglant pour sortir de cet enfer, les animaux blessés, incapables de marcher, qui auraient dû bénéficier de la mesure d’abattage d’urgence à la ferme, mais qu’on trimbale tout de même et qu’on laisse agoniser sur le sol. »

Caron, 2013, p.115

 

« J’ai reçu un jour, chez ma logeuse, un ouvrier de l’abattoir. Or elle le connaissait depuis plus de vingt ans, mais elle ignorait qu’il faisait ce travail. Il ne lui avait jamais dit. Certains ne le disent pas à leur propre femme. Je crois que ces gens intériorisent une sorte de condamnation morale a priori, jamais exprimée, de leur activité. »

Témoignage de Séverin Muller, sociologue

« Séverin Muller a bien raison d’insister sur cette dimension sociale. L’immense majorité des ouvriers d’abattoir sont des… ouvriers, souvent d’origine rurale, peu cultivés et ne disposant d’aucun relais dans la société pour faire entendre leur point de vue et défendre leurs intérêts. (…) Mais le grand massacre, dans ces conditions indignes, ne cache-t-il pas des mystères plus profonds encore ? D’où vient cette volonté du corps social de faire accomplir la tuerie par les plus pauvres, les mal-aimés de la vie, payés comme il se doit à un prix dérisoire ? Comme il serait facile de concentrer le regard sur les tueurs patentés qui œuvrent en notre nom collectif ! ».

Nicolino, 2010

« Tuer des jeunes peut parfois poser problème aux ouvriers des abattoirs. « Il est intéressant de voir, dit un observateur anglais, ce qui touche encore le coeur calleux – de par le travail qu’ils font ou que le consommateur leur demande de faire – des ouvriers des abattoirs. Pour l’un, ce sont les chèvres. ’Elles pleurent comme des bébés.’ Pour un vétéran de l’éviscération, c’est de porter des veaux de trois jours jusqu’à l’abattage et de leur détruire le cerveau d’une balle. »

Andrew Tyler, dans Patterson, 2002

D’après une étudiante vétérinaire, Christine M. Haupt, qui relate son expérience de stagiaire dans un abattoir, ce sont les consommateurs qui contribuent à entretenir ce système et sont donc, en fin de compte, responsables : « Il me vient à penser que – à part quelques exceptions – les personnes qui travaillent ici ne réagissent pas de façon inhumaine, elles sont tout simplement devenues indifférentes, comme moi aussi avec le temps. C’est de l’autoprotection. Non, les vrais inhumains sont ceux qui ordonnent quotidiennement ces meurtres de masse et qui, à cause de leur voracité pour la viande, condamnent les animaux à une vie misérable et à une lamentable fin, et forcent d’autres humains à accomplir un travail dégradant qui les transforme et êtres grossiers. Moi-même, je deviens progressivement un petit rouage de ce monstrueux automatisme de la mort. »

Ricard, 2014

« Le docteur Long aime discuter avec les ouvriers, pendant leurs pauses. ’J’ai souvent traîné avec l’équipe des assommeurs dans leur salle quand, couverts de sang et de sueur, ils se reposent de la tuerie. J’ai tenté d’en apprendre autant que j’ai pu et d’obtenir leur point de vue. Ils ont parfois des remarques révélatrices comme : ’Enfin c’est légal, non ?’ Et je pense que ces remarques laissent entendre qu’ils sont peut-être un peu surpris eux-mêmes.’ »

Patterson, 2002

« Le travail en abattoir est parmi les plus éprouvants qui soient, physiquement et émotionnellement. On y observe un taux élevé d’accidents du travail et de troubles psychologiques liés au stress et aux efforts déployés pour surmonter la répugnance naturelle à tuer qui est présente chez la majorité des humains. Nombre d’anciens employés et d’enquêteurs souffrent de syndrome posttraumatique. (…) solidarité qui s’établit entre les travailleurs pour survivre à l’horreur quotidienne. »

Ricard, 2014, p.128

« La répugnance à tuer un animal est alors diluée dans la désindividualisation et la rapidité anonyme de la tuerie. Elle est toutefois remplacée par l’horreur du nombre. »

Ricard, 2014, p.25

« Des bruits de machines, ça gueule de partout. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Pendant 8 heures, tu fais le même geste. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Le responsable de ligne peut augmenter le tapis. Les personnes ne s’en rendent pas compte. (...) Les personnes croient juste qu’elles sont un peu fatiguées. Tous les jours comme ça (...). »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Maintenant le travail c’est « vous devez travailler, travailler, travailler ». Vous êtes des bras et des jambes, (...) ça donne l’impression d’une prison. Ça donne l’impression qu’on ne voudrait pas être à cette place. Qu’on ne voudrait pas faire ça. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

 « C’est vrai, j’me rends compte, je deviens dure. Je suis devenue indifférente aux autres. (...) Au tout début, quand je n’étais pas habituée, je faisais tout le temps des cauchemars. Je rêvais de la chaine. Mais ce n’était plus des cochons qui étaient suspendus, c’était des êtres humains. C’est la viande qui fait ça. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« J’ai commencé à l’âge de 18 ans. Le premier jour, un choc. C’est la cadence de tuerie qui fait que c’est violent. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Au début, on a envie de vomir. Moi je me suis dit, je vais pas tenir. Tous les nouveaux ils pensent qu’ils vont pas rester. Comme le sang il jaillit, il faut déjà être bien accroché. (...) Celui qui est en tuerie, il fait des cauchemars, c’est obligé. Tu as toujours le contact de cette bête qui va venir se faire tuer. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Il y a toujours des réactions des bêtes. Des réactions terribles, terribles, terribles. Elles sont mortes mais c’est des réactions. (...) On s’habitue. On s’habitue à tout. C’est la pire des choses. L’habitude. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Je fais de la polyvalence. Je suis le bouche-trou. C’est sur, c’est pas l’idée qu’on se fait de sa vie. On se dit c’est temporaire, puis c’est un temporaire qui dure longtemps. (...) les enfants même pour les devoirs on ne peut pas les aider. On n’a pas le temps. Je me reproche beaucoup des choses comme ça. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« On est cassé parce que notre machine à nous elle l’est, ou alors il faudrait qu’ils nous clonent, c’est ça. Faudrait qu’ils arrivent à faire évoluer nos articulations en fonction des gestes qu’ils nous demandent de faire. Et ils feraient des chaines de clones, comme ça. (...) On n’a tous le droit de travailler. (...) On n’est pas que robot, on est des humains. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Le geste répétitif.... Ça se voit pas que ça fait mal. Vous travaillez 5 ou 6 heures, juste ce geste-là en permanence, c’est tout. (...) Et bien vous verrez le soir (...). C’est le problème du geste répétitif. (...) À la fin de la journée c’est insupportable. Et le lendemain ça recommence. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« C’est pas tellement quand on travaille qu’on a mal. C’est plus tard. Quand le corps est froid. La nuit, on n’arrive plus à dormir. » 

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« On doit être sec avec les gens. On n’a pas le droit d’avoir des amis quand on est responsable. (...) On se sent trahir les autres. (...) Dès qu’on est responsable, les autres vous tournent automatiquement le dos. Alors je suis retournée sur la chaîne, comme tout le monde, comme simple ouvrière. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« On arrive à des cadences où je ne vois pas comment on peut aller plus loin. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Tenir la cadence. Rentrer chez soi et se dire c’est fini, on se calme. Des fois, ça ne suffit pas. On reste quand même énervé (...), je n’arrive plus à dormir. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« C’est la répétition, c’est l’usure. (...) Tout est dur. Il suffit qu’une vache soit plus vieille, que le cuir soit plus dur ou qu’une vache soit sale (...), le couteau coupe plus. Là, ça devient un truc de dingue, parce que la chaîne, elle, elle s’arrête pas. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Dans la nuit du dimanche au lundi je ne dors pas parce qu’il faut que je retourne là-bas. (...) Ça vous donne envie de pleurer quand à la maison on ne peut plus s’occuper de ses affaires à cause d’un
travail. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel

« Ça fait deux ans que j’ai quitté l’abattoir. Des cauchemars, j’en fais encore. Il n’y a pas de nuit où je ne me réveille pas en sursaut. Il y a toujours une bête vivante qui me court après. Je ne sais pas pourquoi, c’est toujours de la vivante que l’on rêve, jamais de la carcasse ou du sang. »

Frésil, 2013, Entrée du personnel


 

Viande

 

« Le symbolisme de la consommation de viande n’est jamais neutre. Le mangeur de viande se perçoit comme se nourrissant de la vie. Aux yeux du végétarien, il se nourrit de la mort. Il y a une espèce de changement de perspective entre ces deux postures qui les rendent difficiles à modifier, et qui rend ardu de soulever quelque question que ce soit à ce sujet sans provoquer de retranchement. »

Midgley, 1984

 « La première étape de la quête végétarienne consiste en une révélation du néant de la viande en tant que denrées alimentaires. Le néant de la viande apparaît lorsqu’on voit qu’elle provient de quelque chose, ou plutôt de quelqu’un, et qu’elle a été transformée pour ne plus être rien ni personne. Cette révélation exige que nous percevions la structure du référent absent. Elle peut également être catalysée en dépouillant la chair de tous les attributs positifs qui y sont habituellement associés. Après notre éveil au néant de la viande, nous réalisons que sa richesse provient du déguisement que procurent les sauces, les marinades et les modes de cuisson, et que son apport en protéines n’est ni unique ni irremplaçable. En constatant le néant de la viande, nous prenons conscience que nous ne mangeons pas des aliments, mais des cadavres. »

Adams, 2016, p.297

« Barbara Cook attribue sa ’révélation de l’amour’ et son activisme pour la cause animale au moment où elle prit dans ses bras un petit veau qui ’semblait incarner chaque nouvelle créature née dans ce monde’.  Mais elle apprit que ce symbole était bien souvent transformé en blanquette. Le néant de la viande lui fut donc révélé : ’Ensuite, pendant des mois, je pleurais à chaque fois que je pensais à ce veau. Je versais des larmes en voyant du veau de lait mentionné sur un menu. Les morceaux de chair blafarde soigneusement enveloppés de cellophane au supermarché ne seraient plus jamais une masse sans visage.’ »

Cook, Barbara, The Awakening, The Animals’ Agenda 5, n8 (novembre 1985), p.30-31, citée dans Adams, 2016, p.297

« Je regardais un sandwich au poulet derrière une vitrine, et là j’ai vu le poulet dans son élevage en train de crever, et ça m’a fait chialer. »

Caron, 2013, p.21

« Nous arrivons à manger de la chair animale uniquement parce que nous ne pensons pas à la dimension cruelle et coupable de cet acte. »

Rabîndranâth Tagore, Prix Nobel de Littérature

« Comme si c’était normal et naturel de consommer la violence et la mort. »

Gary Yourofsky

« Plutarque (…) déplore la perte de sensibilité qui accompagne le fait de se nourrir de la chair d’un animal : ’Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s’abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi, je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d’une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d’auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ? Comment ses yeux purent-ils soutenir l’aspect d’un meurtre ? Comment put-il voir égorger, écorcher, déchirer un faible animal ?’ »

Ricard, 2016, dans Révolutions Animales, p.382-383

Poissons
 

« Nos interventions sur les ressources piscicoles ressemblent de plus en plus à des guerres d’extermination. »

Chercheurs du Fisherie, Centre de l’université de Colombie-Britannique

« Les poissons devaient être la chair même de l’oubli : leur vie est oubliée d’une manière beaucoup plus radicale que lorsque nous pensons aux animaux d’élevages terrestres. »

Safran, 2010, p.55

 

« Pour 500 grammes de crevettes, 13 kilos d’autres animaux marins ont été tués et rejetés à la mer. »

Safran, 2010, p.67

« Imaginez que l’on vous serve une assiette de sushis. Si l’on devait y présenter également tous les animaux qui ont été tués pour que vous puissiez les déguster, votre assiette devrait mesurer un peu plus de 1,50 m de diamètre. »

Safran, 2010, p.68

« À quelles conclusions parviendraient la plupart des omnivores si chaque saumon qu'il consomme était accompagné d'une étiquette précisant que des saumons d’élevage de 60 cm de long passent leur vie dans l'équivalent d'une baignoire pleine d'eau et que la pollution est si intense que les yeux des animaux saignent ? »

Safran, 2010, p.259

«  Aucun poisson ne connaît une mort douce. Pas un seul. Pas la peine de se demander si le poisson dans votre assiette a souffert. La réponse est toujours oui. »

Safran, 2010, p.260

« La pêche à la crevette est la plus dommageable (…) Elle entraîne le rejet, en tonnage, de 80% à 95% des prises selon les pêcheries. Un filet maillant perdu ou abandonné continue à tuer tout seul pendant des mois voire des années. »

Les Désobéissants, 2014, p.16

« Selon les espèces et les facteurs environnementaux, leur agonie varie de 25 minutes à 4 heures (à titre de comparaison, elle peut aller jusqu’à 14 minutes pour un bovin). »

Les Désobéissants, 2014, p.16

« Les saumons sont des animaux génétiquement programmés pour passer la majeure partie de leur vie à nager librement à travers les océans. Nous les avons aujourd’hui enfermés dans des réservoirs ou des cages où ils vivent dans une extrême proximité avec des milliers de congénères, entrant fréquemment en contact physique avec eux. »

Sedwick (1998), cité dans Singer & Mason, 2015, p.256

« Les poissons sont les ultimes ’sans voix’. Ils ne crient pas comme les cochons qu’on égorge, ils sont dépourvus d’expressions faciales qui pourraient révéler leurs sensations et nous émouvoir (…). Toutefois (…) ses efforts désespérés pour respirer, ses yeux affolés et ses derniers soubresauts disent assez les affres qu’il subit. »

Ricard, 2014, p.155

« Un appétit démesuré pour les produits marins nous anime. En cinq décennies, la consommation mondiale par tête est passée de 5 à 20 kg/an. La population ayant augmenté dans le même temps de 3 à plus de 6 milliards d’humains, on comprend à quel point le milieu marin et ces milliards d’animaux que nous capturons sans ménagement sont exploités. Les poissons sont assimilés à des objets, ils sont incapables d’exprimer leurs souffrances, leurs douleurs ou leurs terreurs d’une manière perceptible pour les humains. Les poissons et autres animaux aquatiques ne provoquent généralement pas de sentiments d’attendrissement. Par empathie avec l’ensemble du monde vivant avec lequel nous sommes tous liés, nous devrions prendre conscience des souffrances animales même si elles ne s’expriment pas d’une manière intelligible aux humains. »

Curry, 2016, dans Révolutions Animales, p.458

« Les poissons et les autres animaux aquatiques sont fascinants. Ils sont curieux et perspicaces. Chacun offre des traits de personnalité et connaît individuellement ses congénères. Ils ont une vie sociale complexe, nouent parfois des alliances même avec des poissons d’autres espèces… Ils utilisent des outils, communiquent de façon élaborée, apprennent et se souviennent longtemps, etc. Surtout, comme nous, ils ressentent le plaisir et la douleur, de même que les pieuvres ou les calamars, les homards et les crevettes. »

PEA

Aliments issus de l’exploitation animale


Produits laitiers

 
 
 
 
 
 
 

 

« Il est prouvé que le lait contient de nombreux allergènes, des hormones de croissance bovines, et de très nombreux produits chimiques (herbicides, pesticides, fongicides, DTT et autres. Certaines études ont recensé jusqu’à 73 contaminants dans un seul échantillon de lait. On sait aussi aujourd’hui que le lait de vache contribue à l’asthme, à certaines allergies alimentaires et à la constipation chronique, notamment chez les enfants. (…) il est intéressant de remarquer que la majorité des gens dans le monde sont intolérants au lactose, ce qui veut dire que ces gens n’arrivent pas à digérer le lait et les produits laitiers. (…) environ 75% de la population mondiale paire de leur capacité à digérer complètement le lactose une fois sortie de l’enfance. Pour ces individus, la consommation de n’importe quel produit laitier provoque des problèmes de digestion, des ballonnements et autres désagréments. »

Oppenlander, 2015, p.92

« (…) les veaux sont séparés de leur mère juste après la naissance, qu’ils sont tenus volontairement dans un état d’anémie, privés de fourrage et d’exercice, et enfermés dans des box individuels si étroits qu’ils ne peuvent même pas se retourner. »

Singer & Mason, 2015, p.23

« Qu’est-ce qui fait tant rire ’la Vache qui rit’ ? La mort imminente du veau qu’on lui a arraché avant qu’elle ait pu lui donner une goutte de lait ? Le fait qu’elle va rester coincée des années dans un box avant d’être ’réformée’ et envoyée elle aussi à la mort ? »

Ricard, 2014, p.74

 

« Dans certains (…) élevages, les veaux sont enfermés dans des boxes où ils ne peuvent pas bouger. Au bout de trois mois d'une telle détention, le veau est complètement déformé (…). »

larousse.fr, 2017

Obtenir le lait

« De nombreux adultes ignorent probablement la réalité de la production laitière : la séparation des vaches et de leurs petits, l’abattage des veaux mâles, les taux de mammites, boiteries et autres affections des vaches. Ce manque ou cette négation de connaissance critique permet d’ignorer plus facilement le fait que la production laitière constitue véritablement un vol, de la part des êtres humains, du lait des vaches. »

Matthew Cole, sociologue britannique, dans Julien, 2011

« Dans notre système agroalimentaire, les vaches ont deux fonctions : fournir du lait ou de la viande. Suite à un processus de sélection artificielle, les vaches sont de nos jours spécialisées pour répondre à l’une ou l’autre de ces demandes. Les vaches dites allaitantes servent à produire de la viande. Ce sont d’elles que viennent les steaks. Quant aux vaches laitières, elles servent, comme leur nom l’indique, à la production du lait. Une fois leur service terminé, ces vaches laitières partent aussi à l’abattoir, mais leur viande, de moins bonne qualité, est vendue sous forme de steak haché, par exemple. »

Lepeltier, 2013

« Première insémination des génisses à l’âge de 15 mois. Gestation pendant neuf mois.

Les veaux sont ensuite séparés de leur mère, dans les 24 heures après leur naissance.

Le lait de la vache ne sera jamais pour son veau.

Trois mois après la mise bas, la vache sera réinséminée.

L’éleveur conserve les femelles pour le renouvellement du troupeau.

Quant aux mâles, ce sont les « surplus » de la production laitière. »

Julien, 2011

La séparation de la vache et de son veau

« Pour qu’une femelle mammifère donne du lait, il faut qu’elle soit enceinte. Un long manche en fer enfoncé dans leur vagin pour leur injecter du sperme de taureau, parfois ils emploient leur main nue, et après qu’elle donne naissance, ses bébés lui sont volés. C’est le pire cri que j’aie jamais entendu, et j’ai été en première loge pour les entendre. Quand j’ai commencé à entendre parler de tout ça il y a 15 ans, j’étais comme tout le monde, je ne pensais pas que c’était si terrible, je pensais que tout le monde exagérait. Mais contrairement à tous les autres qui chassent ça de leur esprit et le mettent de côté, j’ai été voir ce qui se passait, j’ai passé 6 semaines dans un abattoir de cochons en 1993, je suis rentré par effraction dans des laboratoires de recherches animales, dans des fermes à fourrures, j’ai été dans les coulisses de chaque cirque, chaque rodéo au Michigan. Le cri le plus horrible que je n’aie jamais entendu : une mère vache dans une laiterie, elle crie et mugit de tous ses poumons, jour après jour, pour son bébé volé, pour qu’on le lui rende. »

Gary Yourovsky, extrait de la conférence Le discours le plus important de votre vie

« Donc, au bout d’un jour ou deux, le cachot. La mère peut meugler sans presque s’arrêter pendant quarante-huit heures. Elle cherche le petit qu’elle a porté dans son corps. Faut-il être stupide ! La séparation la stresse gravement. Elle lui fait un mal qu’aucun instrument n’est capable de mesurer. Un veau est passé, simplement. Dans la nature, le sevrage se fait en douceur, sur un temps étonnamment long. Un veau peut téter sa mère jusqu’à l’âge de huit mois. »

Nicolino, 2010

« Des études canadiennes ont mis en évidence la détresse et le traumatisme des vaches quand on les sépare de leur veau le lendemain même de la naissance et qu’on les mène aussitôt dans la salle de traite. Comme le note Boris Cyrulnik : ’En procédant de la sorte, on vide le monde de la mère et du tout jeune animal, et l’on provoque une souffrance très intense, un vrai désespoir. Ce ne sont pas les voies nociceptives qui sont cette fois stimulées, mais bien la représentation. Tous deux sont privés de ce qui faisait sens pour eux.’ »

Ricard, 2014

« La séparation du veau est l’incident potentiellement le plus douloureux dans la vie de la vache laitière. Des exemples de vaches qui se sont échappées et ont parcouru plusieurs kilomètres pour retrouver leur propre veau, après qu’il fut vendu à une autre ferme. »

John Webster, Université de Bristol, spécialiste du comportement de l’animal domestique, dans Julien, 2011

« Sur une exploitation laitière, une vache avait mis bas pour la cinquième fois de sa vie. Son veau lui fut comme d’habitude retiré, mais au lieu de continuer à produire des dizaines de litres de lait par jour, cette fois son pis restait presque vide. On découvrit finalement que la vache avait donné naissance à des jumeaux et que, par un « choix de Sophie », elle avait livré un de ses veaux à l’éleveur et caché l’autre dans un bois en bordure de prairie. Chaque jour et chaque nuit, elle retrouvait et nourrissait son petit, le seul qu’elle ait jamais pu garder auprès d’elle – et qui lui fut ensuite retiré sans pitié. »

D’après le témoignage de Holly Cheever, vétérinaire, dans Désobéir pour les animaux

 

« Reste le veau. Il a été privé de l’affection dont tous les enfants mammifères ont besoin. Ce peut être soit un mâle, soit une femelle. Dans le premier cas, il va être conduit dans un centre d’engraissement où il passera sa très courte vie enfermé, dans une stalle individuelle ou collective, où il aura très peu de place pour se déplacer et où il n’aura rien à faire de ses journées. Son alimentation sera calculée pour qu’il soit anémique, afin que sa viande soit blanche. Enfin, au bout de six mois, il sera conduit à l’abattoir. Si le veau est une femelle, elle risque de vivre le même cauchemar que sa mère. Mais si sa croissance n’est pas assez rapide, ou simplement s’il y a déjà trop de femelles, elle subira le même sort que les veaux mâles. Bref, de nos jours, la vache qui rit, cela n’existe pas, sauf dans les spots publicitaires. »

Lepeltier, 2013

« Les veaux souffrent d’être séparés de leur mère et sont enfermés dans des boxes qui les empêchent d’adopter leur position naturelle de sommeil, la tête sous le flanc. Les boxes sont aussi trop étroits pour permettre au veau de se tourner ou de se lécher. Leurs aliments sont délibérément appauvris en fer, car les consommateurs apprécient la viande ’pâle’ dont la couleur est due au fait que les animaux ont été volontairement anémiés. »

Ricard, 2014

« Cette vache est enceinte pendant 9 mois, tout comme une femme. Elle est contente que son bébé puisse éventuellement venir au monde, est très excitée (…). Et l’accouchement, qui est très difficile, qui ne se termine pas comme ça, en quelques secondes. Et c’est enfin fini, le bébé est là, et il lui est retiré. Et il est certain que la vache souffre, tout comme une femme souffrirait si vous lui retirez son enfant. Et tout cela est complètement réprimé, passé sous silence. »

Live and let live

« Pendant vos cours et/ou vos stages, vous a-t-on appris quel est l’âge considéré le moins ’douloureux’ pour castrer et écorner les veaux ? Nous n’avons pas vu de castration de veaux. Il a été évoqué une fois qu’on les castrait à vif avec une grosse pince : on serre le cordon testiculaire très très fort pendant une minute et cela suffit. Le taurillon est coincé dans une cage de contention, il subit ainsi cette barbarie sans pouvoir se défendre. La souffrance n’est absolument pas prise en compte, car ils estimaient que ’une minute c’est pas long !’, ’on va pas endormir une bête pour une minute !’, ’ils s’en remettent !’… Les veaux sont écornés à une semaine/quinze jours. On leur applique un fer chauffé à 400° C sur la tête à l’endroit présumé où les cornes pousseront plus tard. On brûle le cartilage et la peau avec. Certains éleveurs font ça avec de l’acide, d’autres laissent pousser les cornes et les coupent à la scie plus tard. Ils sont très rarement endormis, car ’on va pas endormir tous les veaux juste pour ça !’, ’ils sont jeunes, dans deux jours ils ne s’en souviendront plus’, ’ ça leur fait pas si mal’… Les éleveurs ont bonne conscience. Ils se disent que les animaux sont jeunes, et oublieront très vite cette souffrance. La douleur animale n’est donc jamais prise en compte. »

Une étudiante en BTS Productions Animales, dans Julien, 2011

« Un ouvrier américain raconte que, pour tuer les veaux plus vite, on en met huit ou neuf ensemble dans l’enclos d’abattage. ’Dès qu’ils entrent, tu commences à tirer ; les veaux sautent, ils se montent les uns sur les autres. Tu ne sais plus lesquels ont été touchés et lesquels non, et tu oublies ceux qui sont au fond.’ Ils sont suspendus vivants et partent sur le convoyeur en se tordant et en criant. ’Les bébés – ceux qui n’ont que deux ou trois semaines – , ça me fait mal de les tuer, alors je les laisse passer. ’ Pourtant, il ne rend pas service à ces petits veaux en les ’laissant passer’, car ça veut dire qu’ils seront tout à fait conscients quand l’ouvrier, plus loin sur la chaîne, les suspendra, les saignera, les découpera. »

Gail Eisnitz, Slaughterhouse, dans Patterson, 2002

« En Angleterre, le docteur Alan Long a qualifié ce qui se passe dans les abattoirs, où il se rend régulièrement en tant que chercheur, d’entreprise ’implacable, impitoyable et sans remords’. Certains ouvriers lui ont confié que le plus dur dans leur travail était de tuer les agneaux et les veaux, parce que ’ce ne sont que des bébés’. ’C’est un moment poignant, dit le docteur Long, quand un petit veau affolé, qu’on vient d’arracher à sa mère, se met à téter les doigts du boucher dans l’espoir d’en tirer du lait, et ne reçoit que de la méchanceté humaine.’ »

Ricard, 2014

La vie d’une vache laitière

« Ensuite, il va falloir que la vache soit traite sans relâche pour que le maximum de lait lui soit soutiré. Pour faciliter cette opération et la rentabiliser, les vaches passent de moins en moins de temps en pâturage. Leur élevage se fait de façon croissante en stabulation individuelle (les animaux sont séparés les uns des autres par des barreaux) où elles ont très peu de possibilités de se mouvoir. »

Lepeltier, 2013

« Selon moi, une vache à viande est bien plus heureuse, car elle vit toute l’année au pré ; contrairement à la vache laitière qui vit sur du béton, enfermée dans un bâtiment. »

Une étudiante en formation BTS Productions Animales, dans Julien, 2011

« Alors qu’une vache allaitante produit environ 4 litres de lait par jour (ce qui est suffisant pour son veau), les éleveurs ont réussi à obtenir des vaches laitières qu’elles en produisent en moyenne 30 litres par jour, avec des pics de 60 litres. Leurs pis débordant de lait sont donc très lourds et trop volumineux, ce qui provoque un écartement des membres postérieurs, des lésions au niveau des pieds, des boiteries et autres problèmes fonctionnels. Soumises à ce calvaire pendant quelques années, les vaches finissent rapidement par être épuisées et par voir leur production de lait diminuer. Comme seule l’hyperproductivité est intéressante pour l’industrie, les vaches laitières sont en général envoyées à l’abattoir quand elles ont entre 4 et 5 ans. Ce voyage est encore plus éprouvant que pour leurs cousines allaitantes, puisque les vaches laitières ont bien souvent du mal à se déplacer, quand elles arrivent encore à se tenir debout. Il faut donc les frapper et les traîner par des treuils pour les conduire dans les camions, les en faire sortir et les amener au poste d’abattage. Ensuite, c’est le massacre habituel. »

Lepeltier, 2013

« La principale maltraitance, subie par les ’vaches laitières’, est leur continuelle gestation. (…) Les gestations à répétition et la production d’énormes quantités de lait sont épuisantes pour l’organisme de la vache. Par conséquent, tous les éleveurs sont confrontés au problème des ’vaches couchées’ (downer cows). De nombreuses fois, nous avons été témoins du fait qu’au lieu d’être euthanasiées, ces vaches sont soit laissées dans l’étable où elles finissent par mourir, soit chargées sur un camion et emmenées à l’abattoir. »

Sophie Greger, enquêtrice au sein de Animals’ Angels, dans Julien, 2011

« Toutes les vaches sont piquées aux hormones. La seringue n’a jamais été changée pendant toute la semaine où j’ai fait la traite. Le fermier les pique directement dans le trayon (le trou du pis) pour que le lait vienne plus vite. »

Une étudiante en BTS Productions Animales, dans Julien, 2011

« En France, environ 70% de la viande de bœuf provient des vaches laitières de réforme, c’est-à-dire des vaches envoyées à l’abattoir quand elles ne sont plus considérées comme rentables dans un élevage laitier : trop ’vieilles’, difficulté à être fécondées, ou subissant des mammites à répétition. »

Julien, 2011

« Après plusieurs années de production de lait, lorsqu’elles arrivent en vaches de réforme… elles arrivaient, et elles arrivent encore dans de… très mauvais états. »

Docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l’OABA, dans Julien, 2011

« Les conditions de vie en élevage bio ou en extensif sont globalement moins mauvaise qu’en intensif. Cependant, les vaches et les veaux sont toujours séparés précocement, les poussins mâles sont broyés ou gazés pour la production d’œufs, les porcelets castrés à vif et un nombre excessif d’animaux sont élevés ensemble : en bio, le nombre de poules pondeuses peut aller par exemple jusqu’à 3’000 individus dans le même bâtiment. Quant aux abattoirs bios, ils n’existent pas. »

Les Désobéissants, 2014

 

« 36,8% de la collecte de lait se transforme en fromages, dont seulement 15% avec du lait cru. Le reste est fait d’assemblages d’ingrédients pour créer croûtes et textures ’au goût du client’ à qui on n’a jamais demandé son avis, mais chez lequel on fait naître une pulsion d’achat dudit fromage à grand renfort de spots télévisés. On fait toujours du fromage en faisant coaguler du lait : après cette opération, il reste du ’petit-lait’, le lacto-sérum, qui est ensuite ’craqué’. On a découvert que c’est une mine de molécules, monnayables au point que le jour approche où le fromage ne sera plus que le sous-produit du lactosérum. (…) 19,5% de la collecte est transformée en beurre et matières grasses, 13,8% en poudre de lait, 7,2% en yaourts, 7% en crèmes ; le ’reste’ en produits de craquage. Seulement 10,4% du lait collecté est directement destiné à devenir du lait liquide conditionné. » 

Luneau, 2015, p.50


Œufs

 

« Effectivement un œuf n'est pas un animal, en théorie il n’est pas fécondé, ce n’est qu’un ovule, comme les menstruations d’une femme... Cependant, pour alimenter les élevages, ’bio’ ou non, soit dit en passant, les poussins naissent dans des usines où ils sont alors triés quelques minutes après leur naissance, sur un tapis roulant. Les mâles, qui ne peuvent pas pondre, seront tout simplement broyés vivants, ou gazés, car non rentables. Quant aux jeunes femelles, leur calvaire durera un peu plus longtemps, tout d'abord on leur coupera le bout du bec (aussi sensible qu'une dent) afin qu'elles ne s'abîment pas entre elles. Dans des cages minuscules, les poules seront destinées à une ponte intensive, et elles ne verront la lumière du soleil que lorsqu’elles seront enfournées sans ménagement dans une petite caisse pour les mener à l’abattoir. Leur tête sera alors tranchée par une roulette mécanique... quand tout fonctionne bien… ou le cou découpé tout simplement aux ciseaux. Au pire elles seront ébouillantées vivantes, en remerciement de leurs bons et loyaux services.  Ne parlons pas des mythes des labels ’liberté’ ou ’plein air’ où elles sont 9 par mètre carré et becs coupés mises à mort à un an, les poussins mâles également broyés, etc.. »

269 Life

« Les poules élevées pour la ponte sont irréparablement touchées par les méthodes de sélection qui les ont amenées à pondre un nombre anormal et malsain d’œufs, entre 250 à 300 chaque année. »

269 Life

« Derrière chaque œuf se cache une abomination. »

Hélayel, 2015, p.146

« L’animal est réduit à l’état de machine à produire de la viande, du lait ou des œufs. »

Giesbert, 2016, p.60


 Miel

 

« Le miel est la nourriture que les abeilles fabriquent pour elles, il convient donc de les affamer ou les nourrir avec des substituts non adaptés pour récupérer leur production. On coupe les ailes de la reine pour qu’elle ne change pas de ruche. Et plutôt que de perdre de l’argent à entretenir une ruche hors saison, qui ne rapporte plus, on préfère brûler la ruche et tous ses habitants vivants, question de rentabilité. »

269 Life


 

Produits non alimentaires
 

« Il n’y a pas de moyen acceptable d’arracher la peau d’un animal, son cuir, ses poils, ses plumes pour se tenir chaud ou se faire ’beau’. Est-il réellement nécessaire en préambule de rappeler que nous sommes au XXIe siècle et qu’il existe aujourd’hui des matières naturelles ou de synthèse plus chaudes, plus performantes, plus légères, moins chères… que d’utiliser des restes de cadavres ou des procédés archaïques dont nos ancêtres se seraient bien passés à l'époque… »

269 Life

Cuir

 

« Nous avons (presque) tous pensé que le cuir n’était que les ’déchets’ d’animaux abattus uniquement pour leur viande... En dehors du caractère morbide de porter la peau d’un animal ayant souffert de sa naissance jusqu'à sa mort ; le cuir fait partie intégrante du ’chiffre d’affaires’ généré par les animaux de boucherie… »

269 Life

Fourrure

« (…) de plus en plus de personnes achètent de la fourrure, pensant que c’est de la fausse, dupées par son prix modique (souvent de chiens ou chats en provenance d’Asie, moins chère que les fausses fourrures) et surtout la plupart du temps trompées par les affirmations des vendeurs sans scrupules ou ignorants, qui rassurent les amis des animaux quant à l’origine synthétique des fourrures bon marché qu’ils refourguent sans vergogne. » 

269 Life

« En Asie, pour obtenir ces fourrures peu chères, on écorche les chiens et ratons laveurs vivants, ils resteront de longues minutes agonisants après avoir subi l’extrême douleur de sentir chaque centimètre de leur peau arrachée. Quant aux chats, ils sont ébouillantés vivants pour faciliter leur dépeçage. De toute façon, ces pauvres animaux verront cette mort bien moins douloureuse que leur vie monstrueuse entassés les uns sur les autres, dans ces cages pleines à craquer, balancés violemment à chaque transaction, violentés de façon ignoble, laissés dans un froid glacial pour développer leur toison puis sortis à la fourche ou au mieux à la perche… »

269 Life

Laine

« Pour augmenter le rendement des moutons, croisements après croisements, ces derniers souffrent non seulement de leur condition d’animaux de boucherie, mais tout comme les lapins et leur fourrure, des sévices infligés pour rentabiliser leurs poils. En effet, les moutons ont dorénavant une production telle de laine qu’ils suffoquent à la moindre chaleur, ne peuvent pas se mouvoir aisément, et comble de l’horreur, doivent se faire découper des morceaux de chair à vif pour éviter les infections dans certaines parties de leur corps surchargées de ce surplus de chair et de poils. La tonte est non seulement violente et blesse 25% des moutons, mais en outre elle est réalisée 3 fois par an, dont une en plein hiver, causant la mort d’une partie du cheptel, d’hypothermie ! »

269 Life

Angora

 

« L’angora provient de lapins attachés sur une planche pour être tondus, blessés par ces manipulations sans ménagement, (…) tenus par 10’000 dans d’étroites cages en treillis. La Chine domine le marché international par plus de 90%. Les lapins passent leur vie dans des cages dont les fils de fer provoquent des tumeurs aux pattes. (…) dans de nombreux élevages, les mâles sont tués tout de suite après la naissance. »

Végi-Info, n.71

Cachemire et mohair

 

« Les chèvres subissent le passage d’un énorme peigne en métal leur arrachant les poils… après avoir été écornées et châtrées sans anesthésie. Bien entendu, dès que ces animaux voient leur productivité baisser, direction l’abattoir (…). Des experts assurent que les fermiers tuent 50 à 80 pour cent de leurs jeunes animaux parce que leurs fourrures ne correspondent pas aux normes exigées. »

Végi-Info, n.71

Plumes et duvet

 

« En théorie interdit en Europe, l’arrachage des plumes sur les oies vivantes représente 80% de la production mondiale de plumes, leur retirant au passage des lambeaux de chair, les animaux les plus chanceux seront suturés rapidement par des ouvriers, sans anesthésie. Cette torture leur est infligée en moyenne 3 fois durant leur vie. Le temps de cicatriser leurs blessures, refaire des plumes, puis enfin partir à l’abattoir. Une autre méthode consiste à passer les oies dans une machine qui leur retire le duvet dans d’atroces souffrances à l’aide de disques rotatifs en métal (en théorie procédés réservés aux volatiles morts). Là encore interdit, mais sans aucun contrôle. »

269 Life

Soie

 

« La soie eussi bien utilisée dans le tissage (…) que dans les cosmétiques. Les futurs papillons (chrysalides qui sont des animaux sensibles, anciennes chenilles) sont ébouillantés à 80° C ou à la vapeur afin de pouvoir leur voler leur précieux fils. Il faut tuer 1’500 de ces  êtres sensibles pour fabriquer 1 mètre de soie… Sachez qu’il existe de la soie végétale, le Sabra, qui présente en outre plus de qualités que la soie issue de la souffrance (même texture, mais plus solide, plus élastique et moins froissable !). »

269 Life

Pêche

« Soudain, la scène m’apparut très différemment : le poisson tiré de son élément vital par un crochet de fer qui lui transperce la bouche, étouffant dans l’air comme nous nous noyons dans l’eau. Pour attirer le poisson vers l’hameçon, n’avais-je pas aussi transpercé un asticot pour en faire un appât vivant, sacrifiant ainsi une vie pour en détruire plus facilement une autre ? »

Ricard, 2014, p.12

Chasse
 

Réguler par la chasse : « (…) bien d’autres interventions, moins violentes, pourraient être envisagées dont la stérilisation des mâles dominants qui assurent la majeure partie de la reproduction. De plus, dans un milieu vraiment naturel, riche en biodiversité, les équilibres entre proies et prédateurs se stabilisent à des niveaux de densité optimaux sans qu’il soit nécessaire d’intervenir. La multiplication des sangliers a en fait été créée par les chasseurs eux-mêmes. Dans les années 1970 et 1980, en effet, des hybrides de cochons domestiques et de sangliers ont été lâchés un peu partout en France. Le ’véritable’ sanglier laisse désormais la place à (…), animaux moins farouches que les sangliers, plus gros, plus voraces et plus prolifiques. (…) Si la prédation naturelle limite les populations en éliminant les individus les plus faibles, c’est loin d’être le choix privilégié des chasseurs qui préfèrent tuer « la plus belle bête ». Au vu de la complexité des équilibres biologiques, il est quelque peu prétentieux de vouloir se substituer à la nature. »

Giraud, 2014, p.337

 « La population de cerfs est élevée parce que les hommes aiment tuer des cervidés. Les gestionnaires de la vie sauvage manipulent la flore, exterminent les prédateurs naturels, régulent les permis de chasse, et parfois même élèvent des cerfs et les relâchent dans la nature. »

Luke, B., The Feminist Care Tradition in Animal Ethics

« Autrement dit, on ne chasse pas parce qu’il faut bien réguler des populations d’animaux trop nombreuses, on élève artificiellement le niveau de ces populations pour avoir une raison de les chasser. »

Ricard, 2014, p.338

« De plus, les chasseurs, loin de se contenter de tirer sur les animaux sauvages ou de piéger ceux qui sont déclarés ’nuisibles’, renforcent certaines populations sauvages en introduisant des animaux d’élevage (lapins, faisans) pour le plaisir de les tuer. »

Ricard, 2014, p.338-339

« (…) ce sont les chasseurs eux-mêmes qui listent les animaux qu’ils vont s’autoriser à tuer en dehors des règles classiques de la chasse. Officiellement, ce choix est dicté par le souci de protéger la faune et la flore et de prévenir des dommages causés aux récoltes agricoles. Le problème, c’est que cette liste ne repose sur aucune réalité biologique ni sur aucune étude scientifique sérieuse. Pire, certaines des espèces répertoriées sont protégées dans d’autres pays d’Europe. (…)  bien souvent, l’unique tort de ces nuisibles (…) français est de faire concurrence aux chasseurs. »

Caron, 2013, p.82

« On ne chasse pas parce qu’il faut bien réguler des populations d’animaux trop élevées ; on élève artificiellement le niveau de ces populations pour avoir une raison de les chasser. Le but n’est donc pas de réguler, mais bien de chasser. Toujours en matière de chasse, on trouve par ailleurs deux arguments qui partagent la même tromperie : l’alibi sportif (jeu, lutte, effort, règles, discipline) et l’alibi naturaliste (relation avec la nature, bonheur d’une marche en forêt, passion des animaux). »

Vilmer, 2008, p.129

« (…) beaucoup d’animaux chassés ne sont pas vraiment sauvages. En Angleterre par exemple, les faisans naissent dans des incubateurs (…). Enfin, on les lâche pour le plus grand plaisir de chasseurs. (…) En second lieu, ’même les meilleurs fusils peuvent manquer leur cible et blesser (…) au lieu de (…) tuer. Les mauvais tireurs le font régulièrement’. Ces animaux ’mourront de leurs blessures des heures ou même des jours après avoir été atteints’. » 

River Cottage Meat Book, p.153, cité dans Singer & Mason, 2015, p.492

Élevages pour la chasse : « Selon des études réalisées entre 1998 et 2001 par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) rapportées par Le Chasseur français, sur les 30 millions d’animaux tués par les chasseurs chaque année, 20 millions proviennent des élevages destinés à la chasse. »

Ricard, 2014, p.339

Régions sans chasse : « En 1974, l’interdiction de la chasse dans le canton de Genève fut approuvée (…). Malgré les cris d’alarme des chasseurs, tout s’est bien passé : aujourd’hui, la faune du canton a retrouvé sa richesse et sa diversité, et elle est fort appréciée des promeneurs. »

Ricard, 2014, p.339

Cruauté du chasseur : « On ne chasse plus ici ni pour se défendre ni pour se nourrir. On chasse pour s’amuser. »

Nakos, J., Théodore Monod et les protestants français défenseurs des animaux,

les Cahiers Antispécistes, n30-31, décembre 2008

« Quelle forme d’amusement ignoble ! D’abord on va à l’église et on chante des hymnes à Jésus, puis on chasse des renards affamés. »

Patterson, 2008, p.246

« Tant que les membres des autres Nations continueront à aller à l’église le matin et à la chasse l’après-midi, ils resteront des animaux sauvages en liberté et donneront naissance à des Hitler et autres monstres. »

Isaac Bashevis Singer

« À force de voir tous les jours du gibier se faire trouer la peau, on trouve peut-être moins inconcevable qu’un être humain subisse le même sort. »

Grace Knole, 1992

« Malheureusement, les chasseurs n’arrivent pas toujours à tuer leur proie instantanément. En effet, un grand nombre d’animaux sont blessés et s’enfuient sans pouvoir être ensuite retrouvés. Ils ont alors de grandes chances de mourir de faim ou de froid, ou encore d’être facilement rattrapés par des prédateurs. Beaucoup d’autres doivent être atteints au moins d’une deuxième balle ou d’une deuxième flèche avant de mourir. L’agonie des animaux blessés par les chasseurs dure souvent plus de 15 minutes. Il arrive également que des animaux soient élevés dans le seul objectif d’être chassés et tués. C’est le cas d’une certaine race de faisans qui, parce qu’ils ont été élevés en cage, ne peuvent pas survivre à l’état sauvage, même lorsqu’ils échappent aux chasseurs après avoir été relâchés (Francione 2000, 19). D’autres animaux ont été achetés au zoo ou au cirque afin d’offrir aux amateurs de chasse des proies exotiques. Ils sont souvent lâchés sur un terrain clôturé où sont tenues des chasses ’bidon’ (canned hunt), lors desquelles des animaux locaux ou spécialement élevés pour cette activité peuvent aussi être chassés. Le fait que l’espace soit clôturé, que les animaux soient souvent habitués aux êtres humains et qu’ils ne fuient pas facilite grandement la chasse et offre aux chasseurs vieillissants ou inexpérimentés une quasi garantie de tuer un animal, et même parfois un animal de leur choix, lorsque les proies peuvent être commandées à l’avance et sur mesure. Un autre type de chasse s’apparentant à la chasse bidon est le tir aux pigeons vivants, événement lors duquel des milliers de pigeons captifs sont relâchés à quelques mètres des tireurs prêts à les abattre aussitôt. À l’occasion de cette activité, souvent organisée dans le cadre de campagnes de financement pour les écoles ou autres causes municipales, certains oiseaux ne sont que blessés par les projectiles des tireurs novices ou éméchés et tombent au sol où d’autres les ramassent parfois pour les achever en leur écrasant la tête contre un mur ou contre le sol. »

Giroux, 2011, p.147

« On trouve, dans un livre de chasse, un conseil destiné à ses lecteurs, leur disant de manger les animaux qu’ils tuent car ’le public non chasseur n’accepte pas que l’on chasse le cerf dans le but de se distraire ou pour collecter quelques bois ; cependant, il accepte la chasse lorsqu’elle a pour but de mettre de la viande sur la table’. (Wegner, Deer and deer hunting : Book 3, 1990, p.165) On voit bien ici l’ordre des choses. Le chasseur ne chasse pas pour manger de la viande, mais il mange de la viande pour justifier a postiori le fait qu’il chasse. Et il chasse essentiellement dans le but de se distraire. »

Vilmer, 2008, p.127

Spectacles
 

Cirques
 

« Enchaînés 95% de leur vie. La domination, l’asservissement et la douleur font partie intégrante du dressage. »

Terriens

« Il y a d’abord le problème du transport : les cirques sont sur les routes neuf ou dix mois sur douze et ils font parfois plus de 1’000 km par trajet. Or les conditions de transport sont mauvaises : les camions sont sombres et non ventilés. Les éléphants ne peuvent pas se coucher, les girafes voyagent le cou plié. Il y a ensuite la question du dressage, c’est-à-dire dans la plupart des cas de la contrainte et de la violence. Les animaux sont forcés d’exécuter des numéros qui peuvent être douloureux. »

Vilmer, 2008, p.205

« (…) phase de dressage qui est la plus susceptible de dissimuler des abus – et, d’autre part, la séparation du bébé, isolé de sa mère à la naissance. Un autre problème concerne l’inaptitude des conditions de vie. (…) compte tenu des contraintes de la vie nomade et du manque de moyens (…). »

Vilmer, 2008, p.206

                         

« Lorsque je regarde des animaux tenus captifs dans les cirques, cela me fait penser à l’esclavage. Les animaux dans les cirques représentent la domination et l’oppression que nous avons combattues pendant si longtemps. Ils portent les mêmes chaînes et les mêmes fers. »

Dick Gregory, activiste auprès de Luther King, cité dans Ricard, 2014, p.318

« Ces exploits ne sont pourtant que l’aboutissement d’une longue accumulation de brutalité infligées aux animaux dressés. »

Ricard, 2014, p. 314

Corrida

 

« Peut-on dire à quelqu’un que l’on torture pendant une heure : ’Réjouis-toi, nous aurions pu te torturer pendant 6 mois d’affilée’ ? On pourrait s’excuser de violer régulièrement un enfant en affirmant : ’Mais il souffre moins que s’il était dans un camp de concentration’. Prétendre qu’un mauvais traitement vaut mieux qu’un autre qui serait pire encore ne confère aucune légitimité au premier. La question n’est donc pas de savoir s’il y a pire que la corrida, mais si la corrida elle-même est admissible. »

Ricard, 2014, p. 314

Zoos
 

Détresse psychologique
 

« S’il n’y a au bout d’un moment plus de signe d’une possible sortie, si les tentatives pour sortir de l’enfermement sont vaines (…) l’animal est enfermé dans un éternel présent, et (…) c’est ce qui rend sa condition particulièrement douloureuse. Elle est, à strictement parler, sans espoir, sans consolation. Précisément parce qu’il n’a pas la possibilité de penser sa situation, d’appeler à l’aide, en tout cas les moyens qui sont les siens ne sont généralement pas entendus (…) et ne peuvent même pas rattacher leur souffrance à une communauté spirituelle qui pourrait donner un sens à cette souffrance. (…) L’animal n’est pas comme la plante (…), il doit sans cesse conquérir quelque chose, dépenser de l’énergie pour atteindre un but (…) il a donc un rapport à l’espace, un rapport au temps (….) le sentiment de soi. »

Auteur inconnu

Stéréotypies des animaux : « Ça se fait dans les prisons aussi (…) il y a des gens qui ont toujours les mêmes mouvements (…). » « Les animaux vont être pris de comportements complètement stéréotypés. »

Knudsen, 2007

« Le manque de stimulation cause l’ennui de l’animal qui, dans la nature, est sans cesse stimulé par ses déplacements, l’environnement qui change et auquel il doit s’adapter, les rencontres qu’il fait, les autres animaux qu’il chasse et ceux qu’il fuit, et où il doit faire face à de nombreuses inconnues, à commencer par la nourriture (…). La captivité lui ôte toutes ces stimulations : son environnement, en plus d’être très limité, est désormais totalement contrôlé. Son ennui s’exprime alors à travers des comportements répétés, apathiques, agressifs ou stéréotypés (…). L’hyperphagie, la coprophagie, l’automutilation, l’hypersexualité et le cannibalisme sont également répandus. Ces troubles du comportement peuvent, dans le cas des vieux animaux, occuper 75% de leur temps actif. (…) Le zoo est un véritable hôpital psychiatrique. (…) La seule étude scientifique que le zoo pourrait offrir aujourd’hui sans problème est celle des troubles du comportement animal. »

Chapouthier, 1990, cité dans Vilmer, 2008, p.201

« (…) ce qu’on montre n’est pas l’animal sauvage, mais un animal totalement aliéné dont le visiteur ne peut rien apprendre qui ne soit biaisé. Dans les cirques, c’est pire. En plus de ne pas être de la pédagogie, c’est de la démagogie, flattant la domination humaine : les tours d’adresse et les numéros des animaux sauvages n’apprennent strictement rien sur les animaux eux-mêmes, puisqu’ils ne sont pas observés dans leur environnement naturel et que leur comportement est entièrement imposé. (…) Ce n’est ni instruire ni éduquer. C’est désinformer et flatter la domination humaine. »

Vilmer, 2008, p.202

« L’humiliation des bêtes n’est pas plus tolérable que celle des gens. (…) Ils sont désespérés, mais surtout dépossédés. (…) Il n’y a d’autre issue pour lui que la folie, souvent miséricordieuse. (…) Les captifs des zoos, à quelques exceptions près, sont des malades mentaux, obsédés par leur condamnation, frustrés, anxieux, agressifs. »

Diolé, P. Le Figaro, 1974, cité dans Ricard, 2014, p. 320

Les zoos font des progrès, mais « le principe demeure : offrir une chaîne plus longue aux esclaves, ce n’est pas leur rendre la liberté. »

Farrachi, 2014

« [L]e traumatisme de la captivité est surtout d’ordre psychique et résulte du passage brutal d’un mode de vie à un autre entièrement différent. Dans son habitat naturel, l’animal est étroitement intégré dans un système spatio-temporel qui comprend son ’territoire’ individuel ou collectif, son horaire de vie, etc., et dans un système social où ses relations avec ses congénères sont minutieusement réglées jusque dans les plus petits détails. L’animal ainsi arraché à ses systèmes [...] se trouve complètement désorienté. »

Ellenberger 1998, 555-6, cité dans Giroux, 2011, p.202

« Un animal placé dans un milieu artificiel, dont le zoo est l’exemple même, est soumis à un
déséquilibre : il présentera nécessairement des comportements anormaux, voire pathologiques, dus à la privation des différents facteurs composant le milieu naturel, et aux contraintes imposées par la détention. Toutes les expressions comportementales sont atteintes : relations sociales avec les congénères, comportements alimentaires, rites sexuels et reproduction, comportements interspécifiques, etc. Ces altérations atteignent de la même façon les animaux nés en captivité et ceux qui sont détenus après avoir été capturés et déportés. Dans ces deux cas, les comportements innés, identiques puisque liés à l’espèce, ne peuvent pas s’exprimer : il en résulte un état de stress chronique, à l’origine d’une pathologie littéralement carcérale et de comportements anormaux de substitution; les animaux provenant d’une capture souffrent en outre des séquelles physiologiques et psychiques de la capture elle-même et du transport. (Nouët 1998, 545-6) »

Giroux, 2011, p.202

« Qu’ils aient été capturés dans la nature ou qu’ils soient nés en milieu humain, nombre des animaux qui se trouvent au zoo s’ennuient au plus haut point et développent des troubles psychologiques qui les amènent à adopter des comportements stéréotypés, comme des hochements de tête, des balancements du corps, des allers-retours incessants, des gestes frénétiques de secouement de barreaux, des quêtes de nourriture, etc. (Ellenberger 1998, 561). À cela s’ajoutent l’hyperphagie, l’homosexualité, le cannibalisme, la coprophagie et l’automutilation (Nouët 1998, 547 ; Jeangène Vilmer, 2008, p.201). Du fait qu’il présente des animaux ainsi dénaturés et psychologiquement perturbés (au point où ceux-ci doivent souvent être médicamentés), le zoo ne peut raisonnablement se voir attribuer un rôle éducatif (Chapouthier 1990, 39). Quant à son rôle récréatif, il semble qu’il soit à peu près comparable à celui des hôpitaux psychiatriques d’une époque pas si lointaine où les visiteurs se massaient dans les asiles pour observer, avec une curiosité troublante et parfois même avec hostilité et cruauté, les ’fous’, encouragés à parler ou à s’agiter par les spectateurs. »

Giroux, 2011, p.203

« (…) Si l’on devenait conscient de ce que signifie l’enfermement pour l’animal, si l’on devenait conscient de la singularité de la vie animale et qu’on reconnaissait finalement à l’animal sa beauté dans une vie qui est la sienne, qui donc pourrait encore souhaiter voir des animaux en cage ? Donc je crois qu’en plus du critère de la sensibilité comme fondement du devoir moral, pour ce qui concerne des situations d’enfermement comme celle du zoo (…), si l’on reconnaissait à l’animal une vie propre (…) on ne pourrait plus avoir le désir pervers de voir des animaux en cage. »

Knudsen, 2007

À propos des grands singes : « Ils sont conscients d’eux-mêmes, conscients qu’ils sont conscients et peuvent réfléchir sur leurs pensées et sur l’esprit des autres. Ils savent qu’ils sont des individus existant dans le temps, dans lequel ils peuvent mentalement voyager. Ils se souviennent du passé et anticipent un avenir meilleur ou pire pour eux. C’est pourquoi emprisonner un chimpanzé est terrible, en particulier quand il est confiné à l’isolement, car c’est ce que nous faisons de pire à ceux qui ont enfreint la loi pour les punir. Les chimpanzés ne savent pas pourquoi on les emprisonne et ils peuvent se rappeler le jour de leur incarcération et imaginer que leur tourment sera sans fin. »

Wise, 2016, dans Révolutions Animales, p.531-2

Détresse physique

 

« La durée de vie moyenne en nature est plus importante que la durée de vie moyenne dans les jardins zoologiques. »

Knudsen, 2007

« Quand les animaux ne sont plus utiles, ou en surnombre, qu’est-ce qu’on en fait ? On les tue. »

Ricard, 2014, p.325


Enfermement

 

« Dans des jardins de béton, des animaux dénaturés ne font pas honneur à l'espèce humaine. »

Jean Claude Nouët

« (…) est-ce une bonne façon d’apprendre l’empathie aux enfants que de leur donner en spectacle des animaux sauvages en captivité comme si c’était une situation normale ? Il est permis d’en douter quand on voit des fauves hagards qui, toute la journée, font des allers et retours (…), en quête perpétuelle d’une issue impossible. »

Ricard, 2014, p.324

Les premiers zoos datent des 16e-17e siècles. « Le zoo est le vestige d’une époque coloniale, où l’exploitation des hommes et celle des animaux faisaient partie du même processus conventionnel de discrimination. Aujourd’hui, la condition de l’Homme a évolué. Ce n’est pas le cas de celle de l’animal, qui dispose toujours d’une place de choix derrière des barreaux. » « Le colonialisme, et avant le colonialisme, l’esclavage, ont été des pièces maitresses de l’économie française, de même que la domination sur les animaux. »

Knudsen, 2007

Expositions coloniales jusqu’à la Seconde Guerre mondiale : « (…) Certains de ces humains, si différents des Européens, ont été exhibés, parqués, tout comme les animaux exotiques l’ont été. Donc c’est vraiment une mainmise sur ce qui nous semble plus éloigné de nous, le plus étrange, dont on n’a pas envie de préserver la sauvagerie, l’étrangeté, le mystère, mais que l’on veut véritablement avoir sous la main (…) Ce n’est pas terminé, le zoo en est un témoignage, évidemment. »

Knudsen, 2007


Protection des espèces

 

« Naouët est catégorique : ’Jamais aucun zoo ne pourra sauver de la disparition une quelconque espèce animale, modelée par des millions d’années de sélection naturelle et d’évolution.’ Les zoos sont un moyen de conservation coûteux et relativement inefficace. C’est prendre le problème par le mauvais bout. La solution est ailleurs. L’argent de ces programmes serait plus utile s’il était utilisé pour la conservation in situ, c’est-à-dire pour protéger les animaux sauvages dans leur milieu naturel, en protégeant ce milieu lui-même. (…) Il est préférable de recycler cet argent dans la création de vastes réserves vraiment protégées, de patrouilles anti-braconnages fréquentes et équipées, l’éducation des populations locales, l’information en milieu scolaire sur les espèces protégées et des solutions économiques globales pour résoudre les problèmes du trafic (…). »

Vilmer, 2008, p.204​


Capture et trafic d’animaux sauvages

 

« Les zoos se fournissent principalement dans la nature. (…) Le gâchis est grand, car, pour capturer un animal, il faut souvent en tuer plusieurs. Ainsi l’éléphanteau assiste-t-il à l’abattage de toute sa famille, et comme il peut lui-même mourir pendant la capture ou aussitôt après, l’opération peut décimer des populations pour rien. La capture, mais aussi le stockage dans des entrepôts, puis le trajet et les mises en quarantaine sont responsables de nombreuses pertes. La capture des animaux sauvages pour les zoos est, avec la chasse, l’une des causes de la disparition de nombreuses espèces – par exemple le tigre de Tasmanie, disparu en 1930 notamment en raison de la forte demande des zoos européens, friands de cet animal (…). »

Vilmer, 2008, p.202

« Il y a une mortalité, d’abord, sur place, quand on prend les animaux. (…) pour capturer les jeunes, il faut abattre les parents. Donc on a des estimations de chasseurs du 19ème siècle (…) pour un animal envoyé en Occident il y a 8 à 10 animaux tués. »

Auteur inconnu

« Plusieurs des animaux qui se retrouvent dans les zoos ont, en effet, été capturés dans leur habitat et arrachés à leur famille ou au groupe auquel ils appartenaient (il arrive que des groupes entiers soient exterminés afin de faciliter la capture d’un jeune animal), pour être confinés, seuls ou avec quelques autres individus qu’il n’a évidemment pas choisis et avec qui il peut avoir des rapports conflictuels, dans un enclos ou une cage. Une grande proportion des animaux ainsi faits prisonniers des zoos souffre non seulement au moment de la capture qui peut être très violente, mais il est fréquent que ces animaux ne puissent s’adapter convenablement à leur nouveau milieu. »

Giroux, 2011, p.202

Équitation

 

« Les animaux utilisés pour le sport sont victimes de traitements douloureux et sont souvent tués à la fin de la carrière athlétique que l’on avait choisie pour eux. Les cheveux de course, par exemple, n’ont pas la vie facile et la mort de nombreux individus peut être imputée à cette industrie. D’abord, l’obtention de chevaux performants repose sur un type d’élevage qui engendre beaucoup de surplus dont il faut disposer, ce qui est souvent fait en vendant les animaux qui n’ont pas le potentiel de devenir des champions aux industriels de la viande de cheval. Ensuite, les caractéristiques physiologiques développées chez les chevaux par leurs éleveurs nuisent considérablement à leur bien-être. De plus, ils sont souvent forcés de commencer à courir avant que le développement de leur squelette et de leur musculature ne soit complété, ce qui participe à expliquer les nombreuses et graves blessures (parfois fatales) que subissent les chevaux lors de leur entraînement ou lors des compétitions. Ces blessures et l’abattage qui s’ensuit le plus souvent – car il est très cher de soigner un cheval ou de le garder alors qu’il ne peut plus compétitionner et rapporter de l’argent (Rhoden 2006 ; Sorenson 2010, 123) – sont considérées comme des risques assumés par les gens de l’industrie. Enfin, pour optimiser la performance des animaux, il n’est pas rare que des médicaments leur soient administrés, ce qui peut avoir pour effet de masquer leur douleur ou encore de les empêcher de la ressentir, de courir en dépit de leurs blessures et d’ainsi aggraver ces dernières. Si la compétition de haut niveau exige un entraînement très poussé et sophistiqué du cheval, qui doit apprendre à répondre aux commandes nombreuses, mais subtiles de son cavalier, les simples randonnées à cheval auxquelles même les novices peuvent s’adonner demandent qu’il y ait au moins débourrage du cheval, c’est-à-dire un dressage à la selle qui permettra à tout un chacun de monter le cheval d’une manière sécuritaire. Cette première étape du dressage implique généralement de ’rompre’ ou de ’casser’ l’animal en lui apprenant à obéir par renforcement négatif. Il s’agit ainsi d’inciter le cheval à tolérer la présence d’un cavalier et à lui apprendre à passer de la marche au trot et au galop sur commande, en lui infligeant une douleur que l’on fait cesser à l’instant où le cheval adopte le comportement voulu. Le mors, par exemple, est précisément conçu pour pouvoir infliger une grande douleur au cheval, douleur qui permet à son cavalier d’arrêter son animal ou de le diriger (McGreevy et McLean 2005, 196). En fait, toutes les étapes qui permettent d’entraîner ou de dresser un cheval semblent impliquer au moins un inconfort pour l’animal. Puisque, dans la nature, le cheval est une proie, tout événement nouveau peut lui paraître dangereux et cela peut être vrai même du geste consistant simplement à le toucher (McGreevy et McLean 2007, 112). A fortiori, il peut être passablement stressant, pour un cheval qui n’y est pas habitué, de se faire prendre, panser, harnacher et, surtout, ferrer les pieds. Ensuite, si des méthodes de dressage plus douces sont disponibles, la façon dont sont traditionnellement débourrés les chevaux est violente et consiste à soumettre l’animal en le dominant : ’Les chevaux sont sellés de force et montés, la violence est utilisée dès qu’ils se débattent afin qu’ils se soumettent. Il est évident que le bien-être de ces animaux est particulièrement mauvais, car les chevaux sont restreints, souvent battus et les harnachements utilisés sont très sévères. Dans certains cas les chevaux sont privés d’eau et d’alimentation afin d’être affaiblis et ils peuvent être maintenus dans cet état de faiblesse pendant de longues périodes. Les animaux qui résistent ou qui ne comprennent pas ce qu’on leur demande malgré la peur et les punitions, et qui sont donc incapables d’obéir, seront ’éliminés’. Le ’gaspillage’ est d’environ 50%’ (Boussely 2003, 113-4). Ainsi, les chevaux qui réagissent trop agressivement ou se cabrent et refusent obstinément d’obéir sont envoyés à l’abattoir ou se voient imposer des harnachements contraignants qui nuisent gravement à leur bien-être, alors que ceux qui, dociles, acceptent de subir les manipulations de leur entraîneur sans trop de résistance se trouvent probablement ’en situation de détresse acquise’ (Boussely 2003, 114). »

Giroux, 2011, p.205

Les chevaux qui sont utilisés pour la promenade récréative par des gens qui les louent pour quelques heures sont souvent négligés et confinés pendant de trop longues périodes dans des box inadaptés à leur besoin d’exploration et souffrent du manque d’exercice et de stimulation (Boussely 2003, 121). Il arrive également que leurs blessures ne soient pas traitées, ce qui fait en sorte que les chevaux souffrent en permanence ou, lorsque les blessures sont plus graves, qu’ils soient abattus plutôt que soignés. Enfin, le manque d’expérience des cavaliers du dimanche peut également nuire au bien-être des chevaux mal contrôlés et la tentation de répondre à la demande pour maximiser les profits peut faire en sorte que les chevaux soient forcés de travailler dans des conditions météorologiques inadéquates. »

Giroux, 2011, p.211

« Enfin, toutes les formes d’utilisation du cheval pour des fins humaines soutiennent l’industrie de la viande de cheval et font en sorte que de graves douleurs sont infligées aux chevaux pendant le transport de ceux-ci vers l’abattoir (parfois situé dans un autre pays, lorsque les chevaux sont vendus vivants et qu’ils sont tués juste avant d’être consommés) de même qu’au moment de l’abattage lui-même. »

Giroux, 2011, p.211


 

Animaux de compagnie
 

« Pour ces animaux de compagnie, tout commence chez l’éleveur. (…) La plupart proviennent d’usines à chiots (…) pour les vendre aux animaleries ou autres acheteurs. Leurs installations se trouvent souvent dans des arrière-cours où les animaux sont soumis à des conditions répugnantes. 25 millions d’animaux sont abandonnés chaque année. 9’000’000 meurent dans les rues de maladie, faim, froid, blessures, ou autres dangers de la vie de la rue. Les 16’000’000 qui restent meurent dans des refuges ou dans des fourrières qui n’ont pas de places pour eux et sont obligés de les supprimer. (…) Euthanasie plus de 60’000 animaux par jour. En raison du nombre croissant d’euthanasies, certains refuges sont contraints financièrement à utiliser les chambres à gaz. (…) peuvent prendre jusqu’à 20 minutes pour mourir. (…) Agissons-nous dans leur propre intérêt, ou les exploitons-nous ? »

Terriens

« Bien que nombreux sont ceux qui aiment et se soucient de leurs animaux de compagnie, ces êtres sensibles demeurent tout de même généralement perçus comme des biens jetables. La preuve en est que la plupart de ces animaux ne vivent que quelques années auprès d’un propriétaire avant d’être donnés, abandonnés ou euthanasiés. Aux États-Unis, entre six et huit millions d’animaux sont tués dans les ’refuges’ chaque année. Et en Amérique du Nord, environ 71% des chats et 56% des chiens qui se retrouvent dans ces refuges finissent par être tués. Par ailleurs, de très nombreux chiens passent une grande partie de la journée seuls, même s’ils sont adaptés à la vie en meute et à un quotidien où la dépense énergétique est centrale. Plusieurs d’entre eux sont mutilés pour accommoder le style de vie de leur propriétaire et subissent, entre autres, l’onyxectomie, le taillage des oreilles et de la queue ou l’ablation des cordes vocales (Jeangène Vilmer 2008, 230). »

Giroux, 2011, p.213

Expérimentation animale
 

Justifications

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

« Certaines personnes essayent d’étendre la logique de la légitime défense à l’expérimentation médicale sur les animaux, sous prétexte que celle-ci pourrait nous permettre de trouver des remèdes à certaines maladies mortelles pour les humains, et qu’elle mettrait donc en jeu l’alternative ’tuer ou être tué’. Or, dans des circonstances où il faut choisir entre la mort d’un être humain et celle d’un animal, les êtres humains ont le droit de privilégier leur propre survie. Mais il s’agit d’une distorsion grossière de l’idée de légitime défense ou de nécessité. Examinons une situation comparable impliquant des êtres humains. (…) Nous sommes, à juste titre, choqués à l’idée que des individus humains puissent être sacrifiés dans le but d’accroître nos connaissances médicales, on pourra développer des techniques médicales destinées à aider d’autres êtres humains. (…) nous n’acceptons tout simplement pas que les droits de base d’une personne soient sacrifiés au nom de l’intérêt général. Et lorsqu’il s’agit d’êtres humains, nous refusons d’assimiler ’l’intérêt général’ à la ’légitime défense’. Si une femme prend des personnes en otage et menace de les exécuter, il peut être nécessaire de la tuer pour les sauver. En revanche, choisir au hasard une femme dans la rue et lui  inoculer le VIH pour lui appliquer un traitement expérimental est un acte d’une violence inadmissible. (…) présenter l’interdiction de l’expérimentation animale comme un sacrifice, c’est trahir une mécompréhension totale de la situation morale à laquelle nous sommes confrontés. Après tout, d’innombrables  produits frais médicaux n’ont pas pu être réalisés parce que nous refusons d’utiliser des sujets humains pour mener des expériences. Il est difficile de se faire une idée précise des progrès que la médecine aurait pu accomplir si les chercheurs avaient été autorisés à utiliser des sujets humains en lieu et place des animaux. Pourtant, dans ce cas, il ne nous viendrait pas à l’esprit de parler de sacrifice. Nous ne nous réveillons pas tous les matins en déplorant que cet immense réservoir de connaissance n’ait jamais été exploité. Nous ne ressentons pas d’amertume en pensant que l’interdiction de mener des expériences sur des sujets humains a ralenti le progrès de la médecine. Et nous ne sommes pas non plus choqués que le respect inconditionnel des droits de quelques individus puisse entraver le développement de techniques médicales qui pourraient assurer au plus grand nombre une meilleure santé et une vie plus longue. (…) nous ne pensons pas que l’interdiction de mener des expériences médicales sur des êtres humains constitue un sacrifice. Nous sommes au contraire persuadés qu’il ne vaudrait pas la peine de vivre dans un monde où l’accroissement de la durée de vie du plus grand nombre se ferait au prix du sacrifice de quelques-uns. (…) En adoptant dès maintenant de nouvelles pratiques et en formant une nouvelle génération de chercheurs, et suffirait de quelques décennies pour que l’expérimentation animale soit perçue avec la même réprobation que l’expérimentation humaine de nos jours. Son interdiction ne serait alors plus considérée comme un coût, pas plus que l’interdiction de l’expérimentation humaine n’est considérée comme un coût aujourd’hui. (…) Les gens se demanderaient au contraire comment il a été possible de justifier ces pratiques pendant si longtemps. »

Kymlicka & Donaldson, 2016, p.67-70

« Au nom de quel principe, sur la base de quelle différence acceptons-nous de leur faire subir ce qui nous semblerait inacceptable et ’inhumain’ pour les animaux humains que nous sommes ? »

Vilmer, 2008, p.14

« Il est vrai que nous pourrions utiliser des humains marginaux à la place ou à côté des animaux pour l’expérimentation : mais qu’est-ce que cela nous apporterait ? Si leur souffrance est comparable, une remplacerait une quantité de souffrance par une autre exactement identique donc, du point de vue de la somme totale des souffrances dans le monde, nous n’aurions rien changé. »

Vilmer, 2008, p.70


Cruauté

 

« N’importe quelle pratique justifiant que l’on aveugle, empoisonne ou ébouillante de manière délibérée des créatures vivantes ou qu’on leur provoque sciemment des maladies douloureuses déclenchera inévitablement une vive répulsion chez les personnes faisant preuve de compassion et d’attention envers le monde du vivant. Mais les arguments contre l’expérimentation sur les animaux ne concernent pas que la cruauté. »

Auteur inconnu


Fiabilité

 

« De solides objections scientifiques doivent aussi être formulées à son encontre. Cet aspect est particulièrement important, car ceux qui défendent ces pratiques tentent toujours de justifier ce qu’ils font en prétextant qu’il s’agit d’un choix entre épargner des animaux dans les laboratoires ou sauver des enfants de maladies et de la mort. Le problème est que (…) l’argumentaire scientifique peut paraître intimidant et complexe, nécessitant des connaissances spécifiques et une formation scientifique. En fait, il n’y a réellement rien à craindre. (…) Il y a deux principes fondamentaux que tout le monde peut utiliser lors d’un débat ou d’un discours en public. Le premier principe est que les animaux sont biologiquement très différents des humains. Le second principe est que les animaux de laboratoire sont en bonne santé au début des expériences et qu’ils doivent être rendus malades de façon artificielle. Ce qui n’est pas le cas pour les humains, dont l’état de santé est généralement lié à de nombreuses années d’une mauvaise hygiène de vie et à une dégénérescence. »

International Campaigns

« Toute maladie délibérément provoquée est différente de toute maladie déclarée spontanément. (…) ce qui représente, en fait, une insulte à la vraie science ainsi qu’à l’intelligence humaine. »

Terriens

 

« Plus personne ne conteste le fait que l’animal est un mauvais modèle d’étude pour l’homme. (Notamment pour 4 raisons : les effets des médicaments ne sont pas les mêmes sur l’animal que sur l’Homme, les raisons liées à l’espèce (par exemple le HIV ne les rend pas malades), à une maladie induite artificiellement et non pas développée avec les causes qui lui sont propres, à des conditions de stress extrêmes loin d’un environnement naturel). »

Hélayel, 2015, p.192

Végétalisme
 

Le végane – ses principes

 

« Le végane, en revanche, s’implique : il affiche une position politique et morale claire. Il refuse de cautionner le système actuel et démontre qu’on peut vivre et s’épanouir sans que des êtres sentients en payent quotidiennement le prix. »

Gibert, 2015, p.47

« Chaque fois que vous prenez une décision concernant votre alimentation, vous pratiquez l’élevage par procuration. »

Safran, 2010, p.234

« J’adore les sushis, j’adore le poulet grillé, j’adore un bon steak. Mais cet amour a des limites. »

Safran, 2010, p.263

« On a le choix entre la cruauté et la destruction écologique, et cesser de manger des animaux. »

Safran, 2010, p.302

« Jusqu’à quel point une pratique culinaire doit-elle être destructrice avant que nous décidions de manger autre chose ? Si le fait de savoir que l’on contribue aux souffrances de milliards d’animaux qui mènent des vies misérables et (bien souvent) meurent dans des conditions atroces ne parvient pas à nous motiver, qu’est-ce qui le fera ? »

Safran, 2010, p.320

« Le véganisme n’est pas un régime alimentaire. C’est un mouvement social qui mérite d’être mieux connu. C’est un mouvement de résistance à l’oppression dont sont victimes les animaux que nous exploitons pour leur viande, leur lait ou leur fourrure. »

Gibert, 2015, p.10

« (…) le monde est assez dur, pour nous, mais surtout pour les animaux, est-ce qu’on doit rendre les choses encore pires en les mangeant ? »

Gary Yourovsky

Fondatrice de Néoplanète : « On est ce que l’on mange »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.31

« Intérêt à continuer à vivre leur vie la plus longue et la plus heureuse possible et qu’il est absolument inacceptable de les sacrifier pour le plaisir gustatif de certains. »

Sarukhanyan & Sigler, 2015, p.16