2050 : que s’est-il passé en 30 ans pour les animaux ?

Mis à jour : 3 sept 2019

La réponse de Luc Fournier.


Nous avons posé la question à différents acteurs de la cause animale, qui se sont prêtés à cet exercice d’anticipation avec habileté et créativité. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le récit de Luc Fournier, président de la LSCV (Ligue suisse contre l’expérimentation animale).

Ce jour restera marqué dans les mémoires. Le 11 juin 2050, le dernier centre détenant des animaux pour la recherche médicale en Suisse a fermé ses portes dans le canton de Zürich. Le retrait il y a déjà douze ans des subvention publiques aura eu raison de la volonté de quelques chercheurs à vouloir le maintenir en activité coûte que coûte.

Dans la continuité des progrès fulgurants de la médecine, la population s’est découvert une vocation éthique. Comment a-t-on pu torturer des êtres sensibles durant des décennies sans en avoir honte ?

Paradoxalement, c’est le décès d’un éminent Professeur en 2022 qui a accéléré la transition de la pratique de l’expérimentation animale à des modèles d’études plus prédictifs. Alors que ce professeur avait travaillé toute sa carrière sur des rongeurs pour tenter de trouver une thérapie au cancer du pancréas, il a lui-même été terrassé par cette maladie en un temps record. Quelques jours avant sa mort, il avait renoncé à tous ses titres académiques qui avaient fait sa fierté, et s’était lancé dans un plaidoyer pour une meilleure recherche, plus efficace et prédictive pour la santé publique. Abandonnez vos études inutiles sur les souris, avait-il lancé à la communauté scientifique, admettant ainsi l’échec de ses propres recherches. L’annonce a fait son effet. Dans les mois qui ont suivi, des millions ont été consacré aux méthodes de remplacement. Les animaleries ont fermé les une après les autres. Cinq ans après sa mort, le cancer du pancréas pouvait être soigné.

L’éminent Professeur avait renoncé à tous ses titres académiques qui avaient fait sa fierté, et s’était lancé dans un plaidoyer pour une meilleure recherche, plus efficace et prédictive pour la santé publique.

Comble de l’ironie, on se demande aujourd’hui comment on a pu mourir autrefois de cette maladie. Dans la continuité des progrès fulgurants de la médecine, la population s’est découvert une vocation éthique. Une empathie insoupçonnée envers les souffrances inouïes infligées autrefois aux millions d’animaux expérimentés chaque année. Comment a-t-on pu torturer des êtres sensibles durant des décennies sans en avoir honte ? La sécurité achète sa bonne conscience. La maîtrise des modélisations cellulaires et la production en série d’organes a permis l’essor d’une multitude de thérapies individualisées. On ne meurt quasiment plus de maladie, c’est le corps qui s’éteint, ce qui entraîne la gestion de nouvelles problématiques. Comment s’occuper de toutes ces personnes âgées qui représenteront bientôt 63% de la population mondiale ?

- dossier préparé par CL -

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