Those who love peace, une volonté de rassembler les militants

Mis à jour : 3 sept. 2019

« Ceux qui aiment la paix » verront bientôt la naissance d’une nouvelle plateforme consacrée au militantisme antispéciste. Nous avons rencontré Sophie Benker, l’une des trois activistes à l’origine de ce projet.


De quel constat êtes-vous partis pour développer cette plateforme et quelle est son ambition ?

Sophie Benker : Nous avons remarqué que ceux qui veulent agir pour la cause animale ne savent pas toujours vers quelle(s) association(s) se tourner et ont parfois du mal à trouver des événements qui leur correspondent. Cela est principalement dû au fait que les événements sont éparpillés sur les réseaux sociaux sans réel lien. Nous avons donc imaginé une application qui centraliserait toutes les informations importantes, afin que tous les activistes et futurs activistes puissent s’y retrouver, à la manière d’Airbnb pour les logements. Ce concept de plateforme a évolué et nous y avons inclus des formations d’entraînement et d’autres informations utiles pour que les militants puissent s’organiser de façon plus efficace et les futurs militants se mettre en action. Nous voulons aider à développer le militantisme en encourageant les interactions entre les personnes intéressées et les structures déjà existantes.


« Ceux qui aiment la guerre » font preuve d’une solide organisation et d’un haut niveau de professionnalisme qui font défaut à la plupart des mouvements populaires. Comment peut-on combattre un système si l’on ne s’organise pas aussi efficacement que lui ?

Those who love peace (ceux qui aiment la paix) est tiré d’un discours* de Martin Luther King, véritable symbole de la lutte sociale. Quel message voulez-vous transmettre à travers ce nom ?

« Ceux qui aiment la guerre » font preuve d’une solide organisation et d’un haut niveau de professionnalisme qui font défaut à la plupart des mouvements populaires. Comment peut-on combattre un système si l’on ne s’organise pas aussi efficacement que lui ? C’est ce que nous souhaitons faire. Il faut agir comme la machine qu’on veut démanteler. Nous devons cibler efficacement les militants pour organiser les mouvements sociaux afin de provoquer le basculement que nous recherchons.


* Those who love peace deserve to organise as effectively as those who love war.Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre.


Peter Keighley, Sophie Benker et Silvano Lieger, les créateurs de la plateforme.


Comment voyez-vous évoluer le militantisme antispéciste ?

La popularisation de l’activisme permettra à des gens qui ne sont pas encore antispécistes d’être confrontés à un message qui n’est pas aussi radical qu’ils ne l’imaginent. Nous voulons montrer au monde qu’il est immoral de rester inactif alors que des milliards d’individus sont massacrés, convaincus que cette évolution des consciences provoquera une augmentation massive du nombre d’activistes, qui agiront sans relâche jusqu’à ce que toutes les cages soient vides.


Nous croyons fondamentalement en la non-violence et nous efforçons de trouver des solutions pour un changement systémique tout en nous assurant que chaque pas que nous entreprenons est un pas vers la libération animale.

La plateforme se veut fédératrice et rassembleuse de tous les activistes. Quel accueil attendez-vous de la part des militants ?

Je pense qu’il sera positif car cette plateforme offrira à la communauté quelque chose dont chacun pourra bénéficier, même si nous sommes conscients que tout le monde ne voudra pas forcément s’associer à tous les groupes, raison pour laquelle nous avons établi une charte pour tous les adhérents. Nous croyons fondamentalement en la non-violence et nous efforçons de trouver des solutions pour un changement systémique tout en nous assurant que chaque pas que nous entreprenons est un pas vers la libération animale.


Quelles sont vos perspectives de développement pour le futur ?

Nous commençons par la Suisse avant de nous étendre à d’autres pays jusqu’à former une unité globale. Nous travaillons à la création d’un conseil d’associations militantes (« BAOS » : board of activist organisations), afin de nous assurer que ce qui se passe dans le monde virtuel se reflète dans la réalité. Lorsque nous nous étendrons vers de nouvelles régions, nous recréerons de la même façon des coalitions virtuelles et réelles.


Nous sommes à la recherche d’un « espace de paix » (« peace room ») à Zurich et souhaitons en avoir à différents endroits. Ces salles serviront de centres de rassemblement pour les associations afin que chacune puisse y organiser ateliers, formations et programmes d’entraide, et ainsi donner aux activistes un lieu pour se rassembler, créer des liens et agrandir la communauté. Le futur nous réserve à tous beaucoup de travail pour mieux nous unir, nous organiser et créer un changement positif. Tous ensemble, those who love peace, agissons dès maintenant !

- propos recueillis par SL -

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